L’excédent commercial canadien des marchandises a grimpé à 3,9 milliards de dollars en juin, contre 3,7 milliards de dollars en mai (révisé), a rapporté Statistique Canada cette semaine, le plus important excédent mensuel en plus de quatre ans. Les exportations totales ont augmenté de 0,4 %, à un sommet record de 77,5 milliards de dollars, une cinquième hausse mensuelle consécutive, en progression de 22,8 % sur cette période. Les importations totales ont légèrement augmenté de 0,2 %, à un sommet record de 73,6 milliards de dollars.

Deux forces ont poussé les chiffres en dollars à la hausse en même temps. La valeur moyenne du dollar canadien a reculé de 1,7 cent US en juin par rapport à mai, la plus forte baisse mensuelle depuis octobre 2022, ce qui gonfle les valeurs commerciales exprimées en dollars canadiens. Exprimées en dollars américains, les exportations ont en fait reculé de 2,0 % et les importations de 2,1 % en juin. L’effet de change et l’évolution réelle des volumes pointent dans des directions différentes, et les distinguer compte pour bien lire ce que les données disent de l’économie.

L’histoire des volumes sous l’effet de change

En volume, une fois exclus les effets de prix et de change, les exportations totales ont augmenté de 1,1 % en juin, tandis que les importations ont reculé de 1,5 %. Sur l’ensemble du deuxième trimestre, les exportations totales ont grimpé de 13,1 %, la plus forte hausse trimestrielle depuis des années, selon Statistique Canada.

Les exportations de minéraux métalliques et non métalliques ont bondi de 16,5 %, à 15,02 milliards de dollars, portées par une hausse de 27,9 % des expéditions d’or vendues principalement au Royaume-Uni. Cela a compensé une baisse de 10 % des exportations d’énergie, à 18,37 milliards de dollars, les exportations de pétrole brut reculant de 11,1 % en raison de prix plus faibles plutôt que de volumes plus faibles. Les exportations d’automobiles et de camionnettes légères ont augmenté de 4,5 %, leur plus haut niveau depuis mars 2025, ce qui reflète la reprise de la production automobile canadienne après les perturbations hivernales. Du côté des importations, les importations d’ordinateurs et de périphériques ont bondi de 59 %, en lien avec des unités de traitement achetées pour des centres de données, un signal d’activité d’investissement des entreprises plutôt qu’un artefact monétaire.

Les catégories ci-dessous décomposent le résultat de juin, séparant les mouvements d’exportation et d’importation qui reflètent un véritable changement de volume de ceux qui reflètent surtout le prix.

CANADA : COMMERCE PAR CATÉGORIE, JUIN 2026 3,9 G$ ▲ EXCÉDENT MENSUEL  |  JUIN 2026
Source : Statistique Canada, Le Quotidien, commerce de marchandises, juin 2026.  |  hdq.ca

Les variations en pourcentage sont d’un mois à l’autre, pour juin 2026 par rapport à mai 2026. La hausse des importations d’ordinateurs et de périphériques reflète des achats d’unités de traitement pour centres de données plutôt qu’un effet de change.

Ce que cela confirme pour la décision de septembre de la Banque du Canada

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % pour une sixième décision consécutive le 15 juillet, affirmant que la croissance avait rebondi à un taux estimé de 2,5 % au deuxième trimestre après avoir stagné pendant une bonne partie de l’année précédente. RBC Economics estime que le commerce net, une fois exclus les effets de prix et la volatilité de l’or, a ajouté environ quatre points de pourcentage à la croissance annualisée du PIB du T2, renforçant le portrait de croissance déjà présumé dans la déclaration de juillet de la Banque.

Le volet inflation demeure distinct et reste tributaire du pétrole plutôt que du commerce. L’inflation globale a atteint 3,2 % en mai en raison de la hausse des prix du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient, le gouverneur Tiff Macklem affirmant que la Banque ne laissera pas la hausse des prix du pétrole se transformer en inflation persistante. La prochaine annonce de taux est prévue le 2 septembre, et les données commerciales de juin donnent au Conseil de direction une confirmation du côté de la croissance de son mandat, sans changer le calcul du côté de l’inflation.