Le parlement iranien étudie un projet d’entente avec Oman qui régirait le transport maritime dans le détroit d’Ormuz. Les modalités rapportées cette semaine interdiraient les navires liés aux États-Unis et à Israël, imposeraient des frais pouvant atteindre 7 % de la valeur de la cargaison sur les autres navires, et infligeraient aux contrevenants une amende de 20 % de la cargaison. Le jour même où les modalités sont devenues publiques, les médias d’État iraniens ont rapporté que les forces navales iraniennes avaient frappé des cibles hostiles non précisées près de l’entrée du détroit.

Le mécanisme : pourquoi une entente signalée n’atteint pas encore un portefeuille canadien

La chaîne reliant ce développement à un portefeuille canadien passe par trois points d’approbation distincts, et chacun est un endroit où l’entente peut caler. Premièrement, le parlement iranien doit adopter le texte, un processus toujours en cours selon l’agence de presse semi-officielle Fars. Deuxièmement, l’entente exige l’aval du chef suprême par intérim Mojtaba Khamenei, caché depuis avoir été blessé lors des frappes de février qui ont ouvert ce conflit; le président Masoud Pezeshkian a affirmé cette semaine que la communication avec lui est très difficile en ce moment. Troisièmement, et le moins discuté dans la couverture qui alimente les mouvements du prix du pétrole cette semaine, Washington doit accepter des modalités qui excluent explicitement les navires américains. Thomas Warrick, ancien responsable du département d’État américain maintenant au Atlantic Council, a affirmé que cette exclusion ne passera clairement pas bien à Washington. Un président en poste, qui a décrit à répétition les forces américaines comme ayant vaincu l’Iran, à l’approche d’élections de mi-mandat où la guerre est devenue impopulaire, a peu d’incitatif politique à accepter une entente qui se lit comme une concession.

Rien de cette complexité n’est une information nouvelle pour des marchés qui négocient un récit de réouverture depuis plus d’une semaine. Ce qui est nouveau, c’est que les modalités précises rapportées cette semaine rendent les étapes d’approbation restantes plus difficiles, et non plus faciles, que ne le laissait croire la manchette initiale.

Scénario de base et risque extrême

Le scénario de base est un équilibre géré qui se poursuit, plutôt qu’un règlement net ou un retour à un conflit ouvert : des progrès intermittents dans les négociations, des incidents périodiques comme l’explosion de pétrolier et la revendication d’attaque houthie signalées cette semaine, et un détroit d’Ormuz qui ne ferme ni complètement ni ne se normalise pleinement d’ici la fin de 2026. Ce n’est pas une prédiction que rien ne changera. C’est une évaluation selon laquelle la chaîne d’approbation à plusieurs étapes décrite plus haut rend un règlement rapide et net moins probable, tandis qu’un retour complet à la phase de fermeture aiguë de février et mars demeure lui aussi improbable en l’absence d’un nouveau déclencheur précis.

Le risque extrême qui mérite d’être signalé explicitement est un rejet par Washington des modalités entre l’Iran et Oman une fois finalisées, ce qui retirerait le principal catalyseur que les marchés intègrent aux prix depuis deux semaines et pourrait rouvrir la prime de perturbation qui s’est estompée pendant une bonne partie de juillet. C’est un scénario non négligeable compte tenu des modalités rapportées, et non le résultat attendu, et cette distinction compte pour la façon dont un portefeuille devrait être positionné contre lui.

Ce que le marché a réellement intégré aux prix

Le WTI et l’or, indexés à leurs niveaux du 7 juillet, montrent à quel point deux marchés exposés au même conflit ont évolué différemment. Les plus grands mouvements du WTI sont venus directement des manchettes sur Ormuz : une montée alimentée par l’escalade jusqu’à la fin juillet, un repli de 11 % jusqu’au 5 août à mesure que montait l’optimisme sur l’entente, et un revirement marqué le 6 août après l’incident de pétrolier signalé. L’or a moins bougé précisément sur les manchettes d’Ormuz et davantage du 4 au 5 août, quand un signal faible sur l’emploi américain a réduit les probabilités d’une hausse de taux prochaine de la Réserve fédérale, un mécanisme entièrement distinct.

WTI C. OR, INDEXÉ 110,7 / 103,3 ▲ LES DEUX AU-DESSUS DU 7 JUILL. QUOTIDIEN, INDEXÉ À 100  |  DU 7 JUILL. AU 6 AOÛT 2026
Source : Investing.com, données de règlement quotidien des contrats à terme sur le pétrole brut WTI et l’or, août 2026.  |  hdq.ca

Les deux séries sont indexées à 100 à leur clôture du 7 juillet. Le mouvement le plus marqué de l’or dans cette fenêtre est survenu du 4 au 5 août, coïncidant à la fois avec l’entente maritime signalée entre l’Iran et Oman et un signal faible sur l’emploi américain qui a réduit les probabilités de hausse de taux de la Réserve fédérale.

Cette divergence compte pour la façon dont une répartition énergétique canadienne devrait être lue à la lumière de cette histoire. L’exposition d’un client liée au WTI négocie le mécanisme d’Ormuz dans des délais proches du temps réel, avec tous les va-et-vient que cela suppose. L’exposition à l’or d’un client répond à un ensemble d’intrants différent, et traiter un rallye de l’or comme une confirmation que le risque d’Ormuz se résorbe serait une erreur, compte tenu du véritable moteur du mouvement de cette semaine.