Le TSX Composite a touché un sommet intrajournalier record de 36 844,73 jeudi. Le S&P 500 a établi son propre record la même semaine. La plupart des semaines, ce serait toute l’histoire : un rallye calme et généralisé.
Cette semaine n’a pas été de ce genre. Le Brent a grimpé de plus de 5 % à 87,84 $ et le WTI a gagné une proportion similaire pour atteindre 82,40 $, les deux évoluant sur fond d’escalade du conflit avec l’Iran, et non sur un signal de croissance robuste. L’or s’est maintenu près de 4 437 $ l’once. Les actions et le complexe de risque géopolitique ne s’emballent habituellement pas ensemble avec autant de conviction. Cette semaine, ils l’ont fait, pour des raisons entièrement distinctes, et vendredi a exposé la faille entre les deux.
La prime de guerre ne s’est pas estompée, elle s’est déplacée
Les États-Unis ont confirmé cette semaine que leur blocus naval des ports iraniens pourrait se poursuivre indéfiniment, le secrétaire au Trésor Scott Bessent promettant de nouvelles mesures économiques contre Téhéran la semaine prochaine. L’Iran et Oman n’ont toujours pas conclu d’entente pour rouvrir le détroit d’Ormuz, malgré un optimisme antérieur laissant croire qu’une entente était proche. L’Agence internationale de l’énergie a révisé à la baisse ses prévisions de demande mondiale, invoquant le conflit prolongé et les prix élevés, tout en avertissant que le déficit d’approvisionnement de 2026 sera le plus large en cinq ans.
Cette combinaison, des prévisions de demande plus faibles conjuguées à un déficit d’approvisionnement plus large, signifie que le pétrole se négocie désormais presque entièrement en fonction de la guerre, et non de l’économie sous-jacente. Le va-et-vient du Brent au cours du dernier mois raconte cette histoire à lui seul.
Le Brent a effacé la décote liée au cessez-le-feu de juin en quatre semaines, alors que les attaques contre les pétroliers ont repris et que Washington a prolongé son blocus naval des ports iraniens. Le creux du 4 août reflète un bref repli lié à la demande, avant que la prime géopolitique ne reprenne le dessus.
Des records fondés sur une histoire plus étroite qu’il n’y paraît
La poussée du TSX vers un record repose sur un moteur précis, pas sur une dynamique généralisée. Le rapport sur l’emploi canadien de juillet, publié il y a deux semaines, a montré que la population active avait ajouté plus de 75 000 emplois, contre un consensus d’environ 17 800, un chiffre que Colin Cieszynski de SIA Wealth Management a cité cette semaine comme continuant de renforcer l’optimisme envers les actions canadiennes. La vigueur du secteur des ressources, et non une réévaluation généralisée, est ce que les stratèges pointent comme facteur distinctif par rapport aux pairs américains davantage pondérés vers la technologie.
Le record du S&P 500 s’est accompagné de son propre astérisque. Des gains concentrés dans certains titres liés à l’IA et des attentes moins fortes de hausse de taux ont fait le travail, même si les données de croissance sous-jacentes n’avaient pas encore rendu leur verdict pour la semaine.
Vendredi a fissuré un volet, pas l’autre
Les ventes au détail américaines ont chuté de 0,6 % en juillet, ratant une prévision de hausse de 0,1 % et marquant la baisse mensuelle la plus marquée en plus d’un an. Les ventes de base, qui excluent l’automobile et l’essence, ont reculé de 0,2 %. Le rendement des bons du Trésor américain à deux ans est passé sous 4,10 %, son niveau le plus bas depuis le 30 juin, les investisseurs continuant de défaire leurs paris voulant que la posture ferme adoptée en juin par le président de la Fed, Kevin Warsh, se traduise par une véritable hausse de taux.
Le Dow, le S&P 500 et le Nasdaq ont tous reculé vendredi à la publication de ces données. L’or et le pétrole n’ont pas bougé du tout. C’est révélateur. Une donnée assez forte pour faire évoluer les attentes envers la politique de la Fed a laissé le complexe de risque géopolitique complètement indifférent, ce qui confirme que l’or et le pétrole sont portés par une histoire qui n’a rien à voir avec le consommateur américain.
Le tableau de bord des six actifs ci-dessous rend cette division visible en un coup d’œil : chaque actif a terminé la semaine en hausse, mais l’ampleur du mouvement les sépare clairement en deux groupes.
Chaque actif du tableau de bord a terminé la semaine en hausse, mais l’ampleur du mouvement se divise nettement selon une même ligne : l’énergie a progressé cinq fois plus vite que les actions ou le huard.
Deux banques centrales, deux trajectoires
Le rendement des obligations du gouvernement du Canada à cinq ans a clôturé à 3,29 % vendredi, en hausse de six points de base sur la journée, même si les taux américains à court terme ont reculé après les ventes au détail décevantes. Ce n’est pas une coïncidence. Les données canadiennes surpassent celles des États-Unis depuis le début du mois, et la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %, misant sur la vigueur de ce signal intérieur plutôt que de suivre la Fed dans un sens ou dans l’autre.
L’USD/CAD a reculé à 1,3873, portant le dollar canadien à un sommet de huit semaines, sous l’effet d’un resserrement des écarts de rendement plutôt que d’un vaste récit sur le dollar américain. Pour tout client dont l’hypothèque se renouvelle en fonction du taux de référence des obligations du gouvernement du Canada à cinq ans, le mouvement des rendements cette semaine s’est produit indépendamment de ce que fera la Fed par la suite, soit l’inverse de l’hypothèse sur laquelle travaillent actuellement la plupart des clients.
Ce que cette semaine confirme réellement
Trois histoires distinctes ont produit des gains qui, à première vue, ressemblent à une semaine calme et favorable au risque. Un signal de croissance intérieure canadienne a soutenu le TSX. Un signal de désinflation et de baisse de taux aux États-Unis a soutenu les actions américaines, avant que les données de vendredi ne compliquent ce récit. Une guerre de l’offre a soutenu l’or et le pétrole selon une trajectoire qui a entièrement ignoré ces deux signaux. Aucune des trois histoires n’est fragile en elle-même, mais un client qui interprète cette semaine comme une confiance généralisée se trompe, et le correctif viendra du premier volet à céder.