Le WTI a clôturé à 93,78 $ mardi, en hausse de 15,4 % par rapport à 81,16 $ le 10 août et de 9,4 % depuis lundi seulement, lorsque l’Iran a attaqué le pétrolier saoudien Sidr dans le détroit d’Ormuz et tué deux membres d’équipage philippins. Le risque extrême que les lecteurs du Desk Géopolitique suivent depuis février, soit que le conflit d’Ormuz finisse par atteindre les couloirs pétroliers eux-mêmes plutôt que le seul littoral, n’est plus théorique. C’est arrivé cette semaine.

Ce qui s’est réellement passé dans le détroit

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a condamné l’attaque et appelé à mettre fin aux escalades. Les Gardiens de la révolution iraniens ont soutenu que les pétroliers avaient pris feu après avoir heurté des mines, un cadrage que le Qatar et le Koweït ont tous deux rejeté comme une violation du droit international. Le trafic maritime dans le détroit, qui atteignait en moyenne 120 à 140 navires par jour, dont environ la moitié de pétroliers transportant 20 millions de barils avant l’intensification du conflit élargi en juillet, est tombé à 10 navires le jour de l’attaque, contre 16 la veille. L’assurance risque de guerre pour une traversée est passée de 1 à 3 % de la valeur de la coque d’un navire avant le conflit à 7,5 à 10 % maintenant, ajoutant environ 21 millions de dollars au coût d’assurer un pétrolier type de 270 000 tonnes pour un seul voyage.

Scénario de base contre risque extrême

Le scénario de base, que le Desk Géopolitique retient depuis le cessez-le-feu de juin, est que le trafic d’Ormuz trouve une solution de contournement : cargaisons redétournées, coûts d’assurance plus élevés absorbés dans les taux de fret, et une prime pétrolière persistante mais bornée. L’attaque de cette semaine ne renverse pas ce scénario de base. Deux marins tués et une forte chute des traversées en une seule journée constituent une escalade grave, mais s’inscrivent dans le schéma des frappes intermittentes que le détroit connaît depuis février, et non une fermeture complète. Le risque extrême, un blocus soutenu qui retirerait les barils du Golfe du marché pendant des semaines plutôt que des jours, demeure un scénario minoritaire, et non celui attendu.

La remontée du WTI de 81 $ à 94 $ au cours du dernier mois suit l’escalade presque séance par séance, le mouvement le plus prononcé survenant le lendemain de l’attaque du pétrolier.

BRUT WTI : PRIME DU DÉTROIT D’ORMUZ 93,78 $ ▲ +15,4 % DEPUIS LE 10 AOÛT QUOTIDIEN  |  10 AOÛT AU 8 SEPT. 2026
Source : clôtures quotidiennes du WTI, Investing.com.  |  hdq.ca

La bande ombrée marque la hausse depuis l’attaque du 31 août contre le pétrolier Sidr. L’assurance risque de guerre pour une traversée d’Ormuz est passée de 1 à 3 % de la valeur de la coque à 7,5 à 10 %. Source : Investing.com, Al Jazeera.

Le mécanisme canadien, c’est la devise, pas seulement l’énergie

La lecture canadienne évidente est le sous-indice énergétique du TSX, qui se négocie à la hausse en même temps que le prix du pétrole. La moins évidente est le dollar canadien. Le USD/CAD s’est maintenu près de 1,3803 cette semaine, un mouvement plus faible que ce que le prix du pétrole seul suggérerait, parce que le huard est une devise de matières premières et qu’une prime pétrolière soutenue est l’une des rares forces qui jouent actuellement en faveur du dollar canadien dans un contexte de tarifs de représailles. Pour un gestionnaire de portefeuille, cela fait de l’histoire d’Ormuz un contrepoids partiel à l’histoire tarifaire plutôt qu’un deuxième vent contraire indépendant, et ce contrepoids ne tient que tant que dure la prime pétrolière.