L’Agence du revenu du Canada a maintenu son taux d’intérêt prescrit à 3 % pour le quatrième trimestre de 2026, un sixième trimestre consécutif sans changement. Pour les clients qui utilisent des prêts au taux prescrit afin de fractionner un revenu de placement avec un conjoint ou une fiducie familiale, ou pour les comptes de sociétés qui utilisent des prêts aux actionnaires indexés sur le même taux de référence, cette stabilité est la nouvelle du jour. Ce qui suit ne l’est pas.

Le taux prescrit est établi trimestriellement à partir du rendement des bons du Trésor du gouvernement du Canada, avec un décalage intégré au calcul. Le rendement de l’obligation du gouvernement du Canada à 5 ans, un instrument apparenté mais distinct qui détermine le coût des emprunts à taux fixe à plus long terme, a clôturé à 3,43 % le 8 septembre, en hausse par rapport à 3,22 % deux semaines plus tôt. Le mouvement a commencé avant la décision de la Réserve fédérale que les investisseurs considèrent aujourd’hui comme quasi certaine, une probabilité de 92,7 % d’une hausse selon CME FedWatch, a fait grimper les rendements nord-américains sur l’ensemble de la courbe depuis.

Le pont de planification au niveau du compte

Les prêts au taux prescrit fonctionnent en prêtant de l’argent au taux de l’ARC à un conjoint à revenu moindre, à un partenaire ou à une fiducie familiale au profit d’enfants adultes, l’emprunteur investissant les fonds et payant l’impôt sur le revenu qui en découle dans sa tranche d’imposition inférieure. Plus le taux verrouillé est bas, plus l’écart est grand entre ce que coûte le prêt et ce que le placement peut raisonnablement rapporter. Un ajustement du taux de 3 % à un niveau plus élevé au premier trimestre de 2027 n’annule pas les prêts existants structurés à 3 %, mais il augmente le coût de la mise en place d’un nouveau prêt une fois l’ajustement en vigueur.

La même logique s’applique aux prêts aux actionnaires au sein des sociétés privées sous contrôle canadien (SPCC), où le taux prescrit sert de référence pour les règles sur les prêts sans intérêt ou à taux inférieur au marché en vertu de la Loi de l’impôt sur le revenu. Les structures fiduciaires qui reposent sur un prêt familial au taux prescrit font face à la même question de synchronisation : le taux disponible aujourd’hui n’est pas garanti d’être celui offert dans quatre-vingt-dix jours.

Pourquoi la fenêtre est bien réelle, pas hypothétique

Le rendement de l’obligation du gouvernement du Canada à 5 ans a grimpé pendant la fin août et le début septembre, les marchés intégrant une hausse de taux de la Fed jugée quasi certaine, et il se situe bien au-dessus du plancher de 3 % du taux prescrit à l’approche de cette décision.

GOC 5 ANS : RENDEMENT DE L’OBLIGATION DU GOUVERNEMENT DU CANADA À 5 ANS 3,43 % ▲ 0,6 % QUOTIDIEN  |  18 AOÛT AU 8 SEPT. 2026
Source : données de clôture quotidienne du rendement de l’obligation du gouvernement du Canada à 5 ans, Investing.com.  |  hdq.ca

Le rendement de l’obligation du gouvernement du Canada à 5 ans a grimpé d’environ 15 points de base depuis la fin août, les marchés intégrant une hausse de taux de la Fed jugée quasi certaine, se maintenant bien au-dessus du taux prescrit de 3 % de l’ARC en vigueur depuis six trimestres consécutifs. Source : données de clôture quotidienne d’Investing.com.

Une hausse du rendement à 5 ans ne détermine pas mécaniquement le taux prescrit du trimestre suivant, que l’ARC calcule à partir du rendement des bons du Trésor à court terme plutôt que du taux de référence à 5 ans. Mais les deux ont évolué de concert à travers chaque cycle de resserrement dans l’ensemble de données actuel, et une hausse de la Fed qui fait grimper l’ensemble de la courbe des taux nord-américaine est le genre d’événement qui se manifeste dans les deux.

Ce que cela signifie au-delà du prêt lui-même

Le même contexte de taux se manifeste dans un coin moins discrétionnaire du bilan. La Société canadienne d’hypothèques et de logement a signalé une dette hypothécaire résidentielle supérieure à 2 400 milliards de dollars à la fin de 2025, en hausse de 4,8 % sur un an, le taux de défaillance de plus de 90 jours grimpant à 0,24 % à l’échelle nationale à mesure que les termes fixes du début des années 2020 arrivent à renouvellement dans un contexte de taux plus élevés. Un client qui envisage de mettre en place un nouveau prêt au taux prescrit ce trimestre est très souvent le même client qui renouvelle une hypothèque à un taux nettement différent de celui qu’il avait signé il y a cinq ans, et les deux discussions devraient avoir lieu dans la même rencontre.