Les droits de douane de représailles du Canada sur environ 27,6 milliards de dollars de produits américains sont entrés en vigueur à minuit, avec des taux de 15 %, 25 % et 50 % touchant l’acier, l’aluminium, les produits laitiers, les électroménagers, les meubles, les vêtements et une liste plus large d’environ 700 produits. Pour un client propriétaire d’une SPCC ayant des intrants provenant des États-Unis, le tarif en soi est un problème de coût des marchandises. La conversation la plus urgente est de savoir si l’entreprise a la marge de manœuvre nécessaire pour l’absorber.
Ce qu’entend la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante
Un sondage de la FCEI auprès de 1 721 membres, publié ce mois-ci, révèle que 62 % des répondants signalent maintenant des coûts plus élevés et 48 % signalent une baisse de revenus depuis le début du conflit commercial. Cinquante-neuf pour cent disent avoir été les plus durement touchés par les tarifs sur l’acier et l’aluminium précisément, et 58 % signalent un effet négatif découlant de la propre liste de représailles du Canada. Trente-six pour cent ont carrément suspendu leurs investissements d’entreprise.
Le chiffre qui devrait réorganiser la liste de priorités d’un client propriétaire d’entreprise est 19 % : la proportion d’entreprises absorbant des coûts liés aux tarifs qui disent ne pas pouvoir tenir plus de six mois si le statu quo tarifaire actuel se poursuit. Trente-huit pour cent disent ne pas pouvoir tenir un an.
Les résultats du sondage de la FCEI, classés de la proportion signalant des coûts plus élevés jusqu’à la proportion qui ne voit que six mois de marge de manœuvre, montrent à quel point la pression est répartie de façon inégale, même parmi les entreprises qui se disent toutes touchées.
Les barres en rouge foncé dépassent le seuil de majorité de 50 %. Le chiffre de 19 % concerne les entreprises qui absorbent déjà des coûts liés aux tarifs, et non l’ensemble des répondants de la FCEI. Source : FCEI, septembre 2026.
Le pont de planification : la liquidité avant la structure
Ottawa a jumelé les tarifs du 8 septembre à un programme de soutien de 7,5 milliards de dollars. Pour un client constitué en société, deux éléments sont immédiatement exploitables. Le programme Pivot à la croissance de la Banque de développement du Canada offre un flux de liquidités de 500 millions de dollars, et la BDC a abaissé son exigence minimale de chiffre d’affaires à 1 million de dollars pour élargir l’accès. L’Initiative régionale de réponse aux tarifs, dotée de 1,5 milliard de dollars, est un second canal de liquidité dont il vaut la peine de confirmer l’admissibilité avant qu’un manque de liquidités ne devienne un problème de clause restrictive.
Une fois la liquidité assurée, la conversation structurelle suit. Le taux prescrit de l’ARC reste à 3 % pour le quatrième trimestre de 2026, un sixième trimestre consécutif à ce niveau. Un prêt d’entreprise au taux prescrit, d’une SPCC ou d’une société de portefeuille vers un membre de la famille ou une fiducie familiale, permet toujours de fractionner le revenu à ce taux, et en verrouiller un maintenant préserve le taux de 3 % pour toute la durée du prêt, peu importe où le taux se dirigera ensuite. Pour un client propriétaire d’entreprise qui absorbe un choc de marge lié aux tarifs, c’est une façon moins coûteuse de faire sortir de la richesse familiale de la société d’exploitation qu’un dividende imposé au taux marginal complet de l’actionnaire.
Rien de tout cela ne conseille d’attendre la fin du tarif. C’est un rappel que la structure de SPCC, le prêt au taux prescrit et les programmes de liquidité fédéraux sont trois leviers distincts, et un client qui n’en utilise qu’un seul laisse les deux autres inutilisés au moment même où ils comptent le plus.