La Banque du Canada a relevé son taux cible du financement à un jour de 25 points de base, à 2,50 %, le 28 octobre, et la décision se lit différemment selon le chiffre d’inflation de départ. Statistique Canada a annoncé le 19 octobre que l’indice des prix à la consommation avait augmenté de 3,1 % en septembre sur un an, contre 3,0 % en août. Excluant l’essence, l’inflation était de 2,2 %, après 2,4 %.

Un seul prix fait l’essentiel du travail

Les prix de l’essence étaient en hausse de 27,8 % sur un an en septembre, après une hausse de 22,8 % en août. L’énergie dans son ensemble a augmenté de 19,0 %, et le mazout et les autres combustibles de 57,8 %. Les prix des transports ont progressé de 8,4 %.

Les catégories que les ménages achètent le plus souvent évoluent bien en deçà du chiffre global. Les aliments achetés en magasin ont augmenté de 1,7 % en septembre, après 2,8 % en août, et la hausse des prix de l’épicerie a été la plus lente depuis mai 2024. Le logement a augmenté de 1,8 %, contre 1,5 %, et les loyers de 2,8 %.

Il en résulte un chiffre global qui reflète un intrant volatil plus qu’un comportement généralisé des prix. C’est le fait central pour lire la décision de la Banque du Canada.

La Banque relève ses taux dans un contexte de croissance meilleure, pas pire

L’argument en faveur d’une intervention repose sur une économie plus vigoureuse que ce que la Banque du Canada prévoyait en juillet. La croissance du PIB au deuxième trimestre a été de 3,3 %, et les indicateurs récents laissent entrevoir environ 2 % au troisième. Le taux de chômage se situe autour de 6,5 % depuis plusieurs mois, et la Banque du Canada voit encore une certaine offre excédentaire dans l’économie.

Les perspectives sont mitigées plutôt que solides. La Banque du Canada projette une croissance de 1 % en 2026 et de 2 % en 2027 et en 2028, les nouveaux droits de douane américains devant ralentir le quatrième trimestre. Elle prévoit que l’IPC atteindra environ 3,5 % d’ici la fin de l’année, s’établira en moyenne à 3 % en 2027 et reviendra à 2 % vers le milieu de 2028.

La Banque du Canada a donné directement sa raison : elle a relevé ses taux pour réduire le risque que les prix élevés de l’énergie se répercutent largement sur les autres biens et services.

L’IPC global est passé de 1,73 % en juillet 2025 à 3,09 % en septembre 2026, et il est resté à moins de 0,25 point de 3 % chaque mois depuis avril.

IPC DU CANADA, VARIATION ANNUELLE 3,09 % ▲ +0,7 PT PAR RAPPORT À SEPT. 2025 MENSUEL  |  JANV. 2025 À SEPT. 2026
Source : Statistique Canada, Indice des prix à la consommation, d’après le tableau historique de WOWA.ca.  |  hdq.ca

L’IPC global mensuel est présenté à deux décimales à partir du tableau de WOWA.ca fondé sur les données de Statistique Canada. Le chiffre de septembre a été publié le lundi 19 octobre, et la Banque du Canada a abaissé son taux directeur à 2,25 % pour la dernière fois le 29 octobre 2025.

Ce que le communiqué laisse ouvert

Le communiqué indique qu’il pourrait être nécessaire de relever encore le taux directeur et que le Conseil de direction procédera avec prudence. C’est un signal conditionnel, non un calendrier. La Banque du Canada décrit le conflit au Moyen-Orient, maintenant dans son huitième mois sans résolution claire, comme une source clé d’incertitude.

La question de la répercussion décide de la trajectoire. Les entreprises ont surtout absorbé jusqu’ici la hausse de leurs coûts, selon la Banque du Canada, mais celle-ci s’attend à ce que la répercussion augmente au cours de la prochaine année. Les attentes d’inflation à court terme ont monté, tandis que celles à plus long terme demeurent bien ancrées.

La Banque du Canada parie en fait que l’écart entre 3,1 % et 2,2 % se résorbera par le bas, par la propagation des coûts, plutôt que par le haut, par la baisse des prix de l’énergie. Si les prix de l’énergie reculent plutôt, l’écart se refermera par le haut et la hausse paraîtra précoce. La Réserve fédérale a maintenu son taux à 3,75 % à 4,00 % le 28 octobre par 10 voix contre 2, les deux dissidents favorisant une hausse, de sorte que la question se pose des deux côtés de la frontière.