Le pétrole a réagi à la guerre aujourd’hui. Presque rien d’autre ne l’a fait.

La corrélation qui s’est rompue aujourd’hui

Une nouvelle escalade dans le détroit d’Ormuz a fait grimper fortement le brut durant la séance, et presque tout ce qui découle normalement de cette nouvelle a évolué dans le sens contraire de ce que l’on aurait pu prévoir. Le West Texas Intermediate a clôturé à 103,10 $, en hausse par rapport à 100,05 $ vendredi, après qu’un navire iranien a été attaqué dimanche et qu’une frappe de drone a endommagé le pipeline Est-Ouest de l’Arabie saoudite. Il s’agit d’un véritable choc d’offre, et le pétrole l’a intégré correctement dans son prix.

Ce qui n’a pas suivi le scénario habituel, c’est tout le reste. Le TSX, un indice fortement pondéré en énergie, a reculé de 50,96 points à 35 646,53, même si ses propres titres énergétiques ont progressé sur ce même mouvement pétrolier, selon La Presse Canadienne. Le dollar canadien, qui s’apprécie habituellement en même temps que le pétrole, a glissé à 71,82 cents US, contre 72,12 cents vendredi. Le S&P 500 a reculé de 0,67 % et le Nasdaq, de 0,81 %. Rien de tout cela ne correspond à ce qu’une flambée du pétrole liée à Ormuz a produit lors des journées précédentes de ce même conflit.

Le WTI est passé d’un peu plus de 80 $ à la mi-août à plus de 103 $ le 14 septembre, la hausse la plus forte étant survenue après les attaques contre un navire et un pipeline dimanche. Les données montrent un marché qui a absorbé six semaines d’escalade graduelle, puis s’est brusquement réajusté au moment où deux attaques distinctes sont survenues la même fin de semaine.

WTI : PÉTROLE BRUT, CONTRAT RAPPROCHÉ 103,10 $ ▲ +0,54 % QUOTIDIEN  |  14 AOÛT AU 14 SEPT.
Source : Investing.com, données historiques des contrats à terme sur le pétrole brut WTI, 14 sept. 2026.  |  hdq.ca

Le WTI est passé d’un peu plus de 80 $ à la mi-août à plus de 103 $ le 14 septembre, la hausse la plus marquée étant survenue après les attaques contre un navire et un pipeline dimanche. Source : Investing.com.

Le mécanisme qui pousse tout, sauf le pétrole, dans l’autre direction n’est pas la guerre. C’est mercredi. La Réserve fédérale se réunit mardi et mercredi cette semaine, et les marchés prédictifs évaluent maintenant à environ 80 % les probabilités d’une hausse de 25 points de base, la première depuis 2023, à la suite des propos musclés du président Kevin Warsh à Jackson Hole et d’une série de données d’inflation élevées en août. Le rendement américain à 10 ans se dirige vers 5 %. Ce seul chiffre dicte la direction des actions, du huard et de l’or cette séance, peu importe ce qui s’est passé cette fin de semaine dans le Golfe.

Le signal de l’or se fait de plus en plus fort

L’or a chuté de 85,90 $ à 4 323,00 $ aujourd’hui, la plus forte baisse en une journée de toute cette série d’escalades autour d’Ormuz. Une guerre qui s’intensifie constitue normalement le contexte le plus favorable qui soit pour une ruée vers les valeurs refuges. Le métal jaune a plutôt reculé de près de 2 % au cours de la même séance où le WTI a bondi de plus de 2,5 %.

Ce n’est pas une nouvelle tendance cette semaine. C’est le même schéma que cette chronique a signalé lors des escalades précédentes, et il s’accentue encore. Ce sont les taux réels, et non les manchettes, qui dictent la direction de l’or depuis le début de ce conflit, et le rendement des obligations du gouvernement du Canada à 10 ans, qui a clôturé à 3,95 % aujourd’hui en suivant le mouvement américain vers 5 %, pointe dans le même sens. Un contexte de taux qui montent à l’approche de mercredi laisse à l’or moins de marge pour intégrer le risque de guerre à sa juste valeur.

DIVERGENCE DES ACTIFS DANS LA MÊME SÉANCE WTI +2,65 % ▲ VALEUR ABERRANTE INTRAJOURNALIER  |  14 SEPT. 2026
Source : La Presse Canadienne, 14 sept. 2026.  |  hdq.ca

Les mouvements sont mesurés par rapport à la clôture de vendredi. Le WTI est le seul des sept actifs illustrés à avoir évolué dans le sens qu’une nouvelle escalade à Ormuz produirait normalement. Source : La Presse Canadienne.

Le prix du pétrole est la manchette de cette fin de semaine. La décision de la Fed attendue mercredi après-midi est le mécanisme qui fait vraiment bouger tous les autres marchés cette semaine, et cela continuera peu importe ce qui se passe ensuite dans le Golfe.