Le TSX a perdu 3,6 % depuis le 26 août, tandis que le S&P 500 a gagné 3,3 % pour un Canadien qui le détient en dollars canadiens, et les créations d’emplois sous les attentes vendredi n’ont rien fait pour réduire l’écart de rendement qui explique la différence.
Des emplois sous les attentes ont soutenu les actions et laissé les rendements en hausse
Les employeurs américains ont ajouté 29 000 emplois en septembre, contre 84 000 prévus, et le taux de chômage s’est établi à 4,2 %, contre 4,1 % attendu, a rapporté TheStreet. Les actions y ont vu un soulagement. L’indice composé S&P/TSX a gagné 0,99 % pour clôturer à 35 502,65, mettant fin à quatre séances de recul qui l’avaient mené à un creux d’un mois de 35 154,76 jeudi, et le VIX a reculé à 15,31 contre 16,39.
Le marché des titres du Trésor n’a pas suivi. Selon les données du département du Trésor, le rendement à 2 ans a clôturé à 4,83 %, en hausse de 5 points de base par rapport à jeudi, et celui à 10 ans à 5,28 %, en hausse de 4 points de base et à un point de base sous les 5,29 % atteints le 30 septembre, la clôture la plus élevée de la période illustrée. Bill Adams, de Fifth Third Commercial Bank, a soutenu qu’un rapport sur l’emploi médiocre n’est pas assez faible pour détourner la Fed de son attention à l’inflation.
Les rendements du Trésor ont clôturé en hausse après la publication des emplois, celui à 2 ans terminant 83 points de base au-dessus du haut de la fourchette des fonds fédéraux.
La Réserve fédérale a relevé la fourchette cible des fonds fédéraux à un niveau compris entre 3,75 % et 4,00 % le 16 septembre. Les rendements du Trésor au pair sont des relevés de fin de journée ; les valeurs du 2 octobre reflètent donc déjà la publication des emplois.
La Fed a relevé cette fourchette, désormais de 3,75 % à 4,00 %, le 16 septembre, et 16 des 18 participants du comité prévoyaient une autre hausse cette année, selon un résumé de la réunion publié par Chase. Un seul chiffre d’emploi faible n’a pas comblé un écart de 83 points de base entre le rendement à 2 ans et le haut de la fourchette.
La devise a porté le rendement que le TSX n’a pas produit
Le USD/CAD a clôturé près de 1,4252 vendredi, selon Investing.com, soit 2,7 % de plus que sa clôture de 1,3875 du 26 août. Ce seul mouvement a transformé un gain de 0,6 % du S&P 500 en dollars américains en un gain de 3,3 % en dollars canadiens. Sur la même période, le TSX a perdu 3,6 %.
Le S&P 500 a gagné 3,3 % en dollars canadiens depuis le 26 août, alors que le TSX a perdu 3,6 %, et la devise explique 2,7 points de cet écart de 6,9 points.
Le S&P 500 en dollars canadiens correspond à sa clôture quotidienne multipliée par la clôture du USD/CAD, les trois séries étant indexées au 26 août. Les deux séries d’actions sont des rendements de cours, et le 7 septembre est omis parce que les marchés boursiers américains et canadiens étaient fermés.
Des données américaines faibles n’ont pas soutenu le huard. Selon Investing.com, le dollar canadien n’a pas progressé après la publication des emplois, tandis que le WTI reculait de 3,7 % à 89,34 $, sur des signes d’amélioration de l’offre et des discussions en Europe sur la libération de stocks de diesel. Le pétrole se négocie en fonction de l’offre plutôt que de la diplomatie, et vendredi son recul a coïncidé avec un huard plus faible plutôt que plus fort.
Ce que l’écart signifie à l’approche du 28 octobre
La Banque du Canada et la Fed rendent toutes deux leur décision le 28 octobre. Le rendement canadien à 2 ans a clôturé jeudi à 3,27 %, soit 102 points de base au-dessus du taux directeur de 2,25 % ; le marché obligataire canadien est donc déjà positionné pour des hausses. La courbe américaine est allée plus loin : le rendement américain à 2 ans a gagné 64 points de base depuis le 26 août, passant de 4,19 % à 4,83 %, tandis que le rendement canadien à 2 ans avait gagné 34 points de base jusqu’à jeudi, de 2,93 % à 3,27 %. L’écart entre les deux s’établissait à 151 points de base jeudi, contre 126 points de base le 26 août.
Les données de vendredi ont laissé cet écart intact, et la Banque du Canada n’avait pas encore publié les rendements canadiens de la séance au moment de la rédaction. Tant que la composante américaine continue de se repositionner, le signe le plus clair d’un resserrement de l’écart serait une clôture du USD/CAD sous le niveau de jeudi, 1,4220, accompagnée d’un rendement canadien à 2 ans en hausse plus rapide que le rendement américain à 2 ans. Faute de quoi, ce qui séparera les portefeuilles canadiens tiendra moins à ce que fait le TSX qu’à l’importance de leur exposition au dollar américain.