Le taux de cotisation de base au Régime de pensions du Canada passe de 9,9 % à 9,5 % le 1er janvier 2027, soit dans 87 jours. La baisse est déjà loi : le projet de loi C-30 a reçu la sanction royale le 19 juin 2026. Le ministère des Finances du Canada évalue l’économie à environ 133 $ par an pour un employé gagnant 70 000 $, et l’employeur économise le même montant.

Le taux de l’employé passe de 4,95 % à 4,75 %. Un travailleur autonome paie les deux parts, de sorte que les mêmes 70 000 $ de revenus produisent une économie d’environ 266 $. Le RPC bonifié, entré en vigueur en 2019, demeure inchangé.

Comment l’économie varie selon le revenu

La réduction s’applique aux revenus compris entre l’exemption de base de l’année de 3 500 $ et le plafond des gains maximums admissibles de l’année, à raison de 0,20 point de pourcentage pour chaque part. L’économie annuelle augmente donc de 20 $ par tranche de 10 000 $ de revenus, pour atteindre 133 $ à 70 000 $, l’économie du travailleur autonome étant exactement le double à chaque niveau.

ÉCONOMIE RPC LIÉE À LA BAISSE DE 2027 133 $ ▲ par an pour un revenu de 70 000 $ ANNUEL  |  PART DE L’EMPLOYÉ
Source : calcul de HDQ d’après le projet de loi C-30 (taux de l’employé de 4,95 % à 4,75 %, appliqué aux revenus supérieurs à l’exemption de base de 3 500 $), résultat à 70 000 $ conforme à celui du ministère des Finances du Canada, juin 2026.  |  hdq.ca

Chaque barre est calculée et non publiée : 0,20 point de pourcentage des revenus supérieurs à l’exemption de 3 500 $, l’employeur économisant le même montant. Un travailleur autonome paie les deux parts, de sorte que l’économie à 70 000 $ double à 266 $.

Étalés sur un an, 133 $ représentent environ 11 $ par mois. Pour les quelque 16 millions de cotisants au RPC, Benefits and Pensions Monitor rapporte que la baisse réduit les cotisations annuelles de plus de 3 milliards de dollars. Pour un ménage donné, le montant est assez faible pour se fondre dans la paie nette, à moins d’être dirigé délibérément quelque part.

Ce que l’actuaire en chef a validé, et ce que cela coûte plus tard

L’actuaire en chef Assia Billig, du Bureau du surintendant des institutions financières, a confirmé dans le 33e rapport actuariel, publié le 8 juin, que le taux réduit « est suffisant pour financer le RPC de base à long terme ». Le rapport, établi au 31 décembre 2024, fixe le taux de cotisation minimal à 9,22 % pour 2028 à 2033 et à 9,20 % à partir de 2034, de sorte que 9,5 % le dépasse.

Le coût arrive graduellement. Les cotisations sont inférieures de 4 % chaque année à partir de 2027. L’actif total du RPC devrait être inférieur de 239 milliards de dollars en 2050, soit une réduction de 8 %, et de 8 300 milliards de dollars en 2100, soit une réduction de 30 %. Les cotisations devraient passer sous les dépenses quatre ans plus tôt que prévu auparavant, et le revenu de placement passe de 63 % à 56 % des revenus du régime d’ici 2100.

L’actuaire prévoit que le régime demeure financé tandis que la marge s’amenuise au fil des décennies, avec des cotisations inférieures de 4 % dès 2027, un actif inférieur de 8 % en 2050 et inférieur de 30 % en 2100 par rapport à la trajectoire à 9,9 %.

BAISSE PROJETÉE DU RPC VS TAUX DE 9,9 % 30 % ▼ de l’actif d’ici 2100 PROJECTION  |  2027 À 2100
Source : BSIF, Bureau de l’actuaire en chef, 33e rapport actuariel complétant le 32e rapport actuariel révisé sur le RPC, 8 juin 2026.  |  hdq.ca

Le rapport conclut que le taux de 9,5 % dépasse encore le taux de cotisation minimal de 9,22 % pour 2028 à 2033 et de 9,20 % à partir de 2034. Les cotisations devraient passer sous les dépenses quatre ans plus tôt qu’avec le taux de 9,9 %.

Le pont de planification : CELI, REER et fenêtre de cinq ans du RAP

La première question de planification est de savoir où va l’économie de 2027. Une économie annuelle de 133 $ équivaut à 1,9 % du plafond annuel de 7 000 $ du CELI pour 2026, et les droits de cotisation cumulatifs au CELI d’une personne admissible depuis 2009 qui n’a jamais cotisé s’élèvent à 109 000 $. Une cotisation préautorisée de 11 $ par mois au CELI permettrait de capter l’économie avant qu’elle ne soit absorbée par les dépenses. La date limite pour les cotisations au REER de 2026 est le 1er mars 2027.

Les segments diffèrent. Les employés voient un petit changement de paie dès la première période de paie de 2027. Les travailleurs autonomes et les propriétaires constitués en société qui se versent un salaire voient les deux parts baisser, de sorte que l’effet est deux fois plus grand à revenu égal. Les employeurs voient la réduction correspondante sur chaque salaire.

Le projet de loi C-30 prolonge aussi le délai de grâce de remboursement du régime d’accession à la propriété (RAP) de deux ans à cinq ans pour les retraits du REER effectués entre 2026 et 2028. Un premier acheteur qui retire des fonds dans cette fenêtre dispose de trois ans de plus avant le début des remboursements au REER, ce qui modifie la séquence entre les remboursements du RAP et les cotisations au CELI ou au REER.