Les données de l’IPC de juillet publiées par Statistique Canada sont tombées à 8 h 30 ce matin, avec un chiffre qui ressemblait, à première vue, à une histoire familière : l’inflation globale a accéléré à 3,0 % sur douze mois, comparativement à 2,8 % en juin, et cette accélération s’explique presque entièrement par un bond de 25,7 % du prix de l’essence, contre 20,5 % le mois précédent. Les mesures fondamentales ont à peine bougé. L’IPC-médiane est restée à 2,0 %, l’IPC-tronqué à 1,9 %, tous deux essentiellement à la cible de la Banque du Canada.
Prise isolément, il s’agit d’une histoire d’essence, le genre d’écart entre l’inflation globale et les mesures fondamentales que HDQ a déjà signalé et qui s’estompe généralement en un ou deux relevés. Mais le bureau Géopolitique suivait ce matin une tout autre horloge : la suspension de péage de 60 jours accordée par l’Iran en vertu du protocole d’entente du 17 juin a pris fin cette fin de semaine, et l’Autorité du détroit du golfe Persique de Téhéran, l’organisme que le Trésor américain a désigné entité sanctionnée en mai, s’est réservé le droit de recommencer à percevoir des frais de transit sur le transport maritime empruntant le détroit d’Ormuz. L’Iran et Oman demeurent dans l’impasse sur un cadre permanent. Les deux histoires ont été rédigées ce matin par deux bureaux distincts comme deux sujets distincts. Il s’agit du même mécanisme.
L’échéance du péage est déjà intégrée aux données de l’IPC
Le prix de l’essence ne bouge pas au gré du langage diplomatique. Il bouge selon le coût du brut livré, et le complexe pétrolier intègre une prime de risque de guerre persistante dans les barils transitant par le détroit d’Ormuz depuis mars. Une suspension de péage qui expire sans être remplacée par un cadre permanent ne crée pas un nouveau choc de prix comme le ferait une grève ou un blocus. Elle retire un escompte temporaire. Les barils qui ont transité moins cher par le détroit pendant 60 jours en vertu du protocole d’entente portent de nouveau, depuis cette fin de semaine, les mêmes coûts d’assurance et de conformité qui ont poussé le Brent au-delà de 88 $ pendant la majeure partie du mois d’août.
L’indice composé a inscrit cinq clôtures record en six séances avant que vendredi ne mette fin à la série en raison de données molles sur les ventes au détail américaines. La séance de lundi a effacé le recul de vendredi, la vigueur des matières premières ayant compensé la surprise inflationniste.
Ce que la séance a fait du même mécanisme
L’indice composé de la TSX a ouvert en baisse à la suite de la surprise inflationniste et a passé la matinée à remonter la pente, un scénario qui rappellera à quiconque a suivi la séance de vendredi, où une série de cinq clôtures record a pris fin en raison de données molles sur les ventes au détail américaines. En fin de matinée, l’indice avait remonté pour afficher un gain d’environ 42 points, l’énergie et les mines menant la remontée, tandis que les titres technologiques, dont Shopify, sont restés dans le rouge tout au long de la séance.
L’or est le signal révélateur. Le métal a gagné près de 37 $ l’once pour atteindre 4 474,10 $, le mouvement le plus important en une seule séance parmi tous les actifs suivis par HDQ aujourd’hui, devançant même les gains boursiers qu’il a contribué à produire par l’entremise des minières. Un marché qui percevrait la surprise de l’IPC d’aujourd’hui comme du bruit n’aurait pas besoin d’un tel mouvement de l’or en une seule séance. Un marché qui perçoit l’échéance du péage d’Ormuz comme le début d’une réévaluation structurelle du complexe pétrolier, une réévaluation qui se manifeste d’abord dans l’essence, puis dans l’IPC global, puis dans les calculs de la Banque du Canada, se comporte exactement comme il l’a fait aujourd’hui.
Le cadrage qui a prévalu ce matin traitait les données de l’IPC et l’échéance du péage d’Ormuz comme deux bureaux couvrant deux histoires distinctes. Il s’agissait de la même histoire, racontée à quelques heures d’écart.
La progression de l’or a devancé tous les autres actifs de l’ensemble par une large marge, la signature d’un marché qui traite le moteur de la journée comme structurel plutôt que comme une simple surprise inflationniste d’une séance.