Le président Trump a affirmé lundi qu’il exigerait une compensation de l’Iran avant de reprendre les pourparlers sur la réouverture du détroit d’Ormuz, une demande que Téhéran est peu susceptible d’accepter tant qu’elle continue d’insister pour que Washington mette fin d’abord à son blocus naval des ports iraniens. Les deux conditions préalables, rejetées chacune par l’autre camp, signifient que la voie diplomatique susceptible de rouvrir le détroit s’est, pour l’instant, à nouveau enlisée.

La transmission vers un portefeuille canadien passe par deux canaux déjà visibles dans les données de cette semaine. Le Brent s’est négocié près de 89,76 $ mardi, en hausse de 2,3 % durant la journée et près d’un sommet de cinq semaines, appuyant la revalorisation du secteur énergétique du TSX qui se bâtit depuis le début du conflit. Parallèlement, la Banque du Canada se dirige vers sa décision du 2 septembre après avoir déjà cité les pressions inflationnistes liées à l’énergie comme un facteur dans son calcul de politique monétaire, un facteur que le mouvement du prix du pétrole cette semaine rend plus difficile à décrire comme s’estompant.

Scénario de base contre risque extrême

Le scénario de base demeure une non-réouverture négociée : l’Iran et Oman continuent de travailler vers un arrangement de corridor maritime limité que des responsables des deux côtés décrivent comme proche d’une entente, tandis que le détroit plus large reste fermé sous l’impasse Iran-États-Unis sous-jacente. L’Iran a été explicite qu’un arrangement de corridor via Oman ne représenterait pas une réouverture complète, ce qui maintient les prix du pétrole structurellement élevés sans nécessairement les pousser vers un nouveau pic.

Le risque extrême est un élargissement de la géographie du conflit au-delà du détroit lui-même. Un pétrolier exploité par Abu Dhabi National Oil Co. a subi une attaque dans le détroit d’Ormuz durant la fin de semaine, et des militants houthis ont revendiqué séparément une frappe sur la raffinerie saoudienne de Jazan. Aucun des deux événements n’a fait bouger fortement le prix du pétrole à lui seul, mais un schéma d’attaques s’étendant aux infrastructures saoudiennes et émiraties accroît les probabilités d’une perturbation de l’offre plus vaste que celle produite jusqu’ici par l’impasse actuelle.

La trajectoire du Brent au cours du dernier mois retrace les deux scénarios. Le repli du début d’août coïncide avec des rapports selon lesquels les pourparlers du corridor maritime d’Oman progressaient. La remontée depuis le 6 août coïncide avec l’attaque du pétrolier, la frappe de Jazan et la demande de compensation de Trump, survenues durant la même période.

BRUT BRENT 89,76 $ ▲ +2,3 % QUOTIDIEN  |  13 JUILL. AU 11 AOÛT 2026
Source : Investing.com, données historiques des contrats à terme sur le Brent, 13 juillet au 11 août 2026.  |  hdq.ca

Le repli du début d’août coïncidait avec des rapports selon lesquels l’Iran et Oman se rapprochaient d’un arrangement de corridor maritime limité. Les prix ont recommencé à grimper après une attaque de pétrolier dans le détroit et un durcissement de l’impasse par la demande de compensation de Washington.

Pourquoi cela complique la décision de septembre de la Banque du Canada

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 15 juillet, citant explicitement des pressions inflationnistes liées à l’énergie qu’elle jugeait en voie de s’atténuer. La remontée du Brent vers 90 $ au cours des semaines suivantes va directement à l’encontre de ce jugement. Un Conseil de direction ayant bâti son maintien de juillet en partie sur une attente que l’inflation liée au pétrole avait dépassé son sommet doit maintenant composer avec un prix du Brent plus élevé qu’au moment de cette décision.

Cela ne change pas, à lui seul, le résultat du 2 septembre de la Banque. Les marchés continuent d’évaluer cette décision comme un maintien largement probable. Mais cela retire l’un des arguments utilisés par la Banque en juillet pour justifier un maintien plutôt qu’un resserrement, et ajoute à l’argument voulant que la Banque ait besoin de plusieurs données supplémentaires, pas seulement celles de juillet, avant de pouvoir décrire confortablement l’inflation liée à l’énergie comme derrière elle.

La transmission au secteur énergétique canadien

Strathcona Resources a mené les gagnants du TSX lundi, en hausse de 8,74 %, tandis qu’International Petroleum Corp a ajouté 8,24 %, toutes deux bénéficiant directement de la remontée du Brent. C’est l’expression sectorielle du même mécanisme : des prix du pétrole élevés et volatils sont un facteur net positif pour la tarification réalisée des producteurs canadiens, même si le même mouvement de prix complique le portrait inflationniste que la Banque du Canada doit gérer. Les deux effets passent par le même produit de base dans des directions opposées pour différentes parties d’un portefeuille canadien diversifié.