Les États-Unis, l’Iran et Oman seraient sur le point de conclure une entente provisoire de 60 jours pour rouvrir le détroit d’Ormuz, Washington visant une annonce mercredi, selon Axios. Selon les termes décrits par des sources régionales, les navires entrant dans le golfe Persique emprunteraient une route nordique par les eaux territoriales iraniennes, tandis que les navires se dirigeant vers la mer d’Oman emprunteraient une route sud par les eaux omanaises, coordonnée avec Téhéran. Aucun péage ne serait exigé pendant la période de 60 jours, et les parties s’efforceraient de déminer la voie de navigation médiane du détroit dans un délai de 30 jours.
Quelques heures après ces informations, le ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé que le détroit ne s’ouvrirait pas à la circulation tant que les États-Unis ne lèveraient pas leur blocus, une condition qui n’était pas remplie mercredi soir, selon UPI. Le même jour, les houthis du Yémen, une faction alliée de l’Iran, ont affirmé avoir frappé un pétrolier saoudien près de Yanbu, en mer Rouge, réintroduisant un risque d’approvisionnement un jour après que le pétrole a chuté de plus de 5 % sur l’optimisme entourant une entente proche sur Ormuz.
L’entente donne à l’Iran plus de contrôle qu’avant la guerre
L’arrangement en discussion n’est pas un retour au statu quo d’avant-guerre. Avant le début du conflit à la fin de février, le détroit d’Ormuz fonctionnait comme des eaux internationales, avec transit libre pour tous les transporteurs. Selon les termes rapportés, le trafic entrant passerait par les eaux territoriales iraniennes et le trafic sortant par les eaux omanaises coordonnées avec l’Iran, et une fois la voie médiane déminée, l’administration permanente du trafic à double sens serait négociée entre l’Iran et Oman, sans que les États-Unis soient à cette table.
Des analystes d’IG ont décrit le point d’achoppement central comme la question de savoir si l’Iran continue d’insister pour un certain contrôle sur la voie navigable et si les États-Unis tiennent bon contre ce résultat. L’entente maintenant en discussion, semble-t-il, résout ce point d’achoppement en faveur de l’Iran. Une structure qui concentre le contrôle entre les mains d’une seule partie est un arrangement différent d’un détroit neutre à administration internationale, et sa durabilité dépend du maintien d’incitatifs d’une manière qu’un cadre équilibré n’exigerait pas.
Le précédent que les marchés ne devraient pas ignorer
Ce n’est pas la première fois qu’une entente sur Ormuz semble proche. Il y a trois semaines, la Maison-Blanche, Oman et des médiateurs régionaux croyaient être parvenus à un accord avec l’Iran, avant de voir ce dernier reprendre ses attaques contre le transport maritime quelques jours plus tard. Cet effondrement a déclenché deux semaines de combats qui ont frôlé une guerre totale entre les États-Unis et l’Iran.
L’hypothèse de base de HDQ demeure une désescalade progressive. Le président Trump a suspendu une campagne de frappes prévue spécifiquement pour permettre cette ronde de négociations, des médiateurs du Qatar, du Pakistan et de l’Arabie saoudite sont impliqués aux côtés d’Oman, et un responsable américain a confié à Axios que la direction iranienne avait terminé son processus d’approbation interne mardi. Le risque extrême est une répétition d’il y a trois semaines : la condition énoncée par l’Iran concernant le blocus américain demeure non remplie, et l’attaque houthie de mercredi contre un pétrolier saoudien relève de la même catégorie de provocation qui avait fait dérailler la tentative précédente. Les deux scénarios demeurent possibles, et l’écart entre eux n’est pas encore résolu.
Le brut WTI est passé de moins de 69 $ au début de juillet à près de 88 $ à la fin de juillet, pour revenir dans le milieu des 70 $ cette semaine, une fourchette qui reflète un marché réévaluant sans cesse la même incertitude sous-jacente plutôt qu’il ne parvient à une réponse.
Le WTI a chuté de plus de 10 % en deux séances les 3 et 4 août, alors que circulaient des informations sur une entente à Ormuz, puis s’est maintenu près de 75 $ mercredi après que l’attaque houthie contre un pétrolier a partiellement compensé le repli.
Le mécanisme pour le portefeuille canadien
Les à-coups du prix du pétrole se traduisent directement par une volatilité des résultats du secteur énergétique canadien. Canadian Natural Resources a dépassé son estimation de profit du deuxième trimestre cette semaine, grâce à des prix du pétrole et du gaz naturel plus élevés, un résultat qui se lirait différemment sous un scénario de désescalade soutenue que sous une nouvelle crainte d’approvisionnement. Le rallye de l’or mercredi, lié à la même manchette sur l’attaque houthie qui a fait bouger le pétrole, est l’expression la plus directe de valeur refuge de la même incertitude, pertinente pour les conseillers dont les clients sont concentrés dans des titres énergétiques canadiens et qui cherchent une couverture partielle. Les rendements obligataires du gouvernement du Canada ont eux aussi évolué avec les attentes d’inflation liées au pétrole tout au long de ce conflit, un mécanisme que le bureau Économie couvre directement, mais le déclencheur géopolitique de ce mécanisme est le dénouement à Ormuz décrit ici.