La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre, le septième maintien consécutif depuis janvier. Dans deux jours, le 16 septembre, la Réserve fédérale rendra une décision que les marchés jugent désormais plus susceptible d’être une hausse qu’un maintien, la première perspective réaliste d’un mouvement du taux des fonds fédéraux depuis l’entrée en fonction du président Kevin Warsh en mai.

Statistique Canada publie l’IPC d’août ce matin, le consensus se situant à 3,0 % sur douze mois, inchangé par rapport à juillet. La Banque du Canada a maintenu sa position pendant sept décisions consécutives, jugeant qu’une reprise économique qui s’élargit, le PIB ayant crû de 3,3 % au deuxième trimestre, compense une inflation supérieure à la cible en raison de la hausse des prix de l’essence. Le Conseil de direction du gouverneur Tiff Macklem a explicitement signalé un risque haussier sur l’inflation lié au conflit au Moyen-Orient et aux nouveaux droits de douane, sans encore agir en conséquence.

Pourquoi la Fed bouge et la Banque du Canada reste immobile

Les deux banques centrales lisent un portrait d’inflation similaire à travers des conditions économiques différentes. Aux États-Unis, l’inflation globale de juin s’est établie à 3,5 % sur douze mois, alors même que la croissance de l’emploi a fortement ralenti, seulement 57 000 postes créés contre 113 000 attendus. À la réunion de la Fed tenue du 28 au 29 juillet, le vote sur le maintien s’est divisé neuf contre trois, trois membres militant déjà pour une hausse d’un quart de point. Warsh a depuis affirmé que la Fed assurera la stabilité des prix et n’hésitera pas à agir, un langage que les marchés ont interprété comme un signal explicite en vue de la réunion de septembre.

Le Canada affiche une croissance plus stable sans la même accélération de l’inflation globale, ce qui donne à la Banque du Canada une marge de manœuvre que la Fed n’a pas. Cette marge est conditionnelle. La déclaration du 2 septembre de la Banque du Canada nomme deux risques haussiers précis : le conflit au Moyen-Orient, une référence explicite à la guerre des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, maintenant dans son septième mois, et la nouvelle série de droits de douane entre le Canada et les États-Unis entrée en vigueur en août. L’un ou l’autre peut orienter les prix de l’essence et des importations canadiennes dans la même direction à laquelle la Fed réagit déjà.

Les deux banques centrales ont maintenu leur taux directeur inchangé à chacune de leurs décisions de 2026 jusqu’à maintenant, une stabilité que ce graphique rend visible face à la réunion de la Réserve fédérale du 16 septembre, qui pourrait être la première à la rompre.

BDC VS FED : TRAJECTOIRE DES TAUX DIRECTEURS EN 2026 2,25 % / 3,75 % ▬ INCHANGÉ PAR DÉCISION  |  JANV. À SEPT. 2026
Source : Banque du Canada, annonces de taux, 2026. Forbes Advisor, historique du taux des fonds fédéraux.  |  hdq.ca

La Banque du Canada n’a modifié son taux directeur à aucun moment en 2026. La Réserve fédérale a maintenu son taux depuis décembre 2025, mais son vote s’est divisé neuf contre trois à sa réunion de juillet, trois membres favorisant déjà une hausse.

Ce que signifie une trajectoire de taux divergente pour le dollar canadien

Une hausse de la Fed alors que la Banque du Canada reste sur la touche élargirait l’écart de taux directeur entre les deux pays pour la première fois cette année, une mécanique qui soutient normalement le dollar américain face au dollar canadien. Le dollar canadien s’est en fait renforcé face au dollar américain au cours du dernier mois, ce qui donne à penser que le marché des devises n’a pas encore pleinement intégré un mouvement de la Fed en septembre, ou qu’il le compense partiellement par la hausse du pétrole liée à Ormuz, une exportation canadienne.

La prochaine décision de la Banque du Canada est prévue le 28 octobre, six semaines après le geste de la Fed. D’ici là, la Banque disposera d’un portrait complet permettant de voir si le chiffre d’inflation attendu ce matin et la décision de la Fed prévue mercredi modifient le calcul qui a maintenu le Canada sur la touche pendant sept réunions consécutives.