Statistique Canada a annoncé vendredi que l’économie a perdu 41 700 emplois en août, ratant largement les attentes du consensus d’un gain d’environ 15 000 et renversant le surprenant gain de 75 100 emplois de juillet. Les postes à temps plein ont expliqué la majeure partie du recul, en baisse de 35 900, avec les postes à temps partiel en baisse de 5 800 de plus. La fabrication a été le seul secteur à afficher un gain significatif.

Le taux de chômage s’est maintenu à 6,4 %, inchangé par rapport au creux de deux ans de juillet. Cette stabilité est la partie la moins rassurante du rapport. Le taux d’activité a reculé à 65,0 % depuis 65,1 %, ce qui signifie que le taux principal n’a pas augmenté principalement parce que moins de gens cherchaient activement du travail, et non parce que le marché du travail avait absorbé les pertes d’emploi.

TAUX DE CHÔMAGE AU CANADA, MENSUEL 6,4 % ◆ INCHANGÉ MENSUEL  |  SEPT. 2025 À AOÛT 2026
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, août 2026.  |  hdq.ca

Le taux de chômage s’est maintenu dans une fourchette étroite de 6,4 % à 6,9 % pendant un an, mais le recul du taux principal à un niveau inchangé en août provient d’un rétrécissement de la population active plutôt que d’embauches nettes. Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active.

Un taux qui s’est maintenu pour la mauvaise raison

Un taux de chômage stable est normalement une bonne nouvelle. Celui-ci ne l’est pas, en raison de la façon dont il s’est stabilisé. Lorsque l’emploi recule et que le taux de chômage n’augmente pas, l’arithmétique exige soit que la population active se rétrécisse, soit que la définition des chômeurs exclue les personnes qui ont cessé de chercher. Août a fait les deux : le taux d’activité a reculé à 65,0 %, et la publication même de Statistique Canada attribue une partie du taux stable à des chercheurs d’emploi découragés qui sortent du décompte plutôt qu’ils ne trouvent du travail.

La croissance salariale renforce le même constat. La rémunération horaire moyenne des employés permanents a augmenté de 2,0 % sur un an, en baisse par rapport à 3,0 % en juillet et sous la prévision consensuelle de 3,0 %. Un marché du travail affichant une véritable demande excédentaire de travailleurs ne voit pas la croissance salariale ralentir d’un point de pourcentage complet en un seul mois. Il s’agit d’un marché qui se refroidit du côté de la demande, et non d’un marché qui se resserre du côté de l’offre.

La collision avec le nouveau discours de la Banque du Canada

La publication d’août est tombée deux jours après que la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % pour une septième réunion consécutive, tout en réécrivant ses indications pour paraître moins comme une banque qui a fini de baisser les taux et plus comme une banque qui pourrait les hausser. Le gouverneur Tiff Macklem a déclaré que la Banque était prête à hausser le taux plus d’une fois si la pression inflationniste liée aux droits de douane et à la guerre en Iran persistait, une posture nettement différente de celle que la Banque avait adoptée au printemps.

Cette posture reposait sur un scénario de risque inflationniste, et non sur un scénario lié au marché du travail. Le discours même de la Banque décrivait une demande de main-d’œuvre atone avec une offre excédentaire persistante, tout en soulignant la résilience des chiffres d’emploi globaux tout au long de l’été. Les données d’août ne soutiennent pas le volet résilience de cet argument. Elles soutiennent plus fortement le volet offre excédentaire que ne le faisait l’évaluation de juillet de la Banque elle-même.

Ce que la décision du 28 octobre doit désormais soupeser

La prochaine décision prévue de la Banque du Canada est le 28 octobre, et celle-ci avait été décrite par les analystes avant la publication comme le dernier chiffre propre du marché du travail avant que les effets plus complets du différend tarifaire ne se répercutent sur les décisions d’embauche. Une publication faible ici devait normalement inciter la Banque à la patience. Une publication faible combinée à une Banque qui vient de dire aux marchés qu’elle est prête à hausser les taux pour des raisons inflationnistes constitue une véritable tension non résolue, et non une publication qui tranche la question dans un sens ou dans l’autre.

Les rendements obligataires du gouvernement du Canada et le dollar canadien sont les deux marchés les plus directement exposés à la façon dont cette tension se résoudra au cours des sept prochaines semaines, puisqu’une trajectoire de taux bâtie sur une inflation liée au pétrole de guerre a une allure différente de celle bâtie sur la vigueur de la demande intérieure, même lorsque les deux partent du même taux directeur de 2,25 %.