Les employeurs américains ont ajouté 162 000 emplois en août, bien au-dessus des 58 000 prévus par les économistes, le taux de chômage se maintenant à 4,1 %. La publication renverse un récit de baisse de taux qui se bâtissait depuis mercredi, lorsque l’ADP avait rapporté une hausse des salaires privés de seulement 38 000, la lecture la plus faible depuis janvier, et avait poussé l’or à quelques pas de 4 700 $ l’once sur l’hypothèse que la Réserve fédérale devrait agir.

OR, CLÔTURE QUOTIDIENNE 4 539,90 $ ▲ 2,84 % QUOTIDIEN  |  17 AOÛT AU 3 SEPT. 2026
Source : Investing.com, données historiques des contrats à terme sur l’or.  |  hdq.ca

L’or est passé d’un sommet de trois mois près de 4 698 $ à 4 396 $ en trois séances après une prise de profits, puis a rebondi lorsque le raté de l’ADP a ravive les paris sur les baisses de taux avant la publication des salaires de vendredi. Source : Investing.com, données sur les contrats à terme sur l’or.

Pourquoi le chiffre d’aujourd’hui l’emporte sur le raté de mercredi

Le rapport sur les salaires privés de l’ADP est une estimation fondée sur un sondage dont l’historique montre des écarts importants par rapport au décompte du gouvernement, dans un sens comme dans l’autre. Le chiffre officiel des salaires non agricoles de vendredi est la publication la plus complète et la plus déterminante pour les marchés, et un résultat de 162 000 contre une prévision de 58 000 n’est pas un dépassement marginal. C’est le genre d’écart qui force une réévaluation de la marge de manœuvre dont dispose réellement la Réserve fédérale pour baisser les taux.

L’aller-retour de l’or en huit séances, de 4 698 $ le 27 août à 4 396 $ le 1er septembre puis de nouveau à 4 540 $ le 3 septembre, reflétait déjà un marché qui peinait à s’en tenir à un seul récit sur la trajectoire des taux. La publication des salaires d’aujourd’hui ne résout pas cette hésitation. Elle ajoute un point de donnée qui pointe dans la direction opposée à celle que l’or venait tout juste de réintégrer dans son prix.

Le pari sur l’or au TSX vient de subir un test de réalité

Vizsla Silver, Endeavour Silver, Aya Gold and Silver et Troilus Gold ont affiché certains des gains de séance individuelle les plus marqués au TSX cette semaine, prolongeant une remontée qui a poussé plusieurs titres de métaux précieux vers des rendements à trois chiffres sur un an. Cette remontée a été un véritable moteur pour l’indice large, compte tenu de sa forte pondération dans les mines.

Un marché du travail américain plus vigoureux que prévu va à l’encontre de la même hypothèse de baisse de taux qui soutenait les prix de l’or durant la volatilité des deux dernières semaines. Un mineur qui a fortement progressé sur le raté de l’ADP est exposé à en redonner une partie sur un dépassement des salaires, ce qui représente un risque différent d’un problème de demande touchant le métal lui-même. Le mécanisme, c’est la trajectoire des taux, et non les fondamentaux du marché de l’or.

Ce que cela fait au récit transfrontalier des taux

L’enquête canadienne sur la population active est tombée le même vendredi matin, montrant que l’économie a perdu 41 700 emplois en août contre des attentes de gain. Il s’agit d’une publication faible au pays arrivant le même jour qu’une publication fortement positive aux États-Unis, ce qui tire les trajectoires de taux des deux pays dans des directions opposées au moment même où les deux banques centrales sont surveillées de près.

Un écart grandissant entre les attentes de taux américaines et canadiennes est un intrant direct pour la courbe des rendements obligataires du gouvernement du Canada et pour le dollar canadien face à son homologue américain, indépendamment de ce qui se passe dans le prix de l’or ou du pétrole. Le récit lié aux matières premières et le récit lié à l’écart de taux évoluent sur des trajectoires distinctes aujourd’hui, et un portefeuille positionné pour un seul de ces récits passe à côté de la moitié de ce qui a réellement bougé.