Les prix à la consommation au Canada ont augmenté de 3,0 % en août sur un an, un deuxième mois de suite à ce niveau, qui correspond au plafond de la fourchette de maîtrise de 1 % à 3 % de la Banque du Canada. Le produit intérieur brut est resté stable en juillet, avec une estimation préliminaire de croissance de 0,2 % pour août. Une inflation au sommet de la fourchette et une croissance proche de zéro forment la combinaison que la Banque doit peser au moment d’annoncer sa prochaine décision, le 28 octobre.

L’énergie fait le gros du travail

Les prix de l’essence étaient supérieurs de 22,8 % à ceux d’il y a un an en août, après 25,7 % en juillet. Sans l’essence, les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 %, contre 2,2 % en juillet. Les deux mesures de l’inflation fondamentale que la Banque suit de plus près ont peu varié, à 1,9 % pour l’IPC-tronq et à 2,0 % pour l’IPC-méd. L’inflation des produits d’épicerie, à 2,8 %, est passée sous le taux global pour la première fois depuis juillet 2024, selon la publication d’août.

Les prix ont reculé de 0,1 % sur le mois avant désaisonnalisation et progressé de 0,2 % après. L’évolution du taux global dépend donc surtout d’une seule composante. Statistique Canada attribue la hausse de l’essence au conflit au Moyen-Orient, y compris le blocus du détroit d’Ormuz.

L’inflation globale est passée d’un creux de 1,8 % en février, mois du début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, à 3,0 % en août, ce qui la place au sommet de la fourchette de maîtrise alors que les mesures fondamentales se situent à la cible de 2 %.

INFLATION IPC AU CANADA : SUR 12 MOIS 3,0 % ▲ 1,2 PT DEPUIS FÉVRIER MENSUEL  |  JANV. 2025 À AOÛT 2026
Source : Statistique Canada, via WealthNorth.ca et Trading Economics ; Banque du Canada.  |  hdq.ca

La Banque du Canada mène sa politique monétaire en fonction d’une cible d’inflation de 2 % au sein d’une fourchette de maîtrise de 1 % à 3 %. Les mesures fondamentales d’août 2026 s’établissaient à 1,9 % (IPC-tronq) et à 2,0 % (IPC-méd).

La croissance offre moins de marge

Le PIB réel est resté inchangé en juillet, la fabrication reculant de 0,9 %, l’extraction minière, pétrolière et gazière de 0,5 % et le commerce de détail de 1,0 %, et Statistique Canada a signalé une estimation préliminaire de croissance de 0,2 % pour août. Cette faiblesse fait suite à un deuxième trimestre où la croissance annualisée a atteint 3,3 %, de sorte que le mois stable survient après une période vigoureuse plutôt qu’au sein d’un ralentissement.

La composition compte pour la politique monétaire. Un choc des prix de l’énergie fait monter l’inflation globale et réduit en même temps le pouvoir d’achat des ménages, ce qui tire les deux volets du mandat de la Banque dans des directions opposées. Une banque centrale peut faire abstraction d’une hausse ponctuelle du niveau des prix, mais seulement tant que les mesures fondamentales restent proches de la cible et que les attentes de salaires et de prix tiennent.

La décision du 28 octobre

Le taux directeur est de 2,25 % depuis le 29 octobre 2025, et la Banque l’a maintenu à chaque décision depuis. La Réserve fédérale a relevé sa fourchette de 25 points de base, à 3,75 %-4,00 %, le 16 septembre, ce qui place le taux directeur canadien de 1,50 à 1,75 point de pourcentage sous la fourchette américaine. Le rendement des obligations du gouvernement du Canada à 10 ans était de 3,87 % le 18 septembre, contre un creux de 3,04 % sur 52 semaines, et les taux hypothécaires fixes ont suivi les rendements obligataires à la hausse sans aucun mouvement du taux directeur.

Le gouverneur Tiff Macklem a déclaré dans un discours du 21 septembre que la Banque ne voulait pas tarder à réagir si les pressions inflationnistes devenaient plus persistantes. Les marchés prévoient au moins une hausse d’ici la fin de l’année, alors que TD Économie s’attend à ce que la Banque maintienne son taux pour le reste de 2026.

Ce qui changerait la donne

Le scénario de référence est un maintien du taux le 28 octobre, le Rapport sur la politique monétaire présentant les nouvelles prévisions. La publication de l’IPC de septembre, le 19 octobre, est la donnée qui peut changer la situation. Si les mesures fondamentales demeurent proches de 2 %, le choc énergétique reste un changement de niveau du taux global dont la Banque peut faire abstraction. Si l’IPC-tronq ou l’IPC-méd se rapproche de 2,5 %, le choc se propage aux prix sous-jacents, et l’argument en faveur d’une première hausse depuis les cycles de 2022 et de 2023 se renforce.