La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre, une septième décision consécutive sans changement depuis la baisse d’octobre 2025. Deux semaines plus tard, la Réserve fédérale a relevé sa fourchette cible de 25 points de base, à 3,75-4,00 %, sa première hausse depuis 2023. Les deux décisions, prises ensemble, en disent plus sur l’état de chaque économie que chacune séparément.
Les deux banques centrales avaient réduit leur taux la même semaine d’octobre 2025, la Banque du Canada à 2,25 % et la Fed à 4,00 % en fourchette supérieure, resserrant l’écart entre elles à 175 points de base à ce moment, puis à 150 points de base d’ici décembre, la Fed continuant de baisser pendant que la Banque du Canada maintenait son taux. La hausse de la Fed en septembre a rouvert cet écart à 175 points de base, annulant en une seule décision neuf mois de convergence.
Pourquoi la Banque du Canada ne peut pas suivre
L’inflation canadienne s’est établie à 3,0 % en août, inchangée par rapport à juillet, les mesures fondamentales se situant plus près de 2,2 % et l’essence expliquant l’essentiel du dépassement de la cible. Des membres du Conseil de direction ont été clairs : les nouveaux tarifs américains et les contre-mesures canadiennes qui ont suivi l’échec des pourparlers commerciaux posent à eux seuls des risques pour la reprise, sans qu’il soit nécessaire d’y ajouter une hausse de taux. Le PIB du deuxième trimestre a progressé de 3,3 % grâce à un rebond généralisé, mais le taux de chômage est resté à 6,4 % en juillet, la demande de main-d’œuvre demeurant qualifiée de faible par la Banque.
L’écart de taux entre les deux banques centrales évolue dans une bande étroite depuis deux ans, et l’élargissement actuel le ramène au haut de cette fourchette plutôt que sur un territoire inédit.
L’écart reflète le mandat intérieur propre à chaque banque centrale plutôt qu’une coordination entre elles. La Banque du Canada a réduit son taux pour la dernière fois en octobre 2025 et le maintient depuis à 2,25 %, tandis que la Réserve fédérale a continué de le réduire jusqu’en décembre 2025 avant de changer de cap en septembre 2026.
Ce que l’écart grandissant signifie pour l’obligation à cinq ans
Un écart plus large attire les capitaux vers les actifs en dollars américains et ajoute de la pression sur le dollar canadien, qui a évolué près d’un creux de six semaines contre le dollar américain après la décision de la Fed. La Banque du Canada ne cible pas directement la devise, mais un huard plus faible augmente le coût des biens importés, alimentant la même inflation que la Banque surveille déjà. Pour le mur de renouvellements hypothécaires qui se forme d’ici 2026 et 2027, le lien le plus direct passe par le rendement de l’obligation du gouvernement du Canada à cinq ans, qui fixe les taux hypothécaires fixes et réagit aux rendements du Trésor américain autant qu’à tout geste de la Banque du Canada au pays.
Rien de tout cela n’engage la Banque du Canada à relever son propre taux. Cela signifie cependant que l’hypothèse facile, selon laquelle un taux directeur canadien stable implique un contexte d’emprunt stable, ne tient plus tant que la Fed bouge et que le Canada reste immobile.