L’indice composé S&P/TSX a reculé pendant trois séances consécutives entre le 27 août et le 1er septembre, cédant environ 2,7 % alors que la reprise des combats entre les États-Unis et l’Iran a fait grimper le pétrole et ébranlé le sentiment général. Au cours des deux séances suivantes, il a récupéré presque tout ce terrain, clôturant le 3 septembre à 36 659,86, en hausse de 1,57 % sur la journée.

Le graphique ci-dessous illustre la clôture quotidienne pendant cette période. La reprise a commencé le jour même où l’Iran a tiré des missiles interceptés au-dessus du Koweït et où la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %, tout en signalant un risque inflationniste lié à la guerre et aux droits de douane. Rien, dans le conflit sous-jacent, ne s’est désamorcé. L’indice a tout de même progressé.

INDICE COMPOSÉ TSX, CLÔTURE QUOTIDIENNE 36 659,86 ▲ 1,57 % QUOTIDIEN  |  7 AOÛT AU 3 SEPT. 2026
Source~: données de clôture quotidienne de TMX Group, Investing.com, 3 sept. 2026.  |  hdq.ca

Le repli de trois séances du 27 août au 1er septembre a effacé environ 2,7 % avant qu’un rebond de deux jours ne récupère l’essentiel du terrain perdu, porté par les titres de l’énergie et des métaux liés à la guerre. Source : données de clôture quotidienne de TMX Group.

Pourquoi le repli a semblé plus important que la reprise

La théorie des perspectives (prospect theory) élaborée en 1979 par Daniel Kahneman et Amos Tversky établit que les pertes se font sentir environ deux fois plus fortement que des gains équivalents, un constat reproduit depuis dans des décennies de recherche en finance comportementale. Un investisseur qui voit l’indice reculer de 2,7 % en trois séances ressent ce repli plus vivement que le rebond de 2,3 % qui suit, même si les deux mouvements sont d’une ampleur presque identique.

Cette asymétrie a une conséquence comportementale précise. Elle pousse à vendre au moment où l’inconfort psychologique atteint son sommet, plutôt qu’au gré d’un véritable changement des faits sous-jacents. Le repli de trois séances a coïncidé avec la période la plus alarmante des manchettes de guerre. Le rebond de deux séances a coïncidé avec des manchettes tout aussi alarmantes en apparence. Ce qui a changé, ce n’est pas l’actualité. Ce qui a changé, ce sont les secteurs de l’indice qui attiraient les achats.

Un investisseur qui a vendu une exposition large au marché le 28 août ou le 1er septembre réagissait au poids émotionnel du repli lui-même, et non à une nouvelle information sur l’évolution du conflit. C’est le mécanisme que décrit la théorie des perspectives, et c’est précisément pourquoi la sortie tend à survenir près du creux plutôt qu’avant celui-ci.

Le rebond s’est construit sur la même histoire que le repli

Les travaux de Terrance Odean et Brad Barber sur le comportement des investisseurs individuels montrent que les particuliers sont attirés de façon disproportionnée par les nouvelles qui font les manchettes, achetant les titres qui y figurent sans égard à ce que l’histoire signifie réellement pour ce titre en particulier. Le schéma inverse se manifeste à la sortie. La même visibilité qui attire l’attention des acheteurs pousse aussi à vendre lors des journées les plus médiatisées, souvent au moment où le volume d’information est à son maximum, et non la clairvoyance.

Les titres à l’origine du rebond des 2 et 3 septembre n’étaient pas des positions défensives qui prenaient le relais à mesure que le conflit s’apaisait. Ils étaient les bénéficiaires directs de la même escalade qui avait provoqué le repli une semaine plus tôt : les producteurs d’énergie profitant d’un baril de Brent au-dessus de 95 $ US, et les mineurs de métaux précieux profitant de la demande de valeurs refuges. La guerre ne s’est pas résorbée. L’indice a simplement cessé de la considérer comme un facteur négatif pour l’ensemble du marché pour la traiter, à juste titre, comme un phénomène sectoriel.

Un investisseur qui s’est retiré entièrement à la lecture de la manchette, plutôt que d’examiner quelles parties de l’indice celle-ci menaçait réellement, est passé à côté du mécanisme le plus déterminant.

Une seconde manchette, sans lien, est tombée le même matin

Statistique Canada a annoncé vendredi que l’économie a perdu 41 700 emplois en août, alors que les prévisions tablaient sur un gain d’environ 15 000, le taux de chômage s’étant maintenu à 6,4 % seulement parce que le taux d’activité a reculé en parallèle. Il s’agit d’un résultat véritablement faible, et aussi d’un développement largement distinct de la volatilité liée à la guerre qui avait dominé la semaine précédente.

Les recherches sur la disponibilité et la visibilité en mémoire donnent à penser que ces deux histoires ne resteront pas distinctes dans l’esprit de la plupart des investisseurs. Un chiffre d’emploi faible arrivant au terme d’une semaine volatile se lit comme la confirmation d’un seul récit de détérioration, même lorsque les deux développements n’ont que peu de lien de causalité et que, dans le cas des données sur l’emploi, ils réduisent en fait la probabilité de la hausse de taux à court terme vers laquelle le risque inflationniste lié à la guerre semblait pointer.