L’indice composé S&P/TSX a clôturé la semaine à 36 553,92, en baisse de 66,31 points par rapport aux 36 620,23 du vendredi précédent. Entre les deux se trouvaient un sommet de clôture record, un PIB nettement supérieur aux attentes qui a effacé le débat sur la récession technique au Canada, et une série de solides résultats bancaires. Rien de tout cela n’a suffi à maintenir l’indice en territoire positif une fois que le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, a prononcé vendredi matin son premier discours à Jackson Hole à titre de président de la Fed.

Le record qui a marqué le début de la semaine

La séance de mardi a donné le ton habituel de la période des résultats des banques canadiennes : une nouvelle clôture record de 36 957,63, en hausse de 243,51 points, soit 0,66 %. La Banque Scotia a affiché un trimestre record, avec un rendement des capitaux propres ajusté de 14,2 %, au-dessus de sa propre cible de 14 %, et son titre a bondi de 7,02 % pour atteindre un sommet historique de 128,73 $. BMO a affiché une croissance des bénéfices de 22 %, le bénéfice net des marchés des capitaux ayant bondi de 45 à 46 %, et a annoncé un nouveau programme de rachat d’actions ainsi qu’une hausse de dividende de 5 %. Les titres financiers et des matériaux ont porté le marché. Le secteur de l’énergie n’a pas participé, et cet écart s’est révélé un signe avant-coureur pour la suite de la semaine.

L’indice n’a plus clôturé au-dessus du niveau de mardi depuis. Mercredi a apporté le premier repli, 143,98 points à 36 813,65, alors qu’une inflation américaine plus élevée que prévu a fait chuter les titres aurifères sur toute la ligne et a fait reculer la Banque Nationale de 5,1 % malgré des bénéfices du troisième trimestre supérieurs aux attentes, la seule exception dans une semaine par ailleurs solide pour le secteur. Jeudi a récupéré une partie de ce terrain, clôturant légèrement plus haut, près de 36 834, alors que RBC a déclaré un bénéfice net record de 6,0 milliards de dollars, en hausse de 11 % sur un an, et que le bénéfice net ajusté de la CIBC a augmenté de 26 % pour atteindre 2,65 milliards de dollars, les titres aurifères et énergétiques s’étant tous deux raffermis durant la séance.

Trois journées de baisse, trois raisons différentes

Ce qui mérite un second regard cette semaine n’est pas que l’indice ait reculé pendant trois des cinq séances après un sommet record. Les reculs après un record sont chose courante. Ce qui mérite l’attention d’un conseiller, c’est que chaque baisse s’explique par un catalyseur différent, et qu’aucun des trois n’avait grand-chose à voir avec ce qui se passait au Canada. Mercredi a suivi une surprise inflationniste américaine. La reprise partielle de jeudi a suivi un rebond du pétrole brut lié à la campagne de pression élargie de Washington contre les partenaires commerciaux de l’Iran, ce qui a soutenu les titres énergétiques tout en alimentant les craintes inflationnistes ailleurs dans l’indice. Vendredi a suivi un discours au Wyoming.

Le graphique ci-dessous aligne les cinq clôtures de la semaine sur cette toile de fond. L’écart entre le record de mardi et la clôture de vendredi n’est pas une seule mauvaise journée qui en efface une seule bonne. Ce sont trois histoires distinctes qui se superposent, chacune assez importante à elle seule pour faire bouger l’indice, aucune d’elles ne provenant d’une publication de données canadiennes.

TSX COMPOSÉ, CLÔTURE HEBDOMADAIRE 36 553,92 ▼ -66 PTS SUR LA SEMAINE QUOTIDIEN  |  21 AU 28 AOÛT 2026
Source : La Presse Canadienne via BNN Bloomberg et Yahoo Finance Canada ; Trading Economics. Du 21 au 28 août 2026.  |  hdq.ca

Le record de mardi reflétait l’ouverture de la période des résultats des six grandes banques. Les baisses de mercredi et de vendredi découlaient respectivement d’une donnée sur l’inflation américaine et des propos du président de la Fed, Kevin Warsh, à Jackson Hole, aucune n’ayant son origine au Canada.

Ce que Warsh a réellement dit, et pourquoi l’or a bougé plus que les actions

Statistique Canada a livré vendredi matin le chiffre qu’attendait le pupitre Économie. Le PIB réel a progressé de 0,8 % au deuxième trimestre, un rythme annualisé de 3,3 % qui a dépassé la propre prévision de juillet de la Banque du Canada, fixée à 2,5 %, et qui marque la croissance trimestrielle la plus rapide depuis le début de 2023. Une révision de routine a également transformé la contraction déclarée du premier trimestre en légère expansion annualisée de 0,3 %, ce qui rend désormais caduc le débat sur la récession technique qui planait sur Bay Street depuis mai.

Le TSX a ouvert en hausse sur cette donnée et s’est brièvement négocié au-dessus de la clôture de jeudi. Puis, à 10 h HE, Warsh a pris la parole à Jackson Hole pour ses premières remarques approfondies depuis son entrée en fonction en mai, affirmant que la tendance sous-jacente de l’inflation ne s’était pas véritablement améliorée, que la stabilité des prix demeurait la priorité absolue de la Fed, et que les probabilités d’une hausse en septembre avaient augmenté. Les négociateurs ont réagi en faisant grimper à 57 % la probabilité implicite d’une hausse de la Fed lors de la réunion de septembre, en forte hausse par rapport au niveau observé en matinée.

Ces mêmes onze mots ont fait bouger quatre actifs selon quatre ampleurs différentes, et l’écart entre eux constitue le signal le plus utile pour un portefeuille exposé de façon significative aux actions canadiennes et aux métaux précieux.

MOUVEMENT DE VENDREDI, QUATRE ACTIFS, UN DISCOURS -2,88 % ▼ L’OR A LE PLUS CHUTÉ SÉANCE  |  28 AOÛT 2026
Source : La Presse Canadienne, 28 août 2026 ; couverture de CNBC et Yahoo Finance des propos de Warsh à Jackson Hole.  |  hdq.ca

Variation en pourcentage entre la clôture de jeudi et celle de vendredi pour chaque actif. Les chiffres de l’or et du TSX reflètent respectivement les cours de règlement des contrats à terme et de l’indice ; la clôture presque stable du Dow est survenue après l’effacement d’un gain antérieur de plus de 200 points.

Ce que cela signifie pour la semaine à venir

La Banque du Canada rendra sa propre décision sur les taux mercredi, le 2 septembre, et les marchés monétaires continuent de prévoir un maintien quasi certain, même après le PIB meilleur que prévu de vendredi. Le débat s’est déplacé : il ne porte plus sur une possible baisse de la Banque, mais sur une éventuelle hausse en décembre, une possibilité désormais évaluée à près de 46 % selon les prix du marché, en hausse par rapport à son niveau avant la publication des données. Le PIB a changé l’explication de la patience de la Banque. Il n’a pas changé la décision elle-même.

Pour les portefeuilles exposés de façon significative aux titres financiers canadiens et aux métaux précieux, la véritable leçon de la semaine se trouve dans l’écart entre mardi et vendredi. L’histoire intérieure, des résultats bancaires records, un PIB meilleur que prévu, une récession effacée, a été aussi solide qu’elle l’a été depuis des années. La réaction du marché à cette histoire n’a duré qu’une seule séance avant que trois jours consécutifs de signaux de politique monétaire américaine ne prennent le relais. Voilà qui vaut la peine d’être rappelé la prochaine fois qu’une solide publication de données canadiennes semble à elle seule pouvoir faire bouger l’indice.