Le taux du gouvernement du Canada à 10 ans a clôturé à 3,65 % mardi, en repli d’environ 10 points de base par rapport au sommet de 3,76 % atteint le 21 août, qui était lui-même le plus haut niveau depuis avril 2024. Le repli en est maintenant à quatre séances consécutives, couvrant la même fenêtre pendant laquelle le différend commercial entre les États-Unis et le Canada est passé de pourparlers dans l’impasse à des tarifs de rétorsion confirmés.

Les rendements obligataires baissent lorsque les investisseurs anticipent soit une inflation plus faible, soit une croissance plus faible, soit une demande accrue pour la sécurité. Le mécanisme en jeu ici est carrément le deuxième : une guerre commerciale qui fait grimper les coûts pour les exportateurs et importateurs canadiens freine la croissance, et un marché qui intègre une croissance plus faible intègre du même coup une Banque du Canada moins susceptible de hausser les taux, pas davantage.

Ce Que Disaient Vraiment les Données de Juillet

Prises isolément, les données intérieures de juillet auraient plaidé pour le mouvement inverse. L’Enquête sur la population active de Statistique Canada a montré que l’économie a créé 75 000 emplois en juillet, dépassant confortablement les attentes, tandis que l’inflation globale a grimpé à 2,9 %, largement attribuable aux prix de l’essence plutôt qu’à des pressions de prix généralisées. Le PIB du deuxième trimestre du Canada est estimé avoir progressé à un rythme annualisé de 3,4 %, bien au-delà de la propre prévision de 2,5 % de la Banque du Canada.

Il y a deux semaines, cette combinaison de données faisait exactement ce que de solides données font normalement aux rendements : le taux à 10 ans a grimpé à 3,72 % le 10 août sur des ventes d’usines plus fortes que prévu, puis a continué de monter pendant la majeure partie de la semaine suivante. Le sommet du 21 août à 3,76 % est survenu le même jour où les marchés digéraient encore cette vigueur en même temps qu’une vente massive distincte sur les marchés obligataires mondiaux liée à des prix pétroliers élevés et à une annonce de rachat de bons du Trésor américain.

Pourquoi le Risque Commercial l’a Emporté sur de Bonnes Données

Ce qui a changé après le 21 août n’était pas une révision des données de juillet. C’était l’arrivée d’un nouvel élément par-dessus : l’échec confirmé des pourparlers commerciaux entre les États-Unis et le Canada, suivi du propre train de contre-tarifs de 27,6 milliards de dollars canadiens du Canada, en vigueur dès le 8 septembre. Trading Economics attribue directement le repli du rendement à cette séquence, notant que les risques pour la croissance découlant de tarifs plus élevés ont réduit les arguments en faveur d’une hausse de taux de la Banque du Canada cette année, même si l’économie a montré des signes de reprise.

Il s’agit là de la mécanique ordinaire d’un ensemble de données à double tranchant qui se résout dans une direction. De solides données intérieures augmentent, isolément, les probabilités d’un statu quo ou d’une hausse. Un choc commercial qui menace de retrancher de la croissance au cours des prochains trimestres l’emporte sur ce signal, parce que la politique monétaire répond à la direction que prennent la croissance et l’inflation, pas seulement à leur position actuelle. La lecture du marché obligataire, évidente à travers quatre séances consécutives de baisses de rendement, est que le choc commercial est actuellement l’élément dominant.

La Décision du 2 Septembre

La Banque du Canada du gouverneur Tiff Macklem doit résoudre la même tension que le marché obligataire intègre depuis un moment. Les données de juillet sur l’emploi et le PIB soutiennent l’argument d’un maintien des taux, voire d’une hausse envisagée plus tard cette année. L’escalade de la guerre commerciale, avec sa date concrète du 8 septembre pour les tarifs désormais neuf jours après la décision de taux elle-même, plaide pour l’inverse. La tarification du marché par la courbe des taux favorise actuellement la lecture axée sur le risque pour la croissance, mais le propre cadrage de la Banque comptera davantage que celui du marché, puisqu’un Rapport sur la politique monétaire qui pencherait vers le camp belliciste sur les données de juillet malgré le choc commercial renverserait rapidement la direction récente du rendement.

GOC 10 ANS : RENDEMENT DU GOUVERNEMENT DU CANADA À 10 ANS 3,65 % ▼ 10 pb QUOTIDIEN  |  27 JUILL. AU 25 AOÛT 2026
Source : Investing.com, Trading Economics, 25 août 2026.  |  hdq.ca

Le rendement s’est replié pour une quatrième séance consécutive après avoir touché 3,76 % le 21 août, son plus haut niveau depuis avril 2024, l’escalade de la guerre commerciale ayant abaissé la probabilité qu’accordent les marchés à une hausse de taux de la Banque du Canada cette année.