La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre, la septième décision consécutive sans mouvement et la plus longue période du cycle actuel. Le gouverneur Tiff Macklem a jugé le taux d’inflation de 3 % de juillet trop élevé pour le confort de la Banque. La Banque a maintenu le taux quand même, et la raison qu’elle a donnée pour ce maintien n’est pas celle que la plupart des Canadiens devineraient.
Pourquoi la Banque ne court pas après le chiffre
Le cadrage de Macklem a séparé deux sources de pression à la hausse sur les prix. Les propres tarifs de représailles du Canada, a-t-il dit, ont un effet inflationniste plutôt modeste. Le principal moteur est le choc énergétique mondial : le Brent et le WTI ont tous deux remonté vers 100 $ le baril à mesure que les attaques iraniennes se poursuivent dans le détroit d’Ormuz, et la politique monétaire n’a aucun outil pour cela. Hausser le taux directeur ne rouvre pas une voie maritime ni ne réduit la prime de risque d’un pétrolier. Cela ne fait que ralentir les parties de l’économie canadienne que la Banque peut réellement atteindre, à un moment où les tarifs américains devraient déjà peser sur la croissance du quatrième trimestre.
La trajectoire du taux ci-dessous va de la dernière baisse du cycle jusqu’au maintien de mardi, et la ligne plate depuis octobre 2025 est maintenant la plus longue période sans mouvement depuis le début des baisses.
La bande ombrée marque les sept maintiens consécutifs depuis la baisse du 29 octobre 2025, le creux du cycle. Le taux a reculé de 275 points de base en neuf décisions entre juin 2024 et octobre 2025. Source : Banque du Canada.
Le mécanisme qui compte vraiment pour le 28 octobre
Chaque article du Desk Économie sur une décision de la Banque du Canada suit la même chaîne : le relevé de l’IPC oriente le calcul de la Banque, ce calcul oriente la courbe des taux du gouvernement du Canada, et la courbe des taux oriente les taux hypothécaires fixes pour l’environ un tiers des ménages canadiens qui renouvellent au cours des deux prochaines années. Le rendement à 10 ans du Canada se situait à 3,78 % à la dernière clôture, une fonction elle-même du fait que le marché intègre dans la courbe davantage de risque de maintien que de risque de baisse. Les négociateurs accordent une probabilité supérieure à 92 % à ce que le 28 octobre devienne le huitième maintien.
Ce qui pourrait briser cette probabilité n’est pas le différend tarifaire, de l’aveu même de la Banque. C’est plutôt une nouvelle poussée du pétrole, provoquée par une escalade dans le détroit d’Ormuz qui a déjà tué deux marins cette semaine et réduit le trafic maritime dans le détroit d’environ 95 % depuis le début du conflit élargi en février. Si cela continue de pousser l’IPC global à la hausse au cours du quatrième trimestre, l’évaluation plutôt modeste que la Banque fait des tarifs cesse d’être la contrainte déterminante, et la thèse d’un huitième maintien devient plus difficile à défendre en temps réel plutôt que plus facile.