Le dollar canadien s’est affaibli un jour où le Brent a gagné 3,86 % pour clôturer à 103,08 $, et cette contradiction est l’enseignement le plus important de la séance. Les deux décisions de banques centrales attendues le 28 octobre s’appuient désormais sur deux moteurs distincts, et un seul d’entre eux carbure au pétrole.

Le Brent a mis fin à une série de cinq séances de baisse après que le président iranien Masoud Pezeshkian eut déclaré à l’Assemblée générale des Nations Unies que l’Iran ne capitulerait jamais. Le West Texas Intermediate a gagné 1,81 % à 92,16 $. Le huard, qui suit normalement la hausse du brut, a plutôt glissé à 70,95 cents US à la mi-journée, et l’USD/CAD a enchaîné une troisième hausse quotidienne consécutive, près de 1,409.

La Fed resserre au nom de la demande, la Banque du Canada se règle sur le brut

Du côté américain, les mouvements ont eu des causes sans lien avec l’énergie. Les indices PMI éclair de S&P Global ont largement dépassé les prévisions, l’indice composite s’établissant à 58,4 et les mesures de prix atteignant leur plus haut niveau depuis octobre 2022. Le gouverneur Barr, de la Fed, a ensuite fait valoir que les risques pesant sur le retour de l’inflation à 2 % se sont accrus, tandis que les risques pour l’emploi se sont atténués.

Le rendement de l’obligation du Trésor américain à 10 ans a dépassé 5,05 %, un sommet depuis 2007, et les contrats à terme sur taux ont porté à environ 73 % la probabilité d’une hausse de la Fed le 28 octobre. Selon FXStreet, un discours et une enquête ont désormais fait bouger le taux à 10 ans davantage que la hausse du 16 septembre elle-même.

Le volet canadien repose sur autre chose. Les marchés considèrent la décision de la Banque du Canada à la même date comme un pile ou face, ou presque, le taux directeur étant à 2,25 %. Claire Fan, économiste principale à RBC, a attribué cette réévaluation principalement au pétrole, et le résumé des délibérations de la décision du 2 septembre a consigné la crainte du Conseil de direction de voir le risque pour l’inflation grandir à mesure que le brut reste élevé. Le rendement de l’obligation du gouvernement du Canada à 10 ans se situait près de 3,90 % mercredi matin, environ 115 points de base sous son équivalent américain.

Le brut et le huard ont évolué en sens inverse tout au long de la séance, et les actifs les plus exposés aux taux américains, l’or et l’argent, ont le plus reculé, tandis que le groupe de l’énergie du TSX n’a capté qu’une fraction de la remontée du pétrole.

VARIATIONS MULTIACTIFS | SÉANCE DU 23 SEPT. +3,86 % ▲ Brent à la clôture, 103,08 $ Variation en %  |  Mi-journée à clôture
Source : règlements NYMEX et ICE via CNBC ; Kitco, au comptant à 12 h 53 HE ; Baystreet.ca, mi-journée ; Investing.com, fin de séance, 23 sept. 2026.  |  hdq.ca

Les données sur le brut sont des cours de règlement du contrat le plus rapproché, l’or et l’argent sont des cours au comptant à New York à 12 h 53 HE, et les sous-groupes du TSX et le dollar canadien sont des relevés de mi-journée. Le chiffre de l’indice composé est un relevé de fin de séance, et non la clôture officielle.

Pourquoi un accord sur Ormuz pénaliserait désormais deux fois le huard

Les premières discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran depuis des mois se sont tenues aux Nations Unies cette semaine, et aucune des deux parties n’a encore précisé de changement de position. Daniela Hathorn, analyste de marché principale citée par The National, a estimé qu’un accord crédible pour rouvrir le détroit d’Ormuz, conjugué à la reprise des exportations saoudiennes, pourrait ramener le Brent vers le bas de la fourchette des 90 $.

Un brut plus faible détériore directement les termes de l’échange du Canada. Il retire aussi le principal appui à une hausse de la Banque du Canada, puisque la thèse d’une hausse le 28 octobre à Ottawa repose sur le pétrole. La thèse de la Fed repose sur la demande américaine et un PMI vigoureux, et elle survit donc intacte à un accord de paix.

L’écart de taux entre les deux pays se creuserait au moment même où le soutien des produits de base disparaît. Une seule manchette diplomatique porte deux coups distincts au dollar canadien. Le scénario d’échec offre une compensation partielle : une nouvelle perturbation fait monter le brut et ravive les probabilités de hausse de la Banque du Canada, ce qui réduit l’écart.

Pour les portefeuilles canadiens exposés au dollar américain sans couverture, cette exposition agit désormais comme une couverture contre la paix plutôt que contre l’escalade.

La couverture ressources du TSX s’est scindée en deux

L’indice composé S&P/TSX reculait de 1,23 % près de 35 889 en fin de séance, en voie d’enregistrer sa plus forte baisse quotidienne en environ deux semaines. L’énergie et les mines représentent ensemble plus de 36 % de l’indice en capitalisation boursière, selon les données de LSEG, et ce poids est généralement présenté comme une couverture unique contre les produits de base. Mercredi a montré qu’il s’agit de deux couvertures opposées.

À la mi-journée, le sous-groupe aurifère du TSX cédait 3,8 % et celui des matériaux, 3,5 %, tandis que l’énergie n’avait gagné que 0,7 % face à une remontée de près de 4 % du Brent. En début d’après-midi, l’or au comptant avait perdu 1,76 % à 4 280 $ et l’argent, 3,96 % à 64,27 $, tous deux pressés par un indice du dollar américain à son plus haut depuis le 30 juillet et par la hausse des probabilités de relèvement des taux. L’or recule maintenant d’environ 7,3 % sur un mois.

L’indice composé a effacé plus de la moitié de son rebond consécutif à la hausse de taux en une seule séance, et son niveau de fin de séance se situe environ 1 070 points sous le sommet de clôture du 25 août.

INDICE COMPOSÉ S&P/TSX | CLÔTURE QUOTIDIENNE 35 889 ▼ 446 (-1,23 %) Quotidien  |  20 août au 23 sept. 2026
Source : Yahoo Finance Canada (^GSPTSE), clôtures quotidiennes du 20 août au 17 sept. ; Investing.com et Trading Economics, du 18 au 23 sept. 2026.  |  hdq.ca

Le creux du 16 septembre a coïncidé avec la première hausse de taux de la Fed depuis 2023 ; la clôture du 25 août, à 36 957,6, est la plus élevée de la période. La valeur du 23 septembre est un relevé de fin de séance d’Investing.com.

Quand la Fed mène le jeu, la moitié aurifère du poids des ressources dans le TSX devient la courroie de transmission du risque de taux américain, et la moitié énergétique ne peut pas le compenser entièrement, même lors d’une forte journée pour le pétrole. Les ventes au détail canadiennes et le sommet Trump-Xi tombent tous deux jeudi, mais la variable qui a fixé la direction du TSX mercredi était le taux américain à 10 ans, et non le Brent.