Un récit de rebond, si les données le confirment
Statistique Canada publie ce matin les chiffres officiels du PIB du deuxième trimestre, la dernière publication économique importante avant la décision de taux du 2 septembre de la Banque du Canada. Le premier trimestre s’est avéré inchangé, une lecture stable qui a suivi une contraction de 0,2 % au quatrième trimestre de 2025.
Le portrait préliminaire pointe déjà vers une amélioration. L’estimation préliminaire de StatCan pour juin a montré une hausse de 0,2 % du PIB réel par industrie, et combinée aux données de mai, cela implique une croissance de l’économie d’environ 0,8 % au deuxième trimestre sur une base industrielle. Les économistes de Continuum Economics s’attendent à ce que le chiffre officiel basé sur les dépenses montre une croissance annualisée proche de 3,3 %, ce qui marquerait un retour à la croissance après deux trimestres mous. L’économiste en chef adjoint de la Banque Nationale, Matthieu Arseneau, a qualifié les données combinées de mai et juin de l’une des séquences multitrimestrielles les plus fortes en des années, particulièrement notable étant donné que la population du Canada s’est contractée durant la même période.
La composition compte autant que le chiffre global. Continuum Economics et TD Bank Economics attribuent tous deux la majeure partie du rebond attendu à un sursaut des exportations nettes plutôt qu’à la demande intérieure, ce qui signifie que la vigueur pourrait en dire plus sur le calendrier commercial que sur l’élan sous-jacent des dépenses des ménages ou de l’investissement des entreprises.
Pourquoi la décision de septembre ne repose pas sur ce chiffre
La Banque du Canada se réunit le 2 septembre, six jours avant l’entrée en vigueur des propres tarifs de rétorsion du Canada sur plus de 700 produits américains. Les marchés des taux intégraient déjà environ 99 % de probabilités d’un septième statu quo consécutif à 2,25 % avant que les pourparlers commerciaux avec Washington ne s’effondrent à la fin août, et le gouverneur Tiff Macklem a répété que la politique monétaire ne peut restaurer l’offre perdue à la suite d’un choc tarifaire. Dans la formulation de M. Macklem, un tarif produit une hausse ponctuelle du niveau des prix, et non une tendance inflationniste continue, ce qui est précisément la distinction qui maintient la Banque sur la touche même si les tensions commerciales s’intensifient.
Cela signifie que le chiffre du PIB d’aujourd’hui, quel qu’il soit, risque peu de faire bouger à lui seul la décision de septembre. Là où il compte, c’est dans le récit qu’il donne de l’élan de l’économie à l’approche d’un choc commercial qui ne s’est pas encore reflété dans les données. Un solide chiffre au deuxième trimestre donne à la Banque plus de marge pour traiter la volatilité à court terme comme du bruit. Un chiffre faible réduit la marge de manœuvre avant octobre, la réunion que plusieurs économistes bancaires signalent déjà comme la première discussion de baisse réellement ouverte depuis 2025.
Le côté inflation du bilan
L’inflation globale a grimpé à 3,0 % en juillet, en hausse par rapport à 2,8 % en juin. Le Rapport sur la politique monétaire de juillet de la Banque a attribué l’essentiel de la hausse antérieure aux prix de l’essence liés au conflit au Moyen-Orient, notant que l’inflation hors essence tournait plutôt autour de 2,2 % et que les mesures fondamentales demeuraient proches de la cible de 2 % de la Banque. Le chômage a reculé à 6,4 % en juillet, contre 6,5 % en juin, poursuivant une amélioration graduelle depuis la lecture de 6,7 % de février.
Les récentes lectures mensuelles de l’inflation montrent un niveau encore supérieur à la cible, mais pas assez largement pour forcer la main de la Banque dans un sens ou dans l’autre.
La Banque du Canada attribue l’essentiel de l’écart au-dessus de la cible aux prix de l’essence liés au conflit au Moyen-Orient. L’inflation hors essence tournait plutôt autour de 2,2 %.
Ce que les conseillers devraient surveiller après aujourd’hui
La lecture pratique pour les conversations avec les clients est que le chiffre du PIB d’aujourd’hui ne devrait probablement pas changer ce qui se passe le 2 septembre, mais il donnera le ton du langage de la Banque et établira la référence pour octobre, la réunion où un véritable débat de politique devient plausible pour la première fois depuis l’escalade de la guerre commerciale. Un solide chiffre aujourd’hui soutient l’argument de la patience. Un chiffre faible rétrécit la marge avant que la Banque n’ait à arbitrer directement entre la pression tarifaire sur les coûts et un ralentissement de l’économie.