Les marchés obligataires tiennent pour presque acquise la décision de la Banque du Canada de mercredi prochain. Les marchés de swaps impliquent une probabilité d’environ 1 % d’une hausse et des chances négligeables d’une baisse le 2 septembre, selon le suivi de la courbe à terme par nesto.ca. La question nettement plus vivante se situe trois jours plus tôt, à Jackson Hole, où le président de la Réserve fédérale Kevin Warsh prononce son premier discours-programme à titre de président.

Pourquoi le statu quo de la BdC n’est pas l’histoire

Le dossier intérieur en faveur d’un septième maintien consécutif est simple. L’estimation préliminaire de Statistique Canada situe la croissance du deuxième trimestre à un rythme annualisé de 3,4 %, bien au-dessus de la propre prévision de 2,5 % de la Banque tirée du Rapport sur la politique monétaire de juillet. Le taux de chômage est tombé à 6,4 % en juillet, sortant de la fourchette de 6,5 à 7 % qui persistait depuis le printemps.

L’inflation demeure le facteur compliquant, élevée par la transmission des prix du pétrole liés au Moyen-Orient, mais les propres indications de juillet de la Banque pointent toujours vers un retour graduel vers 2 % d’ici 2027. TD Valeurs Mobilières prévoit que la Banque maintiendra le taux à 2,25 % pour le reste de 2026, avec deux hausses de 25 points de base en janvier et mars 2027 qui porteraient le taux à un niveau neutre de 2,75 %.

Le taux n’a pas bougé depuis le 29 octobre 2025, quand la neuvième et dernière baisse d’un cycle d’assouplissement de 275 points de base l’a mené à son niveau actuel. Six maintiens consécutifs ont suivi.

TAUX DIRECTEUR DE LA BANQUE DU CANADA 2,25 % MAINTIEN PAR DÉCISION  |  JANV. 2025 À JUILL. 2026
Source : annonces du taux directeur de la Banque du Canada, janv. 2025 à juill. 2026.  |  hdq.ca

Le taux directeur se maintient à 2,25 % depuis six décisions consécutives depuis le 29 octobre 2025, après trois baisses plus tôt cette année-là. Source : annonces de la Banque du Canada.

Le vrai test se trouve au sud de la frontière

Le discours de vendredi de Warsh est le premier discours-programme de Jackson Hole de son mandat, prononcé trois semaines avant une réunion du Federal Open Market Committee en septembre où les marchés évaluent actuellement les chances d’une hausse à environ une sur trois. La réunion du FOMC du 29 juillet a produit une rare dissidence à trois voix, les présidents régionaux Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan votant tous pour une hausse immédiate, la première scission à trois depuis 2016.

Le gouverneur Tiff Macklem a déjà signalé pourquoi cela compte au nord de la frontière. En avril, il a dit que l’incertitude était inhabituellement élevée et que la politique monétaire devrait peut-être faire preuve d’agilité. Les taux hypothécaires fixes au Canada suivent les rendements obligataires du gouvernement du Canada, qui évoluent davantage avec les rendements des bons du Trésor américain qu’avec la propre trajectoire de taux de la Banque. Un signal plus musclé de Warsh vendredi pourrait faire bouger les coûts d’emprunt canadiens avant même que la Banque du Canada ne dise un mot le 2 septembre.

Ce qui se passe après le 2 septembre

L’écart entre ce que les marchés obligataires prévoient pour septembre, essentiellement aucun mouvement, et ce que prévoit TD Valeurs Mobilières pour début 2027, deux hausses à 2,75 %, est en soi révélateur. Les marchés traitent le maintien actuel comme durable à court terme. Le scénario de TD veut que le maintien prenne fin une fois que l’offre excédentaire de l’économie canadienne sera absorbée, un processus dont elle prévoit la conclusion au premier trimestre de l’an prochain.

Aucun des deux points de vue n’exige que l’autre ait tort aujourd’hui. Ils décrivent des horizons temporels différents, et l’écart entre eux représente l’ampleur du réajustement qu’un client détenant des positions sensibles aux taux ressentirait si le second scénario se réalisait plus tôt que ce que les marchés anticipent actuellement.