Statistique Canada a annoncé le 19 octobre que l’IPC de septembre avait progressé de 3,1 % sur un an, un dixième sous le consensus de 3,2 %. Les mesures fondamentales que surveille la Banque du Canada racontaient autre chose : l’IPC-tronq a ralenti à 1,8 % et l’IPC-méd à 1,9 %, tous deux sous la cible de 2 %. Neuf jours plus tard, la Banque a relevé son taux directeur à 2,5 %.
Pourquoi une banque centrale hausse son taux malgré une inflation fondamentale faible
La décision repose sur un mécanisme plutôt que sur le chiffre courant. Dans son communiqué du 28 octobre, la Banque a dit avoir agi pour réduire le risque que la persistance de prix élevés de l’énergie se répercute largement sur les prix des autres biens et services. Elle a ajouté que d’autres hausses pourraient être nécessaires, mais que le Conseil de direction avait convenu de procéder avec prudence vu les incertitudes.
Le Rapport sur la politique monétaire a relevé la prévision d’inflation pour 2027 à 3,1 % contre 2,0 % et repoussé le retour à la cible de 2 % à la mi-2028. Le gouverneur Tiff Macklem a dit que le principal argument en faveur d’une hausse était que les prix de l’énergie sont plus élevés, devraient le rester, et que les pressions sur les coûts s’accumulent.
Les mesures fondamentales servent à vérifier si cette propagation a commencé, et jusqu’ici ce n’est pas le cas. L’IPC-tronq est passé de 3,1 % en septembre 2025 à 1,8 %, et l’IPC-comm a ralenti à 2,4 % contre 2,6 %. La hausse est une mesure préventive contre les effets de second tour, et non une réponse à des pressions généralisées déjà visibles dans les données.
L’IPC global a dépassé l’IPC-tronq en mars 2026 et l’écart a atteint 1,3 point de pourcentage en septembre, le profil d’une hausse tirée par l’énergie plutôt qu’une hausse généralisée.
L’IPC global a dépassé l’IPC-tronq en mars 2026 et l’écart a atteint 1,3 point de pourcentage en septembre. L’IPC-tronq exclut les 40 % du panier dont les variations mensuelles de prix sont les plus extrêmes.
Ce que Macklem a dit au Parlement le 3 novembre
Devant le Comité permanent des finances de la Chambre des communes le 3 novembre, Macklem a dit que d’autres hausses de taux pourraient être nécessaires parce que la guerre au Moyen-Orient maintient les prix de l’énergie à un niveau plus élevé. La Banque prévoit une croissance du PIB de 1 % en 2026 et d’environ 2 % en 2027 et en 2028, après une croissance de 3,3 % au deuxième trimestre et une estimation de 2 % au troisième. La croissance devrait ralentir au quatrième trimestre sous l’effet des nouveaux droits de douane américains avant de se redresser en 2027.
Il a aussi dit que la hausse des prix du pétrole et des marges de raffinage fait grimper les coûts pour les consommateurs et les entreprises, et qu’une plus forte répercussion sur l’inflation est attendue dans les prochains mois. Scotiabank Economics a noté que le PIB mensuel est ressorti plus faible que prévu depuis la hausse, et que la Banque a insisté sur la dépendance aux données et sur les effets décalés des hausses de taux.
Le pétrole a donné un signal mitigé cette semaine. Reuters a rapporté que le pétrole a reculé de plus de 7 % lundi sur l’espoir d’une fin de la guerre avec l’Iran, et Scotiabank Economics a noté que les prix étaient environ 2 % plus élevés mardi.
La transmission passe par le rendement à cinq ans
Le rendement des obligations du gouvernement du Canada à cinq ans a clôturé à 3,51 % le 3 novembre, en hausse de 0,03 point de pourcentage sur la journée et en baisse de 0,11 point sur le dernier mois. Il demeure 0,80 point au-dessus de son niveau d’il y a un an, selon Trading Economics. Le rendement à 10 ans se situait à 3,79 %.
Les taux hypothécaires fixes sont établis à partir du rendement à cinq ans, tandis que les prêts hypothécaires à taux variable et les marges de crédit sur valeur domiciliaire suivent directement le taux directeur. Les ménages qui renouvellent un prêt hypothécaire à taux fixe font face à une référence supérieure de 0,80 point à celle d’il y a un an, et les emprunteurs à taux variable peuvent s’attendre à une nouvelle hausse.
Le calendrier des données met rapidement à l’épreuve le cadre de la Banque. Le budget 2026 est déposé le 5 novembre, le directeur parlementaire du budget avertissant que les déficits seront en moyenne de 3 milliards de dollars plus élevés chaque année sur cinq ans. L’Enquête sur la population active d’octobre suit le 6 novembre, et la prochaine publication de l’IPC est prévue le 16 novembre. Une lecture de l’IPC-tronq de nouveau au-dessus de 2 % serait la première preuve que la propagation des coûts de l’énergie a commencé.