L’indice de volatilité CBOE a clôturé à 15,18 le 23 septembre, un niveau bien à l’intérieur de sa fourchette normale et nettement sous son sommet de 17,84 du 10 septembre. En surface, cela évoque un marché ordonné. La séance de la Bourse de Toronto, en dessous, n’avait pourtant rien d’ordonné : l’indice composé a gagné 326 points mardi, puis en a cédé 402 mercredi dans le sillage du recul des titres de métaux de base.

Cet écart entre un indice calme, tiré des options, et une variation brutale de plusieurs centaines de points en une séance n’est pas une erreur de données. C’est précisément la situation que décrit la finance comportementale, et il vaut la peine de la nommer avec précision avant le prochain appel d’un client, car l’instrument que le client vit réellement, c’est son relevé de compte, pas le VIX.

L’aversion aux pertes derrière les variations

Kahneman et Tversky ont établi en 1979 que les pertes sont ressenties environ deux fois plus intensément que des gains équivalents. Un portefeuille calqué sur le TSX n’a pas connu une semaine calme. Il a connu un net soulagement mardi, suivi mercredi d’une chute qui, selon le coefficient d’aversion aux pertes, a vraisemblablement pesé bien plus lourd que le plaisir procuré par le gain de mardi.

C’est le mécanisme qui relie les dernières semaines de volatilité pétrolière, liée au conflit en cours avec l’Iran et à la perturbation du détroit d’Ormuz, à l’ensemble du marché. La Réserve fédérale a porté sa fourchette cible à 3,75 % à 4,00 % le 16 septembre, sa première hausse en trois ans, en invoquant un risque inflationniste dont les prix de l’énergie sont un moteur visible. La Banque du Canada, à l’inverse, a maintenu son taux à 2,25 % le 2 septembre, en surveillant la même pression inflationniste liée à l’énergie face à une trajectoire de croissance intérieure plus lente. Cette divergence sous-tend à la fois les variations du TSX et une lecture du VIX plus calme qu’elle ne devrait l’être.

L’indice de volatilité évolue dans une fourchette étroite depuis trois semaines, alors même que le marché sous-jacent a bondi ou chuté de plusieurs centaines de points en une seule séance, et ces deux séries qui évoluent indépendamment forment l’écart émotionnel que les conseillers doivent gérer cette semaine.

VIX : INDICE DE VOLATILITÉ CBOE 15,18 ▲ +6,8 % QUOTIDIEN  |  27 AOÛT AU 23 SEPT. 2026
Source : CBOE via Investing.com, 23 sept. 2026.  |  hdq.ca

Le VIX a clôturé à 15,18 le 23 septembre, sous son sommet de 17,84 du 10 septembre, alors même que le TSX perdait 402 points au cours de la même séance. Source : CBOE via Investing.com.

Pourquoi le chiffre phare sous-estime ce que ressentent les clients

Le VIX est une mesure de la volatilité attendue sur l’ensemble de l’indice, tirée des options. Il ne mesure pas l’expérience vécue d’un titulaire de compte qui voit son relevé varier de centaines de points en un après-midi. Un client fortement exposé aux banques ou à l’énergie a subi toute la chute de 402 points de mercredi, peu importe ce que la mesure prospective à trente jours disait du marché dans son ensemble.

C’est l’heuristique de disponibilité qui s’ajoute à l’effet d’aversion aux pertes. Les sanctions visant l’aviation iranienne sont entrées en vigueur le 23 septembre, et l’Iran a offert de rouvrir la navigation dans le détroit d’Ormuz d’ici sept jours si la pression militaire s’atténue, les négociateurs qualifiant de constructive la dernière ronde de pourparlers. Des manchettes frappantes et rapides comme celles-ci font paraître le risque d’un nouveau choc plus probable que ne le justifie le taux de base sous-jacent, et cette erreur de calibrage se manifeste par un appel téléphonique, pas par un point de données sur un graphique.

Ce que cela signifie pour la conversation à venir

Un client qui s’informe des conditions du marché cette semaine ne pose pas une question sur le VIX. Il se demande si la chute de mercredi marque le début de quelque chose ou une seule mauvaise séance dans un régime de volatilité encore contenu. La réponse honnête, fondée sur les données, est la seconde : une mesure prospective à trente jours qui reste confortablement sous 16, même après une séance en baisse de 400 points, témoigne d’un marché qui intègre une turbulence persistante, pas d’un effondrement. Nommer directement cette distinction, voilà la valeur qu’un conseiller qui comprend le mécanisme peut apporter cette semaine.