Le PIB réel canadien est resté inchangé en juillet, a annoncé Statistique Canada le 29 septembre, après une hausse de 0,4 % en juin, selon RBC Economics. La production était supérieure de 1,4 % à celle d’un an plus tôt. L’estimation préliminaire de l’organisme pour août laisse entrevoir une croissance de 0,2 %, et la Banque Nationale du Canada calcule que, sans croissance en septembre, le troisième trimestre progresserait à un rythme annualisé de 2,0 %. Le deuxième trimestre avait progressé de 3,3 % en rythme annualisé, de sorte que l’économie se refroidit après un printemps vigoureux au lieu de caler.

Ce que la lecture stable de juillet dissimule

Le chiffre global stable résulte de fortes compensations. La construction a progressé de 1,3 %, quatrième hausse mensuelle consécutive, les services publics de 1,7 % et les services d’hébergement et de restauration de 0,8 %. La fabrication a reculé de 0,9 %, le commerce de détail de 1,0 % et le commerce de gros de 0,4 %, a rapporté RBC. L’extraction minière, l’exploitation en carrière et l’extraction de pétrole et de gaz ont aussi reculé, selon BNN Bloomberg, et la Banque Nationale a noté que la production de biens et celle de services étaient toutes deux stables.

RBC attribue le ralentissement à l’essoufflement des appuis, puisque les gains antérieurs provenaient de la reprise de la production automobile et du commerce net. Les États-Unis ont mis en vigueur le 22 août des droits de douane de 50 % sur certaines exportations canadiennes, de sorte que les chiffres de juillet les précèdent.

Le PIB réel mensuel a évolué dans une fourchette étroite autour de zéro durant l’hiver, a bondi en avril et est revenu à une croissance nulle, l’estimation préliminaire de 0,2 % pour août maintenant le troisième trimestre sur une trajectoire modérée.

PIB RÉEL DU CANADA, VARIATION MENSUELLE 0,0 % ▼ 0,4 PT PAR RAPPORT À JUIN D’UN MOIS À L’AUTRE  |  AOÛT 2025 À AOÛT 2026
Source : Statistique Canada, par l’entremise de YCharts (août 2025 à mai 2026) ; Statistique Canada, par l’entremise de RBC Economics et de la Banque Nationale du Canada (juin à août 2026), 29 septembre 2026.  |  hdq.ca

PIB réel aux prix de base, désaisonnalisé, variation d’un mois à l’autre. Août 2026 correspond à l’estimation préliminaire de Statistique Canada, qui sera révisée. Les mois précédents sont sujets à révision, et juin reflète le chiffre révisé de 0,4 % publié avec les données de juillet.

Le T3 suit toujours environ 2 %, avec peu de marge

Les prévisionnistes sont très proches pour le troisième trimestre. La Banque Nationale table sur 2,0 % en rythme annualisé, TD Economics décrit un rythme solide d’environ 2 % et RBC prévoit environ 1,8 %. Chaque chiffre repose sur une estimation d’août que Statistique Canada dit devoir réviser et sur un mois de septembre qui n’a pas encore été mesuré. HDQ interprète un trimestre de 1,8 % à 2,0 % comme une croissance modérée, et non une contraction, bien qu’un septembre faible laisserait peu de marge. Cette lecture est une déduction de HDQ.

Le marché du travail envoie un signal plus faible

L’emploi a reculé de 42 000 en août après trois hausses mensuelles totalisant 181 000, et le taux de chômage est resté à 6,4 %, contre 7,1 % un an plus tôt, a rapporté RBC. La croissance des salaires a ralenti à 2 % sur un an, la plus lente en cinq ans, tandis que les heures travaillées ont augmenté de 0,6 % dans le mois. Les nouveaux droits de douane sont arrivés trop tard en août pour se refléter dans l’enquête, a noté RBC.

TD Economics décrit un marché du travail qui reste en mode de reprise. Avec une croissance des salaires de 2 %, HDQ voit peu de pression salariale intérieure poussant l’inflation à la hausse, ce qui fait des prix de l’énergie la principale source de risque d’inflation.

Trois prévisionnistes, une décision le 28 octobre

L’inflation globale est restée à 3,0 % en août, l’essence ayant augmenté de 22,8 % sur un an, tandis que les mesures fondamentales de la moyenne tronquée et de la médiane ont atteint en moyenne environ 2,0 %, selon Babypips. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre pour la septième fois consécutive, et le gouverneur Macklem a prévenu que les risques à la hausse pour l’inflation s’étaient accrus.

TD Economics s’attend à ce que la banque reste inactive pour l’instant, citant une croissance intérieure inégale, un marché du travail en reprise et une incertitude élevée. Le scénario de base de RBC est un maintien jusqu’à la fin de 2026 et des hausses graduelles en 2027, avec des risques penchant vers des hausses plus hâtives. L’économiste de la Banque Nationale Alexandra Ducharme a écrit que la patience manifestée face au choc pétrolier pourrait être mise à l’épreuve au quatrième trimestre si les coûts de l’énergie se répercutent sur l’inflation générale. Les swaps indexés sur le taux à un jour laissaient entrevoir, au 25 septembre, une probabilité de 59 % d’une hausse de 15 points de base le 28 octobre, selon BlueGamma.

Les données de croissance dont on dispose ne plaident pas pour une hausse, et le maintien du 2 septembre reposait sur une inflation fondamentale voisine de 2,0 %. HDQ considère donc la décision du 28 octobre comme un jugement sur la question de savoir si l’inflation globale, tirée par l’essence, gagne les mesures fondamentales, la publication de l’IPC de septembre le 19 octobre constituant le dernier intrant majeur. Pour les emprunteurs à taux variable et les ménages qui renouvellent une hypothèque, la distinction compte, car une hausse motivée par les prix de l’énergie surviendrait alors que la croissance ralentit. Il s’agit d’une déduction de HDQ.