Le pétrole a grimpé aujourd’hui. Le dollar canadien s’est affaibli quand même.

Le Brent a progressé de 2,5 % à 105,69 $ le baril cet après-midi après que Reuters a rapporté que des négociateurs américains et iraniens à New York discutent d’une entente progressive pour rouvrir le détroit d’Hormuz au transport commercial, reculant par rapport à un sommet de séance antérieur près de 108 $ survenu après une salve de missiles houthis contre l’Arabie saoudite. Le West Texas Intermediate a progressé de 2,3 % à 94,30 $. Les deux indices de référence sont en hausse de plus de 10 % pour le mois.

Selon le scénario habituel, ce mouvement aurait dû produire la meilleure journée possible pour le dollar canadien. Les titres énergétiques de la TSX, dont Suncor, Canadian Natural Resources et Cenovus, ont mené le volume d’échanges alors que les investisseurs se sont portés acquéreurs dans la remontée. Au lieu de cela, le taux USD/CAD a progressé de 0,30 % à 1,4143, ce qui signifie que le huard s’est affaibli le même après-midi où son moteur le plus évident se renforçait.

La raison se trouve dans le marché obligataire, pas dans le marché pétrolier. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre, avec un ton que la plupart des salles des marchés ont jugé légèrement restrictif. Le rendement des obligations d’État du Canada à 10 ans n’a bougé que d’environ 3,83 % lundi à 3,95 % à la clôture de mercredi, une hausse d’environ 12 points de base. Sur la même période, le taux américain à 10 ans a bondi d’environ 4,90 % à 5,12 %, son plus haut niveau depuis 2007, sur fond d’une lecture éclair de l’indice composite PMI en forte hausse et d’une adjudication décevante de 70 milliards de dollars en bons du Trésor à cinq ans.

Le pétrole, le dollar canadien et les actions nord-américaines ont tous réagi à la même nouvelle de l’après-midi sur les pourparlers à Hormuz, et l’ampleur et la direction de chacun de ces mouvements ne correspondent pas à ce que prédirait le scénario habituel liant l’énergie et la devise.

XASSET : VARIATION DU JOUR PAR MARCHÉ BRENT +2,5 % ▼ HUARD PLUS FAIBLE DE 0,3 % INTRAJOURNALIER  |  24 SEPT. 2026
Source : CNBC, rapport sur les prix du pétrole et les pourparlers à Hormuz, 24 septembre 2026. MTFX Group, perspectives quotidiennes sur le dollar canadien, 24 septembre 2026. Investing.com, indicateur en direct multiactif, 24 septembre 2026.  |  hdq.ca

L’énergie a mené toutes les catégories d’actifs pendant la séance, tandis que les actions sont restées à peu près stables. Le dollar canadien a évolué à l’opposé de ce que sa corrélation habituelle avec le pétrole aurait laissé prévoir.

Les actions ont pardonné la flambée des taux cet après-midi. Les obligations, jamais.

En début d’après-midi, les actions nord-américaines avaient largement digéré le choc des taux du matin. Le Dow Jones Industrial Average ne reculait que de 0,26 %, le S&P 500 était pratiquement stable et le Nasdaq Composite avait ramené sa perte à 0,02 %, chacun se redressant après une chute plus marquée en matinée à la suite d’une lecture éclair de l’indice composite PMI de septembre à 58,4, le rythme le plus rapide de l’activité économique américaine en plus de cinq ans. Le même rapport de désescalade sur Hormuz qui a fait grimper le pétrole a aussi donné aux investisseurs en actions une raison de faire abstraction du choc des taux.

Le marché obligataire n’a pas montré la même indulgence. Le taux à 10 ans a clôturé près de 5,12 % cet après-midi, son plus haut niveau depuis 2007, après avoir grimpé pendant presque toutes les séances depuis la fin août, sans revirement comparable en après-midi.

US10Y : RENDEMENT DU BON DU TRÉSOR AMÉRICAIN À 10 ANS 5,12 % ▲ +0,014 (0,27 %) QUOTIDIEN  |  24 AOÛT AU 24 SEPT. 2026
Source : Investing.com, données historiques sur le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans, 24 septembre 2026.  |  hdq.ca

Le taux a augmenté pendant presque toutes les séances depuis la fin août, avec le bond le plus marqué en une seule journée le 23 septembre, à la suite d’une lecture éclair du PMI en forte hausse et d’une adjudication décevante d’obligations à cinq ans. Aucun revirement comparable n’a suivi les nouvelles de l’après-midi sur Hormuz.

Le marché obligataire interprète la lecture du PMI comme une preuve durable que la Réserve fédérale a encore du resserrement à venir, les marchés à terme attribuant maintenant une probabilité d’environ 70 % à une hausse de taux en octobre. Le marché boursier interprète les pourparlers à Hormuz comme une preuve durable que la prime de risque géopolitique dans le pétrole commence à se résorber. Les deux lectures ne peuvent pas dominer le récit très longtemps.

Pour les conseillers canadiens, la complication est que les données de la demande intérieure s’affaiblissent au même moment. Les ventes au détail ont reculé de 0,7 % en juillet, un résultat plus faible que l’estimation préliminaire publiée par Statistique Canada, même si un rebond est attendu en août. Un consommateur qui ralentit joue contre l’idée que la Banque du Canada referme bientôt l’écart de taux avec la Réserve fédérale, ce qui ramène directement au mécanisme décrit dans la première section. Demain matin, il faudra voir si le taux du Trésor à 10 ans se maintient près de 5,12 % ou commence à reculer : cette réponse, plus que la nouvelle sur le pétrole, dira quel marché a bien lu la situation aujourd’hui.