Le Brent et le WTI ont tous deux franchi 100 dollars le baril, la reprise des affrontements entre forces américaines et iraniennes ravivant les craintes pour l’approvisionnement pétrolier au Moyen-Orient. Les flux dans le détroit d’Ormuz, le corridor qui achemine environ un cinquième du commerce mondial de pétrole, se sont effondrés sous 2 millions de barils par jour, contre 8 à 9 millions avant la reprise des affrontements le 2 septembre, selon le suiveur de tankers Kpler. Pas un seul pétrolier géant n’est sorti du détroit depuis cette date.
Ce qu’un choc pétrolier fait vraiment à un portefeuille canadien
Le mécanisme passe par trois canaux qu’on peut nommer précisément. Les producteurs pétroliers canadiens dont la production n’est pas couverte captent directement le prix plus élevé, et le sous-indice énergétique du TSX a surperformé l’indice composé pendant tout le mouvement, même si le TSX lui-même a reculé pour des raisons de taux ailleurs dans l’indice. Deuxièmement, un choc d’offre soutenu fait grimper les coûts intrants dans toute l’économie, s’ajoutant à la même inflation que surveille déjà la Banque du Canada. Troisièmement, un pétrole élevé soutient habituellement le dollar canadien, une relation qui ne tient pas ce mois-ci parce que la hausse de taux de la Réserve fédérale attire les capitaux vers le dollar américain au même moment.
Le WTI a grimpé d’environ 20 % depuis la mi-août, la quasi-totalité du mouvement s’étant concentrée dans les deux semaines suivant la reprise des affrontements entre forces américaines et iraniennes et l’effondrement du trafic de tankers dans le détroit d’Ormuz.
Le WTI est passé d’environ 85 dollars à la mi-août à plus de 100 dollars après la reprise des affrontements entre forces américaines et iraniennes le 2 septembre, ce qui a fait s’effondrer le trafic de tankers dans le détroit d’Ormuz. Les flux dans le détroit sont tombés d’environ 8 à 9 millions de barils par jour à moins de 2 millions, selon Kpler.
Un risque extrême, pas le scénario de base, pour l’instant
Le scénario à nommer explicitement est une fermeture totale du détroit plutôt que la perturbation actuelle, ce qui retirerait un volume de pétrole que le marché mondial n’a jamais eu à absorber d’un coup. Cela demeure un risque extrême plutôt que le scénario de base : même aux niveaux de flux actuels, le pétrole continue de circuler dans le détroit, à une fraction de son volume habituel seulement, et l’Agence internationale de l’énergie signale que les stocks mondiaux ont déjà été puisés de 69 millions de barils en juillet pour amortir l’impact. Une fermeture totale constituerait un événement d’une ampleur bien différente de la perturbation actuelle, et rien dans les données de flux actuelles n’en annonce une.
L’hypothèse de travail est que les flux restent déprimés et volatils sans s’arrêter complètement, ce qui maintient le pétrole élevé sans produire le genre de choc qui forcerait une réaction soudaine de la Banque du Canada. Une fermeture du détroit demeure le scénario à surveiller, pas celui que le prix actuel reflète déjà.