L’inflation globale au Canada était de 3,0 % en août, tandis que les mesures fondamentales de la Banque du Canada, l’IPC-tronc et l’IPC-méd, s’établissaient à 1,9 % et à 2,0 %. Cet écart d’environ un point de pourcentage, entre le chiffre que voient les ménages et ceux que vise la Banque, encadre la décision du 28 octobre sur le taux.

L’inflation globale a dépassé l’IPC-tronc et l’IPC-méd en mars 2026, passant à 2,4 % contre 1,8 % en février, face à des lectures de 2,2 % et de 2,3 %. Elle a atteint 3,2 % en mai et s’est maintenue à 3,0 % en juillet et en août, selon les données de la Banque du Canada. L’IPC-comm fait figure d’exception parmi les mesures fondamentales, à 2,6 %.

Statistique Canada publie l’IPC de septembre lundi 19 octobre, neuf jours avant la décision de la Banque. L’Enquête sur la population active du 9 octobre a fait état d’une perte de 68 000 emplois, alors que le consensus de Reuters tablait sur un gain de 9 200, et le taux de chômage est passé à 6,5 % contre 6,4 %.

L’IPC global se situe au-dessus de l’IPC-tronc et de l’IPC-méd depuis mars, tandis que l’IPC-comm est resté entre 2,5 % et 2,7 % en 2026 ; les mesures fondamentales de la Banque ne racontent donc pas une seule histoire.

IPC DU CANADA : GLOBAL ET FONDAMENTAL 3,0 % ▲ 1,1 PT AU-DESSUS DE L’IPC-TRONC MENSUEL, VARIATION ANNUELLE  |  SEPT. 2024 À AOÛT 2026
Source : API Valet de la Banque du Canada (IPC-tronc, IPC-méd, IPC-comm) et IPC ensemble de Statistique Canada, août 2026.  |  hdq.ca

L’IPC-tronc exclut les composantes dont les variations de prix sont les plus extrêmes, l’IPC-méd est la variation de prix médiane du panier, et l’IPC-comm suit les mouvements de prix communs à l’ensemble des catégories. L’inflation globale est la variation annuelle de l’IPC ensemble.

Ce que disent réellement les mesures fondamentales

L’IPC-tronc retire les composantes dont les variations de prix sont les plus extrêmes, l’IPC-méd retient la variation de prix médiane du panier, et l’IPC-comm suit les mouvements de prix communs aux catégories. En septembre 2025, l’IPC-tronc et l’IPC-méd étaient tous deux à 3,1 % et l’IPC-comm à 2,7 %.

Depuis, l’IPC-tronc a reculé de 1,2 point pour s’établir à 1,9 % et l’IPC-méd de 1,1 point pour s’établir à 2,0 %, tandis que l’IPC-comm n’est passé que de 2,7 % à 2,6 %. Les deux mesures qui excluent ou atténuent les fortes variations de prix indiquent que l’inflation sous-jacente est à la cible. La mesure conçue pour saisir la pression commune généralisée indique qu’elle est encore supérieure d’environ six dixièmes.

La Banque du Canada considère 2 % comme sa cible et 1 % à 3 % comme sa fourchette de maîtrise de l’inflation. L’inflation globale de 3,0 % se situe au sommet de cette fourchette, tandis que l’IPC-tronc de 1,9 % se situe juste sous le point médian.

Le bond de l’inflation globale, de 1,8 % en février à 3,2 % en mai, a représenté un mouvement de 1,4 point, alors que l’IPC-tronc reculait de 0,3 point sur la même période. Ce profil est compatible avec un choc concentré dans quelques composantes, comme l’énergie, où le brut WTI a clôturé à 97,97 $ jeudi, plutôt qu’avec une accélération généralisée des prix.

Le rapport sur l’emploi accentue le choix de politique

La perte de 68 000 emplois en septembre est venue surtout du secteur public, où l’emploi a reculé de 70 000, un quatrième repli mensuel de suite, les services d’enseignement perdant 35 000 emplois. Cela dépasse le recul net total. Le secteur manufacturier a perdu 13 000 emplois au cours du premier mois complet suivant l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane américains, et le salaire horaire moyen a augmenté de 2,3 % sur un an, contre 2,0 % en août.

Les économistes lisent le rapport différemment. Andrew Grantham, de la CIBC, a dit que la faiblesse des données reflète probablement leur volatilité, et la CIBC s’attend à ce que la Banque maintienne son taux à ses deux dernières réunions de l’année. Claire Fan, de RBC, a qualifié les chiffres mensuels de l’emploi de notoirement volatils. Douglas Porter, de BMO, a décrit l’attitude appropriée comme une attente vigilante, l’emploi demeurant en hausse de 0,5 % sur un an.

Royce Mendes, de Desjardins, a dit que la hausse des prix de l’énergie pourrait forcer un resserrement prochainement, et Thomas Ryan, de Capital Economics, s’attend à ce que la Banque relève son taux à 2,75 %, le point médian d’une fourchette neutre de 2,25 % à 3,25 %, puis s’arrête. Les prix de LSEG rapportés par Reuters situaient les probabilités d’une hausse en octobre à environ 25 %, contre environ 40 % auparavant, et TD Economics situait celles de décembre à 88 %.

La transmission au dollar et aux taux variables

La Réserve fédérale a relevé son taux directeur le 16 septembre à une fourchette de 3,75 % à 4,00 %, ce qui porte l’écart avec le taux de la Banque du Canada, de 2,25 %, à 1,50 à 1,75 point de pourcentage. Le dollar canadien s’est négocié à 1,4275 par dollar américain, soit 70,05 cents US, son plus bas niveau depuis avril 2025, selon Reuters.

Un dollar plus faible renchérit au Canada le prix des produits importés, ce qui est un canal de retour vers l’inflation globale. Le Comité fédéral de l’open market (FOMC) se réunit les 27 et 28 octobre, la veille de la décision de la Banque du Canada ; la Banque aura donc le résultat de la Fed en main.

Une hausse de la Banque du Canada ferait bouger avec elle le taux préférentiel et les versements des prêts hypothécaires à taux variable, tandis que les taux fixes suivent les rendements obligataires, qui réagissent aussi aux rendements américains. Lundi, les questions sont de savoir si l’inflation globale redescend de 3,0 %, se maintient ou monte, et si l’IPC-tronc et l’IPC-méd restent à 2,0 % ou en deçà. Une inflation fondamentale stable appuie le maintien que décrivent TD, la CIBC et BMO, et une inflation fondamentale en hausse ferait monter les probabilités de décembre.