Les prix à la consommation aux États-Unis ont augmenté de 0,1 % en juillet, maintenant le taux annuel à 3,4 % et l’inflation de base à 2,5 %, son rythme le plus lent depuis mars 2021. La publication, conforme au consensus, a réduit les attentes d’une hausse de taux de la Réserve fédérale à sa rencontre de septembre et a fait reculer le rendement des obligations canadiennes à 10 ans de 2,3 points de base à 3,685 %, en retrait par rapport au niveau de 3,755 % de mardi, qui égalait son point le plus élevé depuis mai 2024.
Ce seul point de données compte pour les portefeuilles canadiens pour une raison précise. Il élimine une source de pression à la hausse sur les rendements nord-américains, juste au moment où l’économie canadienne produit des chiffres que la Banque du Canada n’avait pas prévus, dans la direction opposée à ce que suggérerait une inflation américaine plus faible pour la propre décision de septembre de la BdC.
Ce que les propres chiffres de la BdC disent qu’elle attendait
La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % en juillet pour une sixième rencontre consécutive, et la déclaration accompagnant ce maintien évoquait une économie encore en train de s’ajuster à des chocs récents, avec une reprise incertaine. Depuis, le PIB du deuxième trimestre s’est établi à un rythme annualisé de 3,4 %, bien au-delà de la propre projection de 2,5 % de la Banque, et l’emploi a ajouté 75 100 postes en juillet contre une prévision de 15 000, faisant reculer le taux de chômage à un creux de deux ans de 6,4 %.
Ce ne sont pas des chiffres timides. Ce sont le genre de données qui, isolément, plaideraient normalement pour moins de patience de la part d’une banque centrale que celle dont a fait preuve la BdC, pas pour davantage.
Les chiffres du Canada concernent l’inflation de juin 2026 et la décision de la BdC de juillet 2026. Les chiffres américains concernent juillet 2026. Rendement des obligations du GdC à 10 ans à la clôture du 12 août 2026. Source : Banque du Canada, Statistique Canada, US Bureau of Labor Statistics.
Pourquoi l’IPC global et l’IPC de base racontent des histoires différentes au Canada
L’IPC global du Canada a en fait reculé à 2,8 % en juin après un sommet de plus de deux ans de 3,2 % en mai, mais les propres mesures de base privilégiées par la Banque du Canada, la moyenne tronquée et la médiane, ont affiché en moyenne 1,9 %, leur plus bas niveau en plus de cinq ans. L’écart entre les deux existe parce que l’essence, et non la demande sous-jacente, a poussé le chiffre global depuis le début de la perturbation dans le détroit d’Hormuz à la fin de février.
Cet écart est sur le point de se refermer dans la mauvaise direction. Statistique Canada publie l’IPC de juillet le 17 août, et TD Economics a signalé que le répit sur l’essence qui a fait baisser le chiffre global de juin risque de s’inverser, étant donné la remontée renouvelée des prix du pétrole liée aux pourparlers au point mort sur Hormuz. Une publication globale plus chaude accompagnée d’une inflation de base obstinément faible laisserait à la Banque du Canada la même lecture sous-jacente qu’elle a maintenue toute l’année : la pression sur les prix de base est réellement contenue, même quand le chiffre global dit le contraire.
Le calcul de septembre auquel font face les deux banques centrales
Le mécanisme reliant les données américaines de mercredi à la propre décision du 17 septembre de la Banque du Canada passe par le marché obligataire plutôt que par une coordination directe des politiques. Une inflation américaine conforme aux attentes réduit les probabilités de resserrement de la Fed, ce qui retire la pression sur la BdC de défendre les écarts de taux en maintenant fermement le cap ou en haussant aux côtés de son homologue américaine. Cela donne à la Banque la marge de manœuvre nécessaire pour soupeser ses propres données intérieures, une croissance forte et un emploi vigoureux contre une inflation de base contenue, selon ses propres termes plutôt qu’en réaction à ce que fera la Fed ensuite.
Le rendement à 10 ans du Canada a tout de même augmenté d’environ 17 points de base au cours du dernier mois, la plus forte hausse parmi les titres souverains du G7, reflétant une prime de risque liée à la situation à Hormuz qu’une seule publication d’inflation américaine ne défait pas entièrement. La décision de septembre de la BdC dépendra de si elle interprète sa propre croissance forte et ses données d’emploi comme durables, ou comme encore en train de s’ajuster au même choc énergétique qui déforme l’inflation globale des deux côtés de la frontière.