L’indice composé S&P/TSX a gagné 2,28 % mercredi 4 novembre, après le résultat des élections de mi-mandat aux États-Unis, puis a reculé de 736,13 points, soit environ 2,03 %, pour clôturer à 35 605,27 jeudi. Au terme des deux séances, l’indice n’était qu’environ 0,21 % plus haut qu’avant le rebond de mercredi. Chacun des deux mouvements quotidiens était spectaculaire. Pris ensemble, ils s’apparentent à un aller-retour.
Mercredi, les investisseurs ont acheté un argument de clarté politique. Jeudi, l’attention s’est portée sur la possibilité que de nouveaux législateurs et gouverneurs américains ralentissent le déploiement des infrastructures d’intelligence artificielle. Le Nasdaq a cédé 5,52 %, les semi-conducteurs figurant parmi les titres les plus durement touchés. Il n’est pas nécessaire que l’une ou l’autre des explications soit fausse pour que la séquence révèle un problème comportemental : l’événement frappant le plus récent peut sembler le seul qui compte.
Quand la dernière clôture devient toute l’histoire
Le biais de récence est la tendance à accorder trop de poids à ce qui s’est produit le plus récemment. L’heuristique de disponibilité, étudiée par Amos Tversky et Daniel Kahneman, ajoute un problème connexe : l’information vive et facile à rappeler peut sembler plus représentative qu’elle ne l’est. En matière de placement, ces mécanismes peuvent transformer le soulagement de mercredi en raison d’accroître le risque, et la perte de jeudi en raison de le réduire.
Il s’agit d’une interprétation d’une réaction possible de la part d’un client, et non d’une preuve que les investisseurs, en tant que groupe, ont négocié de cette façon. Les données de marché enregistrent des transactions et des prix ; elles ne révèlent pas le motif de chaque acheteur. La distinction compte. Le conseiller qui dit à un client que tout le monde a paniqué substitue un récit à l’évaluation du plan de ce client en particulier.
Les chiffres montrent clairement cette compression. Une hausse de 2,28 % suivie d’une baisse d’environ 2,03 % ne produit pas un gain de 0,25 % par simple soustraction, car le second pourcentage s’applique à une base plus élevée. La composition des deux mouvements quotidiens réels donne un gain net d’environ 0,21 %. L’expérience du portefeuille variera selon la composition de l’actif, les frais, la devise et les flux de trésorerie.
Deux rendements quotidiens sont présentés ; le résultat composé est d’environ +0,21 %, et non la somme arithmétique. Les pourcentages sont arrondis. Aucune des barres ne représente des rendements au niveau des clients.
Le coût vient souvent de la deuxième décision
Les travaux de Barber et Odean sur les investisseurs individuels ont montré que les ménages les plus actifs ont nettement tiré de l’arrière par rapport au marché durant leur période d’échantillonnage. Ce n’est pas une prévision pour cette semaine, et cela n’établit pas que toute opération de négociation est néfaste. Cela montre toutefois pourquoi l’activité entreprise pour soulager un malaise mérite un examen attentif. L’investisseur qui a modifié sa répartition après le rebond et la rétablit après la chute a payé des frais de transaction et possiblement cristallisé des conséquences fiscales, pour revenir à une répartition ressemblant à celle de départ.
Une conversation productive commence avant que le client n’énonce une opinion sur le marché. Demandez ce qui a changé dans les besoins de liquidités, l’horizon de placement ou la capacité à subir des pertes du client. Si rien n’a changé, considérez le mouvement de l’indice comme une information à surveiller, et non comme une consigne de négocier. Si le poids cible d’un actif est sorti d’une bande de tolérance établie, un rééquilibrage peut être envisagé en regard d’une politique documentée plutôt que de la manchette du jour.
Transformer un cycle de nouvelles de 48 heures en fenêtre de décision plus longue
Le prochain test arrive vite : les données américaines sur l’emploi d’octobre sont attendues le 6 novembre, après l’heure de tombée de 7 h 45 (heure de Toronto) de la présente édition, et la décision de la Banque du Canada est prévue le 9 décembre. À la tombée de la rédaction, aucune des deux publications n’était disponible. Les clients n’ont pas besoin de les prédire pour avoir un plan sur la quantité d’incertitude qu’un portefeuille peut supporter.
Une revue utile sépare trois questions : ce qui a été observé, ce qui est inféré, et ce qui entraînerait réellement une modification de la politique de placement. Mercredi et jeudi ont fourni des observations. L’explication de chaque variation de cours est plus contestable. Le rendement requis, la liquidité et le budget de risque du client constituent le cadre décisionnel qui devrait durer plus longtemps que l’une ou l’autre des clôtures.