L’IPC global du Canada s’établissait à 3,0 % en août, mais l’IPC-tronqué était de 1,9 % et l’IPC-médian de 2,0 %, selon les données de la Banque du Canada. Un an plus tôt, le tableau était l’image inversée : l’IPC global était de 1,9 % en août 2025 tandis que l’IPC-tronqué se situait à 3,0 %.

Cette inversion forme la toile de fond de la décision du 28 octobre sur le taux. Le taux directeur de la Banque du Canada est de 2,25 % après un septième maintien consécutif le 2 septembre, et les marchés prévoient au moins une hausse de 25 points de base d’ici la fin de l’année.

Ce qui tire l’indice global

Les prix de l’essence ont augmenté de 22,8 % sur un an en août, contre 33,2 % en mai, 20,5 % en juin et 25,7 % en juillet, selon les résumés de Trading Economics de la publication de Statistique Canada. Excluant l’essence, l’inflation était de 2,2 %. Les prix de l’énergie sont élevés parce que le conflit en Iran, qui a débuté le 28 février, perturbe le transport maritime dans le détroit d’Ormuz depuis plus de sept mois.

Sur les 12 mois jusqu’en août, l’IPC global a gagné 1,1 point de pourcentage tandis que l’IPC-tronqué en a perdu 1,1. L’IPC global est passé de 1,9 % à 3,0 % et l’IPC-tronqué de 3,0 % à 1,9 %, les courbes se croisant en mars 2026 quand l’inflation de l’essence s’est installée.

L’IPC global est demeuré au-dessus des deux mesures fondamentales depuis mars, l’écart avec l’IPC-tronqué ayant atteint un sommet de 1,2 point en mai.

INFLATION AU CANADA : GLOBALE ET FONDAMENTALE 3,0 % ▲ +1,1 PT PAR RAPPORT À L’IPC-TRONQUÉ MENSUEL, SUR 12 MOIS  |  AOÛT 2025 À AOÛT 2026
Source : Banque du Canada, IPC et mesures de l’inflation fondamentale (données de Statistique Canada), août 2025 à août 2026.  |  hdq.ca

L’IPC-tronqué et l’IPC-médian sont des mesures fondamentales de la Banque du Canada désaisonnalisées ; l’IPC global est la variation sur 12 mois de l’indice de l’ensemble des produits. La ligne pointillée indique la cible d’inflation de 2 % de la Banque du Canada.

Pourquoi la Banque ne lit pas que l’inflation fondamentale

Les arguments en faveur de la patience ressortent clairement des données. L’inflation fondamentale est à la cible de 2 %, et le Rapport sur la politique monétaire de juillet de la Banque du Canada prévoyait une croissance du PIB de 0,7 % en 2026. TD Economics s’attend toujours à un maintien.

Les arguments en faveur d’une action préventive reposent sur ce que l’inflation fondamentale ne capte pas. Le gouverneur Tiff Macklem a affirmé que les risques à la hausse pour l’inflation ont augmenté, et il a déclaré dans un discours prononcé à Halifax le 21 septembre que la Banque ne veut pas tarder à relever ses taux. La Réserve fédérale a relevé son taux directeur de 25 points de base à 3,75 % à 4,00 % le 16 septembre, ce qui laisse la Banque du Canada au moins 150 points de base sous son homologue américaine. Le huard se négociait près de 1,426 $ CA pour 1 $ US mercredi après avoir touché 1,4293 $ CA, un creux de 18 mois, plus tôt dans la semaine. Une devise plus faible renchérit les importations, un canal que les mesures fondamentales ne captent qu’avec un décalage.

La tarification du marché reflète ce second argument. Le rendement des obligations du gouvernement du Canada à 2 ans était de 3,267 % mercredi, 102 points de base au-dessus du taux directeur, et celui à 10 ans était de 3,985 %.

Trois dates avant la décision

L’Enquête sur la population active du 9 octobre affiche un consensus de 9 000 nouveaux emplois nets. L’IPC de septembre suit le 19 octobre, l’IPC-tronqué et l’IPC-médian étant les lectures qui comptent le plus. Si les deux se maintiennent à 2,0 % ou moins, l’argument en faveur d’une hausse repose uniquement sur l’inflation globale et les pressions externes.

La Banque du Canada annoncera ensuite sa décision le 28 octobre, accompagnée d’un Rapport sur la politique monétaire qui présente son nouveau modèle de prévision Prima. Les taux hypothécaires fixes suivent la courbe des obligations du gouvernement du Canada, sur laquelle le marché a déjà pris de l’avance sur la Banque.