Le pétrole a grimpé de plus de 50 % depuis le début juillet à mesure que le conflit dans le détroit d’Ormuz entre dans son troisième mois, et l’histoire ne se limite plus aux marchés de l’énergie. Elle constitue désormais l’un des facteurs que la Réserve fédérale soupèse dans une décision de taux cet après-midi, que CME FedWatch évalue à une probabilité de 92,7 % d’une hausse. Pour les portefeuilles canadiens, la chaîne relie une voie maritime à l’autre bout du monde à un taux directeur américain, puis au dollar canadien et au secteur de l’énergie du TSX, et chaque maillon de cette chaîne est désormais actif à la fois.

Ce qui s’est réellement passé

Les forces américaines ont frappé deux lance-roquettes iraniens sur l’île de Larak, dans le détroit d’Ormuz, plus tôt ce mois-ci, ciblant des positions du Corps des gardiens de la révolution islamique décrites comme se préparant à déployer des mines marines. L’Iran a riposté avec des missiles balistiques et des drones contre des installations américaines en Jordanie ; les défenses aériennes jordaniennes en ont intercepté huit. Le trafic commercial dans le détroit s’est effondré à environ cinq navires par jour, bien en deçà de la norme d’avant le conflit, et un pipeline est-ouest saoudien demeure hors service en raison de dommages subis lors d’une attaque distincte, les autorités s’attendant à une résolution en quelques jours plutôt qu’en semaines.

Les États-Unis ont également mis en place un blocus naval autour du détroit : 83 navires redirigés, trois immobilisés, deux arraisonnés en date de la fin août, selon les informations disponibles sur cette impasse. Rien de tout cela n’est une information nouvelle en ce sens que ce serait du jamais vu, le conflit dure depuis deux mois, mais l’ampleur de la perturbation du transport maritime physique ne s’est pas atténuée, même si les prix reculent parfois en fonction des données sur la demande ou les stocks.

Scénario de base et risque extrême

Le scénario de base demeure celui d’une perturbation contenue et coûteuse plutôt qu’une fermeture complète du détroit : suffisamment de pétroliers continuent de circuler, redirigés ou escortés, pour que l’approvisionnement mondial ne soit pas rompu. Le risque extrême serait une campagne de minage plus vaste ou une frappe qui endommage un terminal de chargement majeur plutôt qu’un lance-roquettes, ce qui ferait bouger le prix du pétrole en une seule séance plutôt que sur un trimestre. HDQ a déjà souligné cette distinction et elle tient toujours : le marché intègre une perturbation élevée mais continue, et non le scénario peu probable d’une fermeture pure et simple du détroit.

Le graphique ci-dessous suit le brut WTI tout au long du conflit, depuis un creux d’avant l’escalade près de 68,55 $ le baril au début juillet jusqu’à une clôture au-dessus de 103,81 $ aujourd’hui, incluant un bref recul lié à une hausse déclarée de 7,1 millions de barils des stocks américains cette semaine.

WTI : BRUT WEST TEXAS INTERMEDIATE 103,81 $ US ▼ 0,8 % QUOTIDIEN  |  6 JUILL. AU 16 SEPT. 2026
Source : données de clôture quotidienne du WTI, Investing.com et FRED (DCOILWTICO).  |  hdq.ca

Le WTI a grimpé en trois vagues distinctes depuis le début juillet, à mesure que le conflit dans le détroit d’Ormuz s’intensifiait, le récent recul étant attribuable à une hausse déclarée des stocks américains plutôt qu’à un apaisement du conflit sous-jacent. Source : Investing.com, FRED.

Le canal de transmission canadien

Le principal bénéficiaire direct est le sous-indice énergie du TSX, qui a suivi de près le mouvement du pétrole alors que l’indice composé plus large n’a pas suivi le rythme, une divergence que la section Marchés couvre en détail aujourd’hui. Le canal moins évident passe simultanément par Ottawa et Washington : la hausse des prix de l’énergie est le principal moteur de l’inflation globale canadienne ce mois-ci, et cette même histoire énergétique constitue un intrant documenté dans une décision de la Réserve fédérale qui, si elle se concrétise comme prévu, élargit l’écart de politique entre la Banque du Canada et la Fed. Un conseiller canadien dont les clients sont concentrés dans les titres énergétiques détient un bénéficiaire direct du conflit. Un conseiller canadien dont les clients sont exposés à une devise qui s’affaiblit ou à une inflation importée détient l’autre côté de la même histoire.