Deux trames se déroulent en parallèle dans le conflit iranien cette semaine, et elles pointent dans des directions opposées. La trame militaire s’est intensifiée mardi. La trame diplomatique aurait progressé le même jour. Le pétrole est l’instrument qui intègre les deux simultanément, ce qui explique pourquoi il a évolué dans trois directions différentes depuis lundi matin.
Ce qui s’est réellement passé sur la trame militaire
Le commandement central américain a neutralisé mardi un cargo battant pavillon panaméen, le M/V Vela Nova, après qu’il eut tenté de transiter par le golfe d’Oman vers un port iranien en violation du blocus américain contre l’Iran. Un hélicoptère MH-60 de la marine américaine a tiré deux missiles Hellfire dans la salle des machines du navire après que l’équipage eut ignoré des avertissements répétés, immobilisant son appareil à gouverner sans rouvrir la trajectoire du navire vers l’Iran. Le CENTCOM affirme avoir redirigé 55 navires commerciaux, neutralisé trois navires non conformes et en avoir arraisonné deux depuis le rétablissement du blocus en juillet, à la suite de l’effondrement du cessez-le-feu.
Séparément, et de façon plus violente, le gouvernement yéménite reconnu à l’échelle internationale accuse les forces houthies soutenues par l’Iran d’une frappe à double détente, une première attaque suivie d’une seconde visant les intervenants, contre un navire commercial dans le détroit de Bab al-Mandeb, à l’extrémité sud de la mer Rouge. Quatre membres d’équipage et deux sauveteurs ont été tués. Un avis du UK Maritime Trade Operations a par ailleurs signalé un incident impliquant un porte-conteneurs et des forces militaires non identifiées dans le golfe d’Oman le même jour.
Ce qui se passe simultanément sur la trame diplomatique
Rien de tout cela n’a empêché une négociation parallèle de progresser, selon certains rapports. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar a déclaré à Al Jazeera que les pourparlers entre l’Iran et Oman sur le rétablissement du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont atteint un stade avancé. Le ministre de la Défense du Pakistan, Khawaja Asif, a affirmé séparément que Washington et Téhéran semblent près d’une forme d’entente, les conditions évoluant en faveur de la paix.
La complication est survenue lundi, avant la frappe du CENTCOM et l’attaque houthie. Le président Trump a adopté un ton public plus dur envers l’Iran, exigeant des réparations pour les décès liés aux attaques iraniennes et aux troubles intérieurs. Cette exigence répondait elle-même à l’Iran, qui avait lancé en fin de semaine son propre appel à des compensations de guerre de la part des États-Unis et d’Israël pour ce conflit. Un haut responsable iranien a affirmé publiquement que le détroit reste fermé jusqu’à ce que Washington réponde aux conditions de Téhéran, une déclaration qui cohabite difficilement avec le compte rendu qatari de pourparlers avancés entre l’Iran et Oman.
Le Brent a intégré cette combinaison de signaux au cours des six dernières séances dans les mouvements ci-dessous.
Sept relevés matinaux répartis sur six séances de négociation, obtenus individuellement plutôt que d’un flux continu unique, ce qui explique que les écarts d’une journée à l’autre varient légèrement selon l’heure de collecte.
Les répercussions pour les portefeuilles canadiens
Le mécanisme qui relie les manchettes de cette semaine aux portefeuilles canadiens passe par deux canaux à la fois, qui tirent actuellement dans des directions différentes. La vigueur du secteur de l’énergie, la même dynamique qui a poussé le TSX à son sommet record de lundi, dépend du maintien du Brent dans sa fourchette récente ou de sa progression, ce que soutient l’escalade militaire. La stabilité plus large du marché dépend de la capacité de la trame diplomatique à produire une véritable réouverture d’Ormuz, ce qui retirerait la prime de risque d’approvisionnement actuellement intégrée au prix. Les conseillers dont les clients sont concentrés soit dans les actions du secteur énergétique, soit dans une exposition diversifiée aux actions canadiennes, tiennent effectivement un pari sur la trame qui se résoudra en premier.
Le calcul de la Banque du Canada elle-même se situe en aval de cette même tension. Un prix du Brent maintenu près de 88 $ à 90 $ conserve dans le système une pression inflationniste que la BdC a jusqu’ici qualifiée de transitoire. Une véritable réouverture d’Ormuz retirerait rapidement cette pression. Tant qu’une trame ne l’emporte pas clairement, la BdC a des raisons de rester exactement où elle est, ce qui concorde avec six maintiens consécutifs à 2,25 %.
Scénario de base contre risque extrême
Le scénario de base demeure que la situation se résorbe comme les épisodes similaires depuis le début du conflit en février : une volatilité persistante autour d’une large fourchette, sans fermeture complète ni réouverture complète du détroit selon un calendrier prévisible. Le risque extrême est que la demande de réparations de Trump durcisse suffisamment la position de négociation de l’Iran pour bloquer entièrement les pourparlers avec Oman, auquel cas la trame militaire deviendrait la seule trame, et la fourchette récente du Brent deviendrait un plancher plutôt qu’un plafond.