La Banque du Canada a relevé son taux à un jour de 25 points de base, à 2,50 %, le 28 octobre, sa première hausse depuis juillet 2023. Deux jours plus tard, Statistique Canada a indiqué que le PIB réel d’août était essentiellement stable, sous sa propre estimation préliminaire de croissance de 0,2 %.
La hausse était largement attendue, selon Desjardins. La surprise a été la prévision d’inflation : le Rapport sur la politique monétaire projette une inflation globale d’environ 3,4 % à la fin de 2026, contre 2,4 % dans le rapport de juillet, et à 3 % ou plus durant une bonne partie de 2027. Le gouverneur Tiff Macklem a dit qu’il pourrait être nécessaire de relever davantage le taux directeur, mais que, vu les incertitudes, la Banque procédera avec prudence.
Une hausse dans une économie qui cale
Le PIB réel a progressé à un rythme annualisé de 3,3 % au deuxième trimestre, au-dessus des 2,5 % prévus dans le rapport de juillet. L’estimation rapide de septembre indique un nouveau recul de 0,1 %, et des économistes de banques cités par MPA situent la croissance du troisième trimestre autour de 1,3 % annualisé, contre environ 2,0 % prévu par la Banque. La Banque projette une croissance d’environ 0,8 % au quatrième trimestre.
Andrew Grantham, d’Économie CIBC, a dit que toute la croissance du troisième trimestre venait du fort acquis du deuxième, de sorte que l’économie a stagné durant la période. Marc Ercolao, d’Économie TD, a dit qu’août pourrait jeter un doute accru sur la durabilité de la reprise à l’approche de 2027. Abbey Xu, d’Économie RBC, a jugé la composition un peu meilleure que le chiffre global, citant des gains dans le commerce de détail et la construction d’ouvrages de génie.
L’inflation est l’autre côté du bilan. L’IPC global a augmenté de 3,1 % en septembre sur un an, alors que l’inflation hors essence était de 2,2 % et que les mesures fondamentales restaient autour de 2 %, selon Statistique Canada et la Banque. Cet écart justifie la hausse : les coûts de l’énergie pourraient se répercuter au-delà du prix des carburants, ce que la Banque a dit surveiller.
La trajectoire du taux en contexte
Le taux directeur a reculé de 275 points de base, de 5,00 % à 2,25 %, entre juin 2024 et octobre 2025, est resté inchangé pendant sept décisions consécutives et a maintenant inversé 25 points de base de cet assouplissement.
Cible du taux à un jour après chaque décision prévue au calendrier, du 2 avril 2024 au 28 octobre 2026 ; les maintiens apparaissent comme des segments plats. La Banque a maintenu son taux les 16 avril, 4 juin et 30 juillet 2025 avant de le réduire les 17 septembre et 29 octobre.
Le taux officiel d’escompte est passé à 2,75 % et le taux de rémunération des dépôts à 2,45 %, et le dollar canadien s’est légèrement raffermi à 1,4050 $ CA par dollar américain, a rapporté Reuters. Avant la décision, FXStreet rapportait que les marchés anticipaient quatre hausses d’ici septembre 2027. Desjardins s’attend à une autre hausse, dont le moment dépendra des données.
Ce qui décidera le 9 décembre
La prochaine décision a lieu le 9 décembre, et le prochain Rapport sur la politique monétaire paraîtra le 27 janvier 2027. D’ici là, les rapports sur l’emploi d’octobre et de novembre mettront à l’épreuve le marché du travail, qui, selon InvestingLive, a perdu des emplois en août et en septembre, le taux de chômage étant revenu à son niveau de début 2026.
Pour les emprunteurs à taux variable, le calcul est direct : une hausse d’un quart de point ajoute 250 $ par année d’intérêts par tranche de 100 000 $ empruntés. Les renouvellements à taux fixe suivent davantage les rendements obligataires que le taux directeur, de sorte que la trajectoire du rendement à cinq ans compte autant que la décision de décembre. Une économie stagnante plaide pour la patience ; une prévision d’inflation de 3,4 % plaide contre. Les données d’ici le 9 décembre décideront de l’argument qui l’emportera auprès du Conseil de direction.