Mercredi a rompu la corrélation avec le pétrole, pas vendredi

L’indice composé S&P/TSX a clôturé à 35 800,89 vendredi, presque stable pour la semaine et 208 points sous le niveau de 36 009,40 où il avait clôturé lundi. Cette variation nette de 0,2 % cache une semaine qui a oscillé de plus de 600 points du sommet au creux, et la direction de cette oscillation n’a pas suivi le pétrole comme elle l’avait fait pendant la majeure partie des deux derniers mois.

Mercredi a produit le plus important mouvement de la semaine : l’indice a chuté de 584,18 points, à 35 751,43, un repli que la Bourse a attribué aux pertes du secteur des matériaux de base, et non à l’énergie. Le pétrole brut West Texas Intermediate avait déjà commencé à redescendre de son sommet de la mi-septembre à ce moment-là, passant d’un prix supérieur à 107 $ le baril le 15 septembre à moins de 97 $ lundi. Si l’ancien schéma avait tenu, une baisse du prix du pétrole aurait dû tirer vers le bas les titres énergétiques canadiens et entraîner l’ensemble de l’indice avec eux. Ce sont plutôt les matériaux qui ont mené la baisse de mercredi.

Vendredi a effacé une partie de la perte, portée par les secteurs de la consommation discrétionnaire, des services financiers et des fiducies de placement immobilier. L’énergie n’a pas davantage mené la remontée qu’elle n’avait mené le repli de mercredi. Pour un marché qui se négocie depuis deux mois comme un pari à effet de levier sur le détroit d’Ormuz, le fait marquant est qu’au cours de cette semaine, la pire journée de baisse et la journée de reprise se soient toutes deux jouées dans des secteurs autres que l’énergie, plus notable encore que la variation nette hebdomadaire elle-même.

Le récit des rendements que le pétrole a laissé de côté

Le TSX s’est maintenu dans une fourchette d’environ 630 points sur les cinq semaines présentées, la baisse de mercredi et la reprise de vendredi se situant toutes deux nettement à l’intérieur de la fourchette établie par le sommet du 3 septembre, près de 36 633, et la clôture du 25 août à 36 957,60.

INDICE COMPOSÉ TSX 35 800,89 ▲ 0,26 % QUOTIDIEN  |  25 AOÛT AU 25 SEPT. 2026
Source : Yahoo Finance Canada, données de clôture quotidienne de l’indice composé S&P/TSX, du 25 août au 25 septembre 2026.  |  hdq.ca

La baisse de mercredi reflète des pertes concentrées dans le secteur des matériaux de base plutôt que dans l’énergie. La clôture de vendredi, à 35 800,89, se situe 0,58 % sous le niveau où l’indice avait clôturé lundi.

Alors que le brut WTI est descendu vers 93 $ le baril vendredi, après un sommet de plus de 107 $ le 15 septembre, le marché obligataire a évolué en sens inverse. Le rendement du Trésor américain à 10 ans a clôturé à 5,18 % jeudi, en hausse par rapport à 4,96 % le lundi précédent, un nouveau sommet en deux décennies alimenté par des données montrant que les coûts des intrants progressent à leur rythme le plus rapide en quatre ans, ainsi que par des propos du gouverneur de la Réserve fédérale Michael Barr appuyant l’idée d’une hausse de taux si l’inflation ne se modère pas bientôt. Le taux à 30 ans a atteint 5,47 % le même jour, prolongeant une remontée ayant franchi pour la première fois son niveau le plus élevé depuis 2007 dès le mois d’août.

Cette divergence importe parce que les deux récits étaient censés évoluer ensemble. La prime intégrée dans le pétrole et celle intégrée dans les rendements obligataires remontent toutes deux au même conflit : le risque lié à l’offre d’un côté, le risque inflationniste de l’autre. Cette semaine, la prime géopolitique dans le pétrole s’est comprimée à la suite de rapports faisant état d’une possible avancée vers une trêve entre les États-Unis et l’Iran, tandis que la prime inflationniste dans les rendements a continué de croître sur la base de données concrètes qui n’ont rien à voir avec un cessez-le-feu. Les rendements des obligations du gouvernement du Canada ont suivi la hausse américaine tout au long de septembre, ce qui constitue le canal de transmission le plus déterminant pour le renouvellement des prêts hypothécaires, plus que le prix du pétrole lui-même.

Ce que le huard reflète vraiment

Le taux USD/CAD a clôturé la semaine près de 1,4147, prolongeant une troisième semaine consécutive de baisse pour le dollar canadien. La lecture classique du huard le rattache au pétrole : une baisse du prix du brut devrait affaiblir davantage le CAD, et un prix stable ou en hausse devrait lui offrir un appui. Le pétrole a fortement chuté cette semaine, pourtant la faiblesse du CAD était déjà installée avant mercredi, et la devise ne s’est pas redressée avec le rebond du TSX vendredi comme cette corrélation l’aurait laissé prévoir.

L’explication la plus utile se trouve du côté de l’écart de rendement. Les obligations du gouvernement du Canada à deux ans affichent un rendement près de 3,35 %, contre un taux court terme américain qui les dépasse largement, un écart approchant 150 points de base en faveur du dollar américain. La Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 % et ne se réunit de nouveau que le 28 octobre. D’ici là, chaque point de base ajouté par le taux américain à 10 ans sans mouvement équivalent au Canada élargit l’écart que le huard intègre dans son prix, indépendamment de ce que fera le pétrole par la suite.

Un rallye du secteur énergétique canadien aiderait le CAD à sa façon. Il ne suffirait pas, si l’on se fie à cette semaine, à contrebalancer une Réserve fédérale qui semble plus proche d’une hausse de taux que d’une baisse.