Quatre séances de négociation cette semaine, marchés fermés lundi pour la fête du Travail, ont produit presque tous les types de chocs auxquels un marché obligataire devrait réagir : une déroute mondiale des taux, un maintien ferme de la Banque du Canada, une deuxième vague de frappes dans le conflit iranien et un commentaire conciliant d’un gouverneur de la Réserve fédérale américaine. Le rendement de l’obligation à 10 ans du Canada n’a presque pas bougé à travers tout cela. Il a fallu un rapport sur l’emploi canadien vendredi pour faire ce que trois jours de nouvelles géopolitiques et de banques centrales n’ont pas pu faire.
Trois chocs, un rendement qui a tenu bon
La séance de mardi s’est ouverte avec l’obligation à 10 ans du Canada à 3,75 %, son niveau le plus élevé depuis le 20 août, sous l’effet d’une déroute obligataire mondiale plutôt que de facteurs domestiques. L’indice composé S&P/TSX a reculé à 35 978,00, un creux de quatre semaines, alors même que le baril de pétrole WTI a grimpé de 2,6 % sur un regain de risque au détroit d’Ormuz.
Mercredi, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % pour une septième réunion consécutive et a signalé un risque croissant d’inflation attribuable aux droits de douane et aux prix de l’énergie, un ton assez ferme pour pousser le taux à 10 ans à 3,80 %, un sommet de deux ans. Le mouvement par rapport au niveau de mardi a été de cinq points de base, sur une déclaration construite pour sembler alarmée.
Jeudi, le gouverneur de la Réserve fédérale Christopher Waller a dit qu’il serait enclin à maintenir les taux stables, sauf surprise dans les données sur l’inflation. Le commentaire a fait reculer les probabilités d’une hausse en septembre et propulsé le TSX de 1,3 %, soit environ 458 points, pour clôturer près de 36 549,61. L’obligation à 10 ans du Canada a bougé de moins d’un point de base, s’établissant à 3,79 %. Deux gouvernements, une guerre et un plein point de pourcentage d’urgence sous-entendue dans les manchettes, et le chiffre qui détermine réellement le renouvellement d’une hypothèque de cinq ans n’avait pas bougé en trois jours.
Puis les chiffres de l’emploi de vendredi ont fait ce que le reste de la semaine n’a pas pu faire
Statistique Canada et le Bureau of Labor Statistics américain ont publié leurs rapports sur l’emploi d’août à quelques minutes d’intervalle vendredi matin. Le Canada a perdu 41 700 emplois, contre un consensus qui prévoyait un gain de 15 000. Les États-Unis en ont ajouté 162 000, contre 53 000 attendus. Pour la première fois de la semaine, les obligations à 10 ans du Canada et des États-Unis ont évolué en sens opposés.
Le TSX a tout de même clôturé en hausse, en gain de 10,72 points à 36 560,33, parce que le même rapport qui a livré la déception principale a aussi affaibli le dollar canadien, qui s’est approché de 1,386 pour un dollar américain, et le secteur manufacturier, le seul secteur réellement en croissance en août avec un gain de 22 000 emplois, est aussi celui qui profite le plus directement d’un huard plus faible. Le dommage et la compensation sont arrivés dans la même publication.
L’indice composé S&P/TSX a gagné du terrain à chaque séance cette semaine, tandis que le rendement de l’obligation à 10 ans du Canada est resté à moins de cinq points de base de son niveau de départ, un écart qui ne s’est refermé qu’à l’arrivée des données sur l’emploi de vendredi.
L’indice composé S&P/TSX a gagné 1,62 % sur les quatre séances de la semaine, tandis que le rendement de l’obligation à 10 ans du Canada n’a bougé que de cinq points de base jusqu’à jeudi, avant que les données sur l’emploi de vendredi ne referment l’écart. Source : Baystreet.ca, Groupe TMX, Banque du Canada, 4 sept. 2026.
Ce qu’une semaine de quatre séances dit sur la prochaine décision de la Banque du Canada
La leçon de cette semaine n’est pas que les taux canadiens sont rigides. C’est qu’ils le sont de façon sélective. Une escalade de la guerre, une déclaration ferme d’une banque centrale et le commentaire d’un décideur étranger n’ont pas réussi à faire bouger le chiffre qui compte le plus pour le renouvellement d’une hypothèque. Un rapport sur le marché du travail intérieur, qui a raté sa cible de 56 700 emplois par rapport au consensus, l’a fait bouger immédiatement.
Cette distinction compte à l’approche de la prochaine décision de la Banque du Canada. La déclaration de mercredi reposait sur le risque d’inflation. Les données de vendredi ont rouvert la question de savoir si le marché du travail peut soutenir cette position encore longtemps. Un conseiller qui répond aux questions de ses clients sur la trajectoire de la Banque du Canada devrait retenir de cette semaine que les manchettes géopolitiques et la rhétorique ferme ne sont pas ce qui fait bouger la courbe en ce moment. Un deuxième rapport sur l’emploi décevant, lui, le ferait.