La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % ce matin et a dit aux marchés, dans la même phrase, que les risques à la hausse pour l’inflation ont augmenté. Voilà une déclaration faucon de la part d’une banque centrale qui maintient son taux depuis sept réunions consécutives. La réponse du marché obligataire a été de trois points de base.
Le taux des obligations du gouvernement du Canada à deux ans a clôturé à 3,050 %, en hausse de trois points de base sur la journée. Le dollar canadien est passé de 71,94 à environ 72,00 cents américains, un mouvement plus faible que sa fourchette quotidienne habituelle. Si l’avertissement du Conseil de direction sur le risque d’inflation était interprété comme un pas réel vers un resserrement, les deux auraient bougé bien davantage. Ce n’est pas le cas, et l’écart entre les propos de la Banque et les deux instruments qui lui sont les plus étroitement liés est le premier fil à tirer aujourd’hui.
Le marché des taux a haussé les épaules. L’or vous a dit pourquoi.
L’or a clôturé la séance en hausse de 1,05 %. L’argent a ajouté 0,71 %. Le secteur des matériaux du TSX, qui regroupe les minières aurifères et argentifères du Canada, a gagné 2,6 % et a fait plus que tout autre secteur pour ramener l’indice hors de son creux de près d’un mois enregistré mardi. Rien de tout cela ne cadre avec un scénario de maintien faucon. Une banque centrale qui signale un risque d’inflation plus élevé sous-entend une trajectoire de taux réels plus élevée, et une trajectoire de taux réels plus élevée est la seule condition qui pèse de façon fiable sur un actif sans rendement comme l’or.
L’or a tout de même progressé, le jour même où les États-Unis ont mené une deuxième série de frappes le long de la côte sud de l’Iran, visant des systèmes radar et des capacités de mouillage de mines près de Bandar Abbas, Jask et l’île de Qeshm, et où l’Iran a répliqué par des frappes de drones et de missiles contre des bases américaines dans toute la région. C’est l’explication la plus cohérente. Le mouvement de l’or et de l’argent aujourd’hui a été fixé par la guerre, non par le discours de la Banque du Canada. Le taux à deux ans et le huard, qui suivent tous deux plus directement les attentes de taux que l’or, sont la jauge la plus honnête du sérieux avec lequel les marchés prennent le ton faucon de ce matin. Trois points de base disent : pas vraiment.
Le WTI a bondi de 5 % mardi lors de la première vague de frappes et d’attaques de pétroliers dans le détroit. La deuxième vague de mercredi a ajouté soixante cents.
Les frappes de mercredi n’ont pas fait bouger le prix du baril
Le WTI a clôturé à 90,76 $, en hausse de soixante cents. Mardi, lorsque deux pétroliers ont été touchés en quittant le détroit et que la première vague de frappes américaines a suivi, le brut avait bondi d’un peu plus de 5 %. L’escalade de mercredi a été, selon la plupart des mesures, l’événement militaire le plus important : une deuxième vague de frappes sur des cibles côtières iraniennes en trois jours, suivie de représailles iraniennes contre des bases américaines dans tout le Moyen-Orient plutôt qu’un échange unique et limité. Le baril n’a presque pas réagi.
La lecture la plus utile pour un portefeuille canadien à forte pondération énergétique n’est pas que la guerre s’est calmée. Ce n’est pas le cas. C’est que le marché pétrolier avait déjà effectué sa réévaluation du risque d’approvisionnement dès mardi, et que chaque manchette d’escalade supplémentaire dans cette même courte fenêtre est désormais escomptée plutôt que traitée comme une nouvelle information. Cela a une implication pratique à l’approche du prochain point chaud de ce conflit : l’ampleur du prochain mouvement pétrolier dépendra moins de la gravité de la prochaine manchette que de la question de savoir si elle change les probabilités d’une fermeture du détroit lui-même à la navigation, un résultat que ce marché n’a pas encore pleinement intégré dans ses prix.
Le CAD/USD est passé de 71,94 à environ 72,00 cents à l’annonce de la décision de taux. Le taux des obligations du gouvernement du Canada à deux ans a augmenté de trois points de base à 3,050 %.
Ce que la matinée de demain lit vraiment
Dans l’ensemble, la séance d’aujourd’hui a tracé une ligne nette entre deux types de signaux. Les instruments sensibles aux taux, soit le taux à deux ans et le dollar canadien, ont bougé de montants compatibles avec un maintien qui a peu changé. Les instruments sensibles à la guerre, soit l’or, l’argent et le secteur des matériaux, ont bougé de montants compatibles avec un conflit qui continue de s’intensifier. Un client qui a vu l’or grimper et en a conclu que la Banque du Canada se rapproche d’une hausse plus que ce qu’elle signale elle-même a inversé la causalité. Le signal à surveiller pour le reste de la semaine n’est pas un autre rallye de l’or. C’est de voir si le taux à deux ans et le huard commencent à bouger de plus de quelques points de base et de quelques dixièmes de cent, car c’est cette paire qui indiquera vraiment si le marché a commencé à croire le ton faucon de ce matin.