La Banque du Canada n’a pas modifié son taux directeur depuis avant le début de 2026. La cible du taux du financement à un jour est demeurée à 2,25 % pendant sept décisions consécutives, la plus récente le 2 septembre, et la prochaine occasion de bouger n’est pas avant le 28 octobre. La Réserve fédérale a pris le chemin inverse. Le 16 septembre, elle a relevé sa fourchette cible à 3,75 % à 4,00 %, sa première hausse depuis 2023, par un vote unanime de 12 voix contre 0, selon le communiqué du Federal Open Market Committee.

Sept maintiens prennent un autre sens à côté d’une hausse

Un taux qui n’a pas bougé se lit comme de la prudence lorsque l’autre option est une baisse. Il se lit plutôt comme une forme de complaisance à côté d’une hausse. La Banque du Canada a maintenu son taux à 2,25 % en janvier, mars, avril, juin, juillet et septembre, invoquant chaque fois une évolution largement conforme aux prévisions, même si les dirigeants ont signalé dans le communiqué de septembre que les risques haussiers pour l’inflation ont augmenté. La Réserve fédérale a passé les six mêmes réunions à maintenir son taux près de 3,50 % avant de bouger en septembre, et le président Kevin Warsh a déclaré aux journalistes par la suite que l’inflation demeure trop élevée, une lecture nettement différente d’un ensemble de faits largement semblable.

La Banque du Canada n’a pas bougé son taux directeur de toute l’année, le maintenant à 2,25 % pendant sept décisions consécutives, tandis que la Réserve fédérale l’a maintenu près de 3,50 % avant de le relever en septembre pour la première fois depuis 2023.

BANQUE DU CANADA c. FED : TRAJECTOIRE DES TAUX DIRECTEURS 3,75 %-4,00 % ▲ +25 PB TAUX DIRECTEUR  |  JANV. À SEPT. 2026
Source : Banque du Canada, communiqués du FOMC de la Réserve fédérale, septembre 2026.  |  hdq.ca

La Banque du Canada a maintenu son taux à 2,25 % pendant sept décisions consécutives en 2026, tandis que la Réserve fédérale est restée près de 3,50 % avant de le relever à une fourchette de 3,75 % à 4,00 % en septembre, portant l’écart de politique monétaire à 150 points de base. Source : Banque du Canada, Réserve fédérale.

Ce qui alimente réellement la divergence

Le Canada et les États-Unis ne réagissent pas à la même inflation. Statistique Canada a rapporté une inflation globale stable à 3,0 % en août, égalant juillet, les prix de l’essence ayant grimpé de 22,8 % sur un an en raison de la prime pétrolière persistante liée au Moyen-Orient, et l’inflation de base excluant l’essence ayant grimpé à 2,4 %, contre 2,2 %. La Banque du Canada se retrouve donc face à une inflation gonflée surtout par un choc pétrolier externe, un argument pour regarder au-delà du chiffre plutôt que d’y réagir. La Réserve fédérale réagit à une inflation que le président Warsh a qualifiée de plus généralisée et plus tenace, dans un contexte de marché du travail qui n’a pas montré le même relâchement que celui géré par les autorités canadiennes depuis 2024.

Les données de croissance retirent un argument pour baisser les taux

Le PIB canadien a progressé à un rythme annualisé de 3,3 % au deuxième trimestre, et Statistique Canada a révisé la croissance du premier trimestre, la faisant passer d’un résultat stable à une modeste expansion, mettant fin au débat sur la récession qui s’était installé au printemps. Les exportations ont augmenté de 3,6 %, le plus fort gain depuis le début de 2023, porté par un rebond de la production de véhicules. Ces données rendent plus difficile, au sein de la Banque du Canada, l’argument en faveur d’une baisse à court terme, même avec un écart de taux face à la Fed désormais à 150 points de base et un dollar canadien qui s’échange en conséquence près d’un creux de six semaines face au dollar américain.