Deux des développements les plus lourds de conséquences de l’été sont survenus à quelques heures d’intervalle lundi. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a dévoilé une vaste campagne de sanctions visant à couper les derniers liens commerciaux de l’Iran, et les droits de douane de représailles du Canada contre les États-Unis se sont rapprochés d’un pas de leur entrée en vigueur du 8 septembre. L’indice de volatilité Cboe a gagné 0,72 point pour clôturer à 15,85.

C’est toute la réaction du marché à deux chocs bien réels survenus la même semaine. Ce n’est pas du calme. Amos Tversky et Daniel Kahneman ont nommé ce mécanisme précis en 1973 : l’heuristique de disponibilité. Plus les exemples d’un événement viennent facilement à l’esprit, plus les gens en surestiment la probabilité de récurrence.

Quand les chocs continuent d’arriver sans repli boursier correspondant, chaque choc additionnel devient moins présent à l’esprit comme risque ressenti, pas davantage. Le marché ne conclut pas que les risques sont passés. Il perd la capacité de les remarquer.

Vingt et une séances de compression

Le VIX n’a pas franchi 21 depuis la dernière semaine de juillet. Il a bondi à 20,66 le 29 juillet, jour où trois présidents régionaux de la Réserve fédérale ont exprimé leur dissidence en faveur d’une hausse de taux immédiate, la première scission à trois du FOMC depuis 2016. En deux semaines, il est repassé sous 15 et s’est maintenu depuis dans une fourchette étroite.

Cette compression a tenu bon à travers l’échec des pourparlers commerciaux Canada-États-Unis du 21 août, l’imposition de droits de douane américains de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens, et l’annonce des sanctions contre l’Iran lundi. Chacun de ces événements aurait constitué à lui seul un choc de volatilité il y a un an. Ensemble, ils n’ont fait bouger l’indice que de quatre dixièmes de point.

L’indice de volatilité Cboe évolue dans une fourchette de huit points depuis le 29 juillet, et les deux chocs les plus lourds de l’été sont survenus à l’intérieur de cette fourchette sans le repousser vers son sommet.

VIX: INDICE DE VOLATILITÉ CBOE 15,85 ▲ +4,76 % QUOTIDIEN  |  27 JUIL. AU 24 AOÛT 2026
Source : données de clôture quotidienne Investing.com, 24 août 2026.  |  hdq.ca

Le VIX a clôturé à 15,85 le 24 août, à l’intérieur de la fourchette qu’il maintient depuis le 29 juillet malgré la campagne de sanctions contre l’Iran et l’échec des pourparlers commerciaux Canada-États-Unis survenus la même semaine. Source : données de clôture quotidienne Investing.com.

Le sondage mondial du 18 août de Bank of America auprès des gestionnaires de fonds confirme ce que montre le VIX. Les niveaux de liquidités des gestionnaires sondés ont chuté à 3,5 %, une lecture que le stratège de BofA Michael Hartnett a qualifiée parmi les plus basses en des années, tandis que les allocations mondiales en actions ont atteint leur plus haut niveau depuis la fin de 2021.

La divergence qui devrait inquiéter un conseiller

L’or ne se comporte pas de la même façon. Le métal s’échangeait près de 4 681 $ l’once lundi, à portée de son sommet de cycle, soutenu par les mêmes nouvelles de sanctions contre l’Iran qui ont laissé le VIX indifférent. L’or est l’actif que les acheteurs institutionnels utilisent pour se couvrir précisément contre le type d’escalade géopolitique que le VIX ignore actuellement.

Cette divergence, un indicateur de volatilité des actions près d’un creux d’un an alors que l’or est près d’un sommet record, illustre l’heuristique de disponibilité à l’œuvre sur deux populations d’investisseurs différentes à la fois. Le positionnement en actions reflète un marché qui a cessé d’intégrer les nouvelles sur l’Iran et le commerce. La demande d’or reflète des acheteurs qui, eux, ne l’ont pas cessé.

Ce qui pourrait vraiment faire bouger l’indice

Deux événements cette semaine mettront la compression à l’épreuve. Le président de la Réserve fédérale Kevin Warsh prononce vendredi son premier discours à Jackson Hole, trois semaines avant une réunion du FOMC en septembre où les marchés évaluent actuellement les chances d’une hausse à environ une sur trois. La décision de la Banque du Canada suit le 2 septembre, largement attendue au maintien du taux à 2,25 %.

Aucun des deux événements n’a besoin de surprendre les marchés pour avoir de l’importance. C’est le point de recalibrage qui compte, pas la surprise elle-même. Un seul rappel que ces risques n’ont jamais été résolus, seulement mal évalués, suffit à ramener la probabilité perçue vers ce que reflètent déjà les données fondamentales.