Le Trésor américain a confirmé mardi que la Chine ne sera pas exemptée de la campagne de sanctions dévoilée la veille par le secrétaire Scott Bessent, le marqueur précis qui distingue la pression diplomatique sur l’Iran d’une véritable menace pour l’approvisionnement physique en pétrole. Le brut WTI a clôturé à 85,46 $, en hausse de 27 cents sur la séance.
Ce n’est pas la réaction que produit un choc d’approvisionnement. Lorsque le marché a intégré une véritable menace pesant sur les barils iraniens durant ce cycle, les mouvements se sont comptés en points de pourcentage entiers : le WTI a gagné 6,56 % le jour où trois présidents régionaux de la Réserve fédérale ont exprimé une rare dissidence en faveur d’un resserrement, le 29 juillet, puis 2,89 % le 20 août, lorsque la campagne de sanctions a commencé à prendre forme. Le 0,32 % de mardi n’est que du bruit en comparaison.
Nommer la Chine n’équivaut pas à l’arrêter
La Chine achète environ 90 % des exportations pétrolières de l’Iran, ce qui explique précisément pourquoi Géopolitique avait présenté une mesure formelle contre les acheteurs chinois comme le déclencheur qui ferait basculer les sanctions iraniennes d’un enjeu diplomatique à un enjeu d’approvisionnement. Ce déclencheur s’est activé mardi. Les négociants en pétrole évaluent l’écart entre le fait de nommer la Chine sur une liste de sanctions et celui de la voir réellement réduire les barils qu’elle achète, un écart que Pékin n’a montré aucun signe de vouloir combler.
Le WTI a gagné 27 cents mardi, même après que le Trésor américain a confirmé que la Chine ne serait pas exemptée de la campagne de sanctions contre l’Iran. Ce mouvement se situe bien à l’intérieur de la marge de bruit habituelle pour cette série. Source : Investing.com.
Le test de volatilité est arrivé tôt, et rien n’a bougé
Jackson Hole vendredi et la décision de la Banque du Canada du 2 septembre avaient été identifiées comme les événements qui révéleraient si la compression de la volatilité observée cet été est réelle ou relève de la complaisance. Mardi a livré un test plus précoce et sans doute plus rigoureux : la matérialisation effective du risque extrême le plus manifeste de ce conflit, et non la simple anticipation d’un tel risque. Le VIX a évolué dans une fourchette de 15,13 à 16,30, nettement à l’intérieur de la bande qu’il maintient depuis le 6 août et bien en deçà du sommet de 20,66 provoqué par la dissidence de la Fed du 29 juillet.
L’or s’est maintenu près d’un sommet de trois mois, autour de 4 680 $ l’once, ce qui montre où se loge réellement la prime de crainte de ce cycle. La thèse de la dévaluation monétaire, liée au programme élargi de rachat d’obligations du Trésor, et la demande de valeurs refuges liée à l’escalade commerciale et des sanctions convergent toutes deux vers le lingot. La volatilité des actions, elle, n’y participe pas.
Le VIX ne s’est pas négocié au-dessus de 16,30 depuis le 20 août et ne s’est pas approché du sommet de 20,66 provoqué par la dissidence du FOMC du 29 juillet, malgré la confirmation des sanctions de mardi. Source : Cboe.
Ce qu’il faudra surveiller demain
L’indice composé TSX a atteint 36 897,93 en fin de matinée, un nouveau record intrajournalier, porté par le trimestre fiscal record de la Banque Scotia et par la vigueur généralisée des services financiers et des métaux de base. Le dollar canadien est resté inchangé à 72,24 cents US, ce qui est en soi révélateur : un marché des changes qui intègre une véritable menace pesant sur l’approvisionnement pétrolier ne reste habituellement pas immobile.
Deux échéances encadrent désormais le discours de Jackson Hole vendredi : la décision de la Banque du Canada du 2 septembre, et les tarifs de rétorsion du Canada du 8 septembre, qui fixe l’échéance contre laquelle court le taux prescrit gelé de 3 % de l’ARC pour les propriétaires de SPCC dans les secteurs exposés. La séance de mardi hausse la barre de ce qu’il faudrait pour véritablement rompre cette compression. Une expansion confirmée des sanctions contre la Chine n’a pas suffi. Le prochain test qui aura réellement du mordant sera celui, vendredi ou le 2 septembre, qui livrera une véritable surprise plutôt qu’une confirmation de ce qui était déjà intégré au marché.