La Réserve fédérale a relevé son taux directeur à une fourchette cible de 3,75 % à 4,00 % le 16 septembre, sa première hausse depuis 2023 et la première sous la présidence de Kevin Warsh, le même mois où les forces américaines et iraniennes ont continué d’échanger des frappes contre des pétroliers près du détroit d’Ormuz et où le WTI s’est maintenu au-dessus de 100 $ US le baril. L’une ou l’autre de ces manchettes aurait normalement propulsé l’indice de volatilité CBOE bien au-dessus de sa moyenne à long terme. Ensemble, elles l’ont laissé près de 16,3, à l’intérieur de sa fourchette habituelle.
L’indice composé S&P/TSX raconte la même histoire. Il a clôturé à 36 834,25 le 27 août et a chuté jusqu’à 35 491,27 le 16 septembre, jour de la décision de la Fed, un repli de 3,6 % étalé sur trois semaines. À la clôture du 17 septembre, il était remonté à 35 859,77, en hausse de 1,04 % sur la journée, effaçant l’essentiel du recul en une seule séance.
Ce que dit la recherche sur ce genre de calme
Daniel Kahneman et Amos Tversky, dans une publication de 1979, ont décrit comment les gens révisent leur estimation de la probabilité d’un événement en fonction de la facilité avec laquelle des exemples récents leur viennent à l’esprit, plutôt qu’en fonction du taux de base réel. Neuf mois de manchettes sur la guerre pétrolière qui n’ont pas réussi à déclencher une large liquidation des actions rendent la prochaine manchette moins lourde de conséquences aux yeux des investisseurs, même lorsque le fait nouveau, un revirement de la Fed qui passe des baisses à une hausse, est réellement inédit. Le résultat n’est ni une panique aveugle ni une confiance aveugle. C’est un marché qui a appris, à juste titre la plupart des jours cette année, que les manchettes issues de ce conflit précis tendent à s’estomper. Le risque consiste à appliquer ce même réflexe appris à un signal qui n’appartient pas à la même catégorie.
Le TSX a reculé pendant les trois semaines précédant la décision de la Fed, puis a récupéré presque tout ce terrain dès la séance suivante, une évolution qui en dit autant sur la manière dont les investisseurs évaluent le risque que sur l’indice lui-même.
L’indice composé S&P/TSX a reculé de 3,6 % par rapport à son sommet du 27 août au cours des trois semaines précédant la hausse de taux de la Réserve fédérale le 16 septembre, puis a récupéré l’essentiel de ce mouvement dès la séance suivante. Source : TMX Group, données de clôture quotidienne.
La hausse de la Fed ne ressemble pas aux autres manchettes
Les marchés avaient anticipé, pour la majeure partie de 2026, un maintien ou une baisse de la part de la Fed. Trois dirigeants se sont dissociés du maintien de juillet, et le président Warsh a déclaré aux journalistes après la réunion de septembre que l’inflation demeure trop élevée, selon la couverture de CNBC. Le Canada fait face à un problème connexe, mais en sens inverse : la Banque du Canada a maintenu son taux à 2,25 % le 2 septembre, invoquant un risque haussier pour l’inflation lié aux droits de douane et aux prix de l’énergie, et Statistique Canada a rapporté une inflation globale stable à 3,0 % en août, l’essence ayant grimpé de 22,8 % sur un an. L’écart de taux entre les deux banques centrales s’est creusé une fois la Réserve fédérale passée à l’action, et le dollar canadien est tombé à son plus bas niveau en six semaines, s’échangeant près de 1,3986 $ US le 17 septembre, selon Trading Economics.
Où le calme pourrait se briser
Les investisseurs qui ont vu le TSX se redresser à deux reprises cette année en quelques jours à peine après un choc géopolitique, une première fois au printemps près d’une flambée pétrolière antérieure, puis à nouveau ce mois-ci, peuvent raisonnablement s’attendre à ce que ce schéma se maintienne. L’or, qui a grimpé à un sommet record près de 4 700 $ US l’once fin août avant de reculer à 4 382 $ US le 17 septembre, raconte une histoire connexe : le métal a agi comme une couverture contre un risque précis et familier plutôt que contre le risque plus large désormais sur la table, soit un véritable changement de direction des taux d’intérêt après près de trois ans de maintiens et de baisses.