L’or a clôturé à 4 381,00 dollars US l’once lundi, son niveau le plus bas en six semaines, en baisse de 6,1 % par rapport au sommet de 4 664,00 atteint le 27 août. L’indice composite du TSX a clôturé à 35 828,62, en hausse de 21,97 points, dans une séance qui a oscillé entre gains et pertes toute la matinée alors que l’indice digérait un recul du pétrole brut parallèlement au repli du lingot.
Pourquoi la direction des taux l’emporte actuellement sur la prime de guerre
L’or ne verse aucun rendement, si bien que son prix est inhabituellement sensible à l’évolution des taux d’intérêt réels. Lorsque la Réserve fédérale a relevé son taux directeur à 3,75 à 4,00 % le 16 septembre, sa première hausse en trois ans, elle a fait grimper le coût d’opportunité de détenir du lingot au moment même où le conflit du détroit d’Ormuz aurait dû, selon la logique habituelle de valeur refuge, pousser l’or dans l’autre sens. Le prix a encore reculé après la décision, passant de 4 387,50 le jour de la hausse à 4 332,80 la veille, dans le cadre d’un repli plus large qui a effacé tout le rallye de la fin août.
C’est le mécanisme à nommer pour un portefeuille canadien : la prime de guerre dans l’or n’a pas disparu, le conflit au Moyen-Orient est toujours actif et le pétrole se négocie toujours bien au-dessus de son niveau d’avant la crise. Ce qui a changé, c’est quelle force domine actuellement. Les attentes de taux l’emportent sur la demande de valeur refuge, et c’est une conjoncture de marché différente de celle qui avait poussé l’or à 4 664,00 il y a quatre semaines.
L’indicateur à suivre pour le Canada
L’extraction aurifère représente un poids significatif dans le sous-indice des matériaux du TSX, et les plus grands producteurs canadiens, Agnico Eagle et Barrick, sont les titres les plus directement exposés à un recul soutenu du lingot plutôt qu’à un repli d’une seule journée. Un creux de six semaines est un signal différent pour ces titres qu’une simple mauvaise séance. Cela indique que le récit des taux risque de continuer à peser sur le métal pendant le quatrième trimestre, à moins que la décision de la Banque du Canada du 28 octobre ou une nouvelle escalade au Moyen-Orient ne fasse pencher la balance vers la demande de valeur refuge.
Le pétrole a raconté une histoire connexe mais distincte lundi. Le WTI a clôturé à 91,29 dollars US le baril, en baisse par rapport au sommet de 102,48 touché le 10 septembre, un repli qui s’est déroulé en parallèle avec la baisse de l’or, même si les deux matières premières sont poussées par des mécanismes différents : le pétrole par l’atténuation marginale de la perturbation physique liée à Ormuz, l’or par le récit des taux qui l’emporte sur la même toile de fond géopolitique qui était autrefois son principal moteur.
Les clôtures quotidiennes de l’or depuis le sommet du 27 août retracent l’aller-retour complet : un repli initial marqué, une reprise partielle au début de septembre, puis une seconde phase de baisse qui s’est accentuée autour de la décision de la Fed du 16 septembre.
L’or a reculé de 6,1 % depuis son sommet du 27 août, la baisse s’accentuant autour de la hausse de taux de la Réserve fédérale du 16 septembre. Source : Investing.com.