Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé lundi que Téhéran n’est actuellement pas en pourparlers directs avec Washington et a répété que la réouverture du détroit d’Ormuz exige que les États-Unis lèvent leur blocus naval sur le transport maritime iranien et versent une compensation pour les dommages. Quelques heures plus tôt, le président Trump a déclaré à Axios que les États-Unis « ne font que semi-négocier », s’appuyant sur le blocus plutôt que sur de nouvelles frappes pour faire pression sur Téhéran. Les deux gouvernements, le même jour, ont pointé le même mécanisme précis.

C’est une affirmation plus étroite que celle que les marchés intégraient ce matin. Les échanges matinaux montraient le WTI et le Brent en hausse de moins de 1,5 %, cohérent avec les conditions préalables d’allègement des sanctions et de réparations de guerre déjà signalées par la couverture de ce matin. En début d’après-midi, le WTI avait grimpé à 81,50 $ et le Brent à 87,09 $, tous deux en hausse d’environ 4,2 % par rapport au règlement de vendredi, parce que l’impasse porte désormais sur un fait précis et vérifiable plutôt que sur une liste diffuse de revendications.

Le blocus, voilà le point de friction, pas la liste de conditions préalables

La chaîne qui compte est celle-ci : la description que fait Trump lui-même de la stratégie américaine, s’appuyant sur le blocus plutôt que sur de nouvelles frappes, correspond fonctionnellement à la même position que cite l’Iran pour expliquer pourquoi le détroit d’Ormuz reste contraint. Quand les deux camps décrivent l’obstacle dans les mêmes termes, le marché le juge plus durable qu’un échange de revendications opposées, et il ajuste ses prix en conséquence.

L’aller-retour du WTI, de son sommet de 87 $ en juillet jusqu’à son creux post-rapport sur l’emploi puis son retour au-dessus de 81 $, retrace presque exactement les semaines pendant lesquelles ce discours sur le blocus s’est durci.

BRUT WTI, QUOTIDIEN 81,50 $ ▲ +4,2 % 10 JUILL. AU 10 AOÛT 2026
Source : Investing.com, données historiques de règlement quotidien des contrats à terme sur le pétrole WTI, du 10 juillet au 9 août 2026, plus les échanges du début d’après-midi du 10 août.  |  hdq.ca

Le règlement du WTI près de 78 $ vendredi se situait presque exactement à son point de départ du début juillet, ce qui signifie que le dernier mois a bouclé un cycle complet avant le mouvement de cet après-midi.

L’or et le huard ne suivent pas le mouvement

Si aujourd’hui était un relais net entre l’histoire de l’or et celle du pétrole, l’or reculerait au même rythme que l’avancée du pétrole. Ce n’est pas le cas. L’or au comptant s’est maintenu dans la fourchette de 4 330 $ à 4 335 $ durant la séance, en baisse seulement modeste par rapport à la clôture de vendredi près de 4 401 $, et toujours près de son plus haut niveau depuis le début de juin. L’histoire de la réévaluation de la Fed observée vendredi, un rapport américain faible sur l’emploi qui a fait passer les probabilités de hausse en septembre d’environ deux sur trois à environ quatre sur dix, reste active et n’a pas été supplantée par la manchette pétrolière d’aujourd’hui.

Le dollar canadien est le cas le plus surprenant. Il est resté essentiellement stable près de 71,7 à 71,8 cents US durant la séance, même si le rendement obligataire du gouvernement du Canada à 10 ans a grimpé à 3,68 %, un nouveau sommet de plusieurs mois, et même si le pétrole, une exportation canadienne, a rallié de 4 %. D’ordinaire, l’une ou l’autre de ces forces suffit à elle seule à soutenir le huard. Aujourd’hui, ni l’une ni l’autre ne l’a fait, ce qui suggère que les marchés des devises traitent l’incertitude renouvelée sur Ormuz comme une source d’aversion au risque généralisée plutôt que comme un vent favorable de pétromonnaie, annulant le même avantage de taux que la couverture du bureau Économie de ce matin désignait comme argument pour une hausse de la BdC.

Le TSX a établi un nouveau record sans l’aide de l’or

L’indice composé S&P/TSX a poussé jusqu’à un record intrajournalier de 36 443,23 en fin de matinée, au-dessus de la clôture record de vendredi de 36 381,23, le secteur de l’énergie en hausse de 3,1 % accomplissant le travail que les mineurs aurifères avaient fait vendredi. Le leadership a réellement tourné, exactement comme l’anticipait la couverture des marchés de ce matin. Ce qui n’était pas anticipé, c’est que l’indice a continué d’établir des sommets, peu importe quel secteur le portait.

Placer la clôture de vendredi à côté du relevé de ce début d’après-midi sur six actifs montre le pétrole et l’énergie évoluant dans une direction, tandis que l’or, le huard et l’indice élargi enregistrent à peine le virage.

PORTRAIT DE SIX ACTIFS, MÊME JOUR LUN. 10 AOÛT 4 EN HAUSSE, 2 EN BAISSE C. CLÔTURE DE VENDREDI
Source : Trading Economics, pages Canada Stock Market Index, Currency, Government Bond Yield et Gold, 10 août 2026; couverture pétrolière de CNBC et Reuters, 10 août 2026.  |  hdq.ca

Les chiffres de l’indice composé S&P/TSX et du dollar canadien reflètent des relevés intrajournaliers et de ce début d’après-midi, plutôt que la clôture de 16 h.

Pour les portefeuilles, le risque cette semaine n’est pas d’avoir couru après le mouvement de l’or vendredi. C’est de présumer que le leadership de l’énergie d’aujourd’hui est plus durable que ne l’était celui de l’or vendredi, alors que l’indice a maintenant démontré qu’il peut établir des records sur l’un comme sur l’autre.