L’histoire du détroit d’Ormuz que le pupitre Géopolitique a établie ce matin était étroite : non pas une réouverture, mais un corridor temporaire administré par l’Iran pour 60 jours, que les responsables des deux camps décrivent en termes contradictoires. Les données de clôture de mercredi confirment que le marché pétrolier est la seule partie de Wall Street ou de Bay Street qui semble avoir lu ce cadre attentivement.

Le marché qui n’achète pas la manchette

L’indice composé TSX a clôturé en hausse de 480,44 points à 36 282,03 mercredi, sa deuxième clôture record consécutive, le Dow, le S&P 500 et le Nasdaq terminant eux aussi en hausse. Chaque grand indice de référence nord-américain a saisi la manchette de désescalade dans le détroit d’Ormuz et les propos de l’administration Trump évoquant un accord dès mercredi, et en a profité.

Le contrat de septembre du WTI, non. Il a clôturé en baisse de 61 cents à 75,16 $ le baril, un mouvement de moins de un pour cent. Si la séance de mercredi avait vraiment intégré une réouverture d’un goulot d’étranglement qui achemine environ un cinquième du flux pétrolier maritime mondial, le brut n’aurait pas clôturé presque stable. Il a clôturé comme le fait un marché qui a déjà escompté un arrangement partiel et réversible plutôt qu’une résolution.

TABLEAU DE CLÔTURE MULTI-ACTIFS DE LA SÉANCE +3,52 % ▲ L’OR EN TÊTE QUOTIDIEN  |  CLÔTURE DU 5 AOÛT 2026
Source : rapport de clôture des marchés de La Presse Canadienne, 5 août 2026.  |  hdq.ca

Chaque grand indice nord-américain a clôturé en hausse aux côtés de l’or, un jumelage inhabituel pour une séance portée par l’optimisme de désescalade. Le brut WTI a été le seul actif du groupe à clôturer en baisse.

L’or a acheté l’assurance dont le rallye n’avait pas besoin, si ce rallye est réel

Le contrat de décembre sur l’or a clôturé en hausse de 146,20 $ à 4 298,80 $ l’once, un gain de 3,52 pour cent, le plus fort mouvement en une seule séance de tous les actifs suivis par HDQ mercredi. Ce n’est pas une coïncidence. Le fait que l’or bondisse le plus fortement lors de la même séance où les actions établissent des records révèle que les flux avisés de ce marché ne choisissent pas entre le pari sur l’accord de paix et la couverture contre son échec. Ils achètent les deux.

Cette combinaison correspond à ce que le pupitre Comportement a établi ce matin : le taux de base des manchettes sur le détroit d’Ormuz durant ce cycle montre qu’environ la moitié se sont inversées en moins d’une semaine. Un investisseur qui a observé ce profil se répéter pendant trois mois a une raison rationnelle de conserver son exposition à l’or à travers une séance record pour les actions plutôt que de s’en retirer. La propre pondération en matériaux du TSX, chargée de producteurs de métaux précieux, signifie que la clôture record de mercredi était elle-même en partie un pari sur l’or déguisé en indice.

INDICE COMPOSÉ TSX : MARCHE RECORD DE TROIS SÉANCES 36 282,03 ▲ +1,34 % CLÔTURE QUOTIDIENNE  |  3 AU 5 AOÛT 2026
Source : Groupe TMX, rapports quotidiens de clôture des marchés de La Presse Canadienne, 3 au 5 août 2026.  |  hdq.ca

Chaque séance cette semaine a produit un nouveau record de clôture, le gain de 480,44 points de mercredi suivant la hausse de 575,45 points de mardi. Les deux séances ont été portées par la technologie, les matériaux et les manchettes de désescalade dans le détroit d’Ormuz.

Ce que jeudi met vraiment à l’épreuve

Les propos du secrétaire au Trésor Bessent, selon lesquels un accord est possible aujourd’hui ou demain, sont le genre de déclaration qui a déjà précédé autant des percées que des revirements dans ce conflit. Le signal à surveiller pour la séance de jeudi n’est pas un autre record boursier. C’est plutôt de savoir si le WTI dépasse le mouvement d’environ un pour cent enregistré mercredi. Un mouvement du brut de trois pour cent ou plus dans un sens ou l’autre signifierait que le marché pétrolier a enfin pris position quant à savoir si ces pourparlers sur le corridor deviennent réels. D’ici là, les données de clôture de mercredi décrivent deux marchés distincts qui intègrent deux histoires distinctes sous un même ensemble de manchettes.