Le Brent a clôturé à 95,70 $ le 2 septembre, en hausse de 4,5 % en deux séances, après que les États-Unis ont frappé l’île iranienne de Larak le 30 août. Le Pentagone a indiqué que la frappe visait des lance-roquettes en préparation pour tirer des mines navales dans le détroit d’Ormuz. L’Iran a répliqué par des frappes contre des actifs américains en Jordanie et aux Émirats arabes unis, le premier échange majeur entre les deux camps en plus d’un mois.

Une cible d’une autre nature

Pendant la majeure partie des six derniers mois, le risque intégré au prix du pétrole tenait du harcèlement : les forces iraniennes menaçant des pétroliers isolés, percevant des péages, saisissant à l’occasion un navire. Le détroit d’Ormuz est effectivement fermé à la navigation commerciale normale depuis 185 jours, le débit tournant à environ 7 % des 85 navires par jour qui y transitaient avant le début de la crise en février, et l’assurance risque de guerre atteignant désormais jusqu’à 10 millions de dollars par voyage de supéropétrolier. La marine américaine a continué d’escorter environ 30 navires à travers le détroit la plupart des nuits malgré la fermeture nominale.

Une menace de minage contre le détroit lui-même constitue une catégorie de risque différente. Le harcèlement ralentit et taxe la navigation. Un chenal miné le ferme, aussi longtemps que dure le déminage, peu importe le nombre de navires que la marine américaine est prête à escorter. Cette distinction explique pourquoi la réaction du Brent à la frappe du 30 août a été plus vive que sa réaction à la plupart des escarmouches isolées de l’été.

Le cours de clôture quotidien du Brent au cours du dernier mois montre une remontée soutenue tout au long d’août, qui s’est fortement accélérée après la frappe sur l’île de Larak, passant de 88,37 $ le 31 août à 95,70 $ le 2 septembre.

BRENT : CLÔTURE QUOTIDIENNE 95,70 $ ▲ +4,5 % CLÔTURE QUOTIDIENNE  |  3 AOÛT AU 2 SEPT. 2026
Source : Investing.com, données de règlement quotidien du Brent, 2 septembre 2026.  |  hdq.ca

Données de clôture quotidienne. L’accélération survenue après le 30 août a suivi une frappe américaine sur l’île iranienne de Larak, visant des lance-roquettes que le Pentagone a dit être préparés pour tirer des mines navales dans le détroit.

Hypothèse de base et risque extrême pour les portefeuilles canadiens

L’hypothèse de base, reflétée par les marchés prédictifs qui n’intègrent qu’une probabilité de 1 % d’un retour à la normale d’ici le 15 septembre et de 27 % d’ici la fin de l’année, veut que la perturbation se poursuive à peu près à son niveau actuel : gérée, coûteuse, mais pas existentielle pour l’offre mondiale. Cette hypothèse de base a déjà soutenu les titres énergétiques canadiens, le sous-indice énergie du TSX suivant la remontée du Brent tout au long de l’été.

Le risque extrême est une opération de minage réussie qui fermerait carrément le détroit, même brièvement. Ce scénario pousserait le Brent bien au-delà de son sommet de mars, au-dessus de 100 $, selon un calendrier que la Banque du Canada a déjà signalé comme un déclencheur pour s’écarter de son maintien actuel. Les détenteurs de titres énergétiques canadiens en bénéficient dans les deux cas à court terme. Les secteurs sensibles aux taux, les financières, les FPI et les obligations à longue duration, ne s’en tirent pas aussi bien.