Le VIX a clôturé à 21,15 le lundi 2 novembre, puis a reculé à 16,61 le mercredi 4 novembre, sous sa clôture de 16,91 du 28 octobre, jour où la Banque du Canada a relevé son taux cible du financement à un jour à 2,5 %. Les investisseurs les plus exposés à ce renversement étaient ceux qui avaient agi sur le premier chiffre.
L’indice composé S&P/TSX a progressé de 2,28 % pour clôturer à 36 341,40 le 4 novembre, son plus fort gain quotidien en sept mois, après la victoire des démocrates dans les deux chambres du Congrès. Le brut WTI a réglé en baisse de 8,29 % à 88,12 $ US, l’or a gagné 3,29 % à 4 070,20 $ US et le S&P 500 a pris 1,58 %.
Le phénomène porte un nom. C’est l’aversion aux pertes appliquée à une courte fenêtre d’évaluation, et elle explique pourquoi un événement daté dont l’issue est inconnue provoque des ventes avant que le résultat soit connu.
L’aversion myope aux pertes a dicté les cours de la semaine précédant le vote
Daniel Kahneman et Amos Tversky, en publiant la théorie des perspectives en 1979, ont montré que les gens pèsent davantage les pertes que les gains équivalents. Shlomo Benartzi et Richard Thaler ont prolongé l’idée en 1995 avec l’aversion myope aux pertes, soit la combinaison de l’aversion aux pertes et de l’évaluation fréquente du portefeuille. Ils ont constaté que la prime de risque historique des actions s’accorde avec la théorie des perspectives si les investisseurs évaluent leur portefeuille environ une fois par an. Raccourcissez la fenêtre et les actions paraissent plus risquées que leur long historique ne le justifie.
Octobre a fourni la fenêtre courte. Le VIX est passé de 14,84 le 9 octobre à 21,15 le 2 novembre, soit une hausse de 42,5 %, sur une période comprenant le maintien de la Réserve fédérale à une fourchette de 3,75 % à 4,00 % par 10 voix contre 2 le 28 octobre, la gouverneure Lisa Cook et la présidente de la Fed de Cleveland, Beth Hammack, ayant exprimé leur dissidence en faveur d’une hausse. La Banque du Canada a relevé son taux le même jour, après une lecture de l’inflation de septembre à 3,1 %, tirée par une essence en hausse de 27,8 % sur un an.
Le VIX a ensuite rendu environ 70 % de sa hausse d’octobre en une seule séance. L’indice est passé de 20,83 le 3 novembre à 16,61 le 4 novembre, par rapport à une montée de 5,99 points depuis le creux du 9 octobre. Le parcours ci-dessous montre à quel point le soulagement a été rapide comparativement à la peur.
Le VIX mesure la volatilité implicite à 30 jours des options sur le S&P 500. Le repère du 28 octobre coïncide avec la hausse de la Banque du Canada et le maintien de la Réserve fédérale, et celui du 3 novembre correspond à la date des élections américaines de mi-mandat.
Le récit est arrivé avant les preuves
À la clôture du 4 novembre, le marché s’était arrêté sur un récit. Andrew Slimmon, de Morgan Stanley Investment Management, et Jay Woods, de Freedom Capital Markets, ont tous deux présenté un Congrès divisé comme une impasse législative, historiquement favorable aux actions. Jordan Watson, de Tandem Investment Advisors, a prévenu que la remontée, et la rotation hors des titres liés à l’IA, pourraient s’avérer temporaires.
Le plus important mouvement de prix de la journée n’a pas touché les actions. Le WTI a reculé de 8,29 % après que le vice-président JD Vance a attribué les pertes républicaines à la guerre en Iran, qui a fait monter l’inflation. Thierry Wizman, de Macquarie Group, a estimé que le principal effet de politique pourrait être un ralentissement de la construction de centres de données. Une cause unique et nette séduit parce qu’elle ramène un mouvement à plusieurs variables à une seule phrase, et c’est dans cette compression que s’insinue l’excès de confiance.
Brad Barber et Terrance Odean ont documenté en 2000 le coût de l’excès de confiance dans la négociation. Parmi 66 465 ménages clients d’un grand courtier à escompte de 1991 à 1996, ceux qui négociaient le plus ont obtenu 11,4 % par an, alors que le marché rapportait 17,9 %. Les négociateurs les plus actifs ne manquaient pas d’information. Ils manquaient de retenue au moment où le récit paraissait le plus certain.
Ce que dit encore la courbe de volatilité
Le VIX au comptant, à 16,61, se situe sous les lectures à plus long terme. Le VIX à trois mois a clôturé le 4 novembre à 18,80 et celui à un an à 21,83, de sorte que le marché des options prévoit encore plus de turbulence que ne le laisse croire le soulagement électoral. Les prochains tests datés sont la décision de la Banque du Canada le 9 décembre et la réunion de la Réserve fédérale les 8 et 9 décembre. Avant la réunion du 28 octobre, l’outil FedWatch du CME donnait 73 % de probabilité à une hausse de la Fed en décembre, selon Kiplinger.
La trajectoire des taux canadiens ajoute une seconde pression. Les marchés anticipent quatre hausses d’un quart de point de la Banque du Canada d’ici la fin de 2027, en comptant celle du 28 octobre, ce qui porterait le taux directeur à 3,25 %. Dans un sondage Reuters auprès de 29 économistes mené du 21 au 23 octobre, 16 s’attendaient à une autre hausse avant la fin de mars 2027.
La comptabilité mentale, concept élaboré par Thaler pour expliquer comment les ménages répartissent l’argent en budgets mentaux distincts, prédit qu’un versement mensuel fixe est suivi séparément de la valeur du portefeuille. Sur un prêt hypothécaire à taux variable de 500 000 $ au taux préférentiel moins 0,50 %, le versement mensuel passe d’environ 2 617 $ à 2 685 $, soit 68 $ de plus. Un versement de cette ampleur peut orienter un comportement qu’un gain de portefeuille de 2,28 % n’oriente pas, ce qui explique pourquoi la semaine a comporté deux types de pression que l’indice boursier ne pouvait pas montrer.